samedi 28 mars 2026

Au sujet d'une définition de la « numérisation »

   Je retrouve cet article présenté lors d'un des CNRIUT (Colloque National de la Recherche dans les IUT) d'antan.


Au sujet d'une définition de la « numérisation »




Henri Habrias


IUT de Nantes

Département Informatique

3 rue Ml Joffre, 44041 Nantes, CEDEX 1



henri.habrias@univ-nantes.fr


Sections de rattachement : 27

Secteur : Tertiaire


RÉSUMÉ : Nous analysons une définition de la « numérisation » fournie dans le texte d’une décision d’un tribunal, à la lumière des concepts fondamentaux de l’informatique.

MOTS-CLÉS : Numérisation, Digital, Analogique, Information, Numération, Codage, Binaire, Droit d’auteur, Internet

1. Introduction

L’informatique est considérée par certains comme une technique, par d’autres comme un outil une par d’autres comme et par d’autres, enfin, comme une science (Arsac 1970). Mais nous avons pu vérifier qu’un très fort pourcentage des personnes qui se déclarent informaticiens en France et qui ont un diplôme d’informatique (y compris de 3e cycle) ne peuvent citer un seul nom de titulaire du prix Turing, peu le « prix Nobel » de l’informatique (Shasha 1995). Des termes comme « machine de Turing », « machine de von Neuman » sont souvent ignorés.

Le but de cet article est de montrer les conséquences de la perception de l’informatique telle qu’elle apparaît dans bien des enseignements dits « d’informatique » qui passent à côté de l’essentiel. Nous illustrons notre propos en analysant une définition de la « numérisation » fournie dans un arrêt de TGI.

L’informatique étant aujourd’hui en œuvre dans notre vie quotidienne, inévitablement, le juriste est amené à traiter de concepts relatifs à l’informatique. La définition étudiée est apparue dans une ordonnance de référé du Tribunal de Grande Instance de Paris, du 5 mai 1997, Queneau c/ Leroy et autres, n° 54777/97. En l’occurrence, nous ne pensons pas que cette définition ait été essentielle dans les arguments ayant conduit le TGI a condamner l’étudiant1. Mais une telle définition a toutes les chances d’être reproduite et sans doute enseignée ! D’ailleurs nous en avons pris connaissance dans (Editions Législatives 1997).

Cette définition illustre, en partie, le mélange de niveaux d’abstraction que l’on rencontre quand on parle d’informatique, mélange qui est au cœur de la philosophie de la connaissance (réalisme, nominalisme), du rapport entre les noms et les choses, des rapports entre la métaphysique et le formalisme. Elle montre aussi que l’on ne peut se passer de théorie. Puisque ce colloque rassemble des enseignants-chercheurs des IUT, nous insistons sur le fait que, les départements informatique des IUT comportant des enseignements de mathématiques, logique, économie, gestion, droit de l’informatique, théorie des langages, modélisation, etc. dispensés sur une très courte période, il est essentiel que les concepts soient clairement explicités. Nous terminons cette présentation par un extrait d’un ouvrage qui est sans doute plus destiné à des « automaticiens » qu’à des informaticiens (une différenciation qui mériterait d’être explicitée). Ce texte illustre le fait que, même dans des domaines fort proches, ce qui est acceptable pour l’un ne l’est pas pour l’autre.


2. La définition du TGI de Paris

Situons d’abord l’affaire qui a conduit à cette définition.

En l’espèce, un étudiant avait reproduit sur ses pages personnelles hébergées sur un serveur fourni par une université française, Paris VIII, une œuvre de Raymond Queneau (Cent milliards de poèmes). L’étudiant avait fait un recueil interactif, sans l’autorisation des ayants droits de l’auteur. Le lecteur avait un nombre colossal de possibilités pour construire un poème à partir d’un découpage de l’œuvre de R. Queneau faite par l’étudiant. Le fils de R. Queneau et les éditions Gallimard, cessionnaires des droits de reproduction et de représentation, ont saisi le TGI aux fins de voir ordonner ou constater la cessation du trouble en application du droit d’auteur. Le TGI a répondu favorablement à leur demande. La décision du tribunal, venant après d’autres décisions allant dans le même sens, généralise l’application du droit d’auteur à la diffusion sur Internet d’une œuvre protégée. Le Tribunal de grande instance de Paris, dans sa décision du 5 mai 1997, pose une définition de la mise en ligne d'une œuvre protégée sur le réseau Internet :


la numérisation d'une œuvre est une « technique consistant à traduire le signal analogique qu'elle constitue en un mode numérique ou binaire qui représente l'information dans un symbole à deux valeurs 0 et 1 dont l'unité est le Bit »




La définition donnée par le tribunal est loin d'être claire. Nous nous proposons de l'examiner à la lumière de la science informatique.

3. Analyse de la définition du tribunal

Nous distinguerons deux parties dans cette définition :

– la première partie

« traduire le signal analogique qu'elle constitue en un mode numérique ou binaire » qui pose la question de savoir à quel type d'œuvre il est fait référence, i.e. s'agit-il d'images (les pages d'un livre peuvent être vues comme des images) ou d'écrits ?

– la deuxième partie

« mode numérique ou binaire qui représente l'information dans un symbole à deux valeurs 0 et 1 dont l'unité est le Bit » qui laisse perplexe l'informaticien ou le sémiologue.

3.1. Première partie : analogique, écrit, niveaux d’abstraction, logique vs physique

La définition donnée ici de la numérisation correspond à celle utilisée par ceux qui font du traitement de signal. La numérisation d'un signal permet effectivement de coder l'information portée par un signal analogique sous forme numérique. Elle se base sur les travaux de Shannon relatifs à la théorie de l'information. La numérisation d'un signal comporte normalement 3 phases :

– échantillonnage du signal (à une fréquence > ou = au double de la fréquence

maximale du signal analogique d'après Shannon2), i.e. projection de la composante continue temporelle sur un ensemble discret

quantification, i.e. projection de la composante continue en amplitude sur un ensemble discret (appelé échelle de quantification)

– codage des points résultants des 2 premières étapes


Le problème dans tout cela réside dans le procédé permettant de considérer un livre comme un signal analogique. Ou alors il s'agit de l'ensemble des images qui constituent le livre physique.


Un livre peut être abstrait comme étant un écrit. Un écrit se définit par le fait que les graphèmes sont disposés l'un à la suite de l'autre. Ce qui différencie un écrit d'une image est le fait que, pour lire, il faille suivre une suite de graphèmes. Dans les écoles maternelles, on parle de « sérialisation ». On apprend les élèves à lire/écrire en commençant par leur apprendre à écrire une histoire en constituant une suite d'images.

On ne lit pas le tableau de la Joconde. Certes, dans certains enseignements, on apprend « à lire » un tableau de telle ou telle école de peinture : il s'agit alors de séquentialiser la perception sur des parties du tableau en suivant une certaine suite d'éléments.

Ces graphèmes ne sont pas forcément contigus. Par exemple, dans un « hyper texte », on peut avoir un graphème suivi d'un autre qui est un pointeur vers une autre suite de graphèmes située dans d'autres pages. Selon les langues, la lecture peut se faire de gauche à droite (comme en français), de droite à gauche comme en Arabe.

Linéaire ne veut pas dire que l'écrit est formé de lignes horizontales ou verticales parallèles. Des poètes ont écrit certaines de leurs œuvres en dessinant des images avec leur texte linéaire.

Enfin, il faut noter que ce qui est un écrit pour une personne donnée peut n'être qu'image pour une autre et aussi qu'une même personne peut voir une chose, à la fois comme un écrit et comme une image. Les monuments musulmans avec leurs arabesques, sont l'occasion d'illustrer cela.

Le livre est écrit avec un certain alphabet dont on peut avoir diverses représentations (les fontes). L'alphabet peut avoir un nombre quelconque de graphèmes formés de traits continus, ou de points qui n'ont rien à voir avec le point mathématique (on devrait dire : de tâches).

On peut toujours disposer d'une table de correspondance entre les éléments de l'alphabet et des mots (suites de caractères) construits avec un alphabet n'ayant que deux éléments. Il faut noter qu'en général, on ne fournit pas directement une telle table de correspondance et que l'on passe par l'intermédiaire d'une correspondance entre les éléments de l'alphabet et des nombres écrits en numération décimale (i.e. sur l'alphabet : {0, 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9}. Un exemple est celui des codes « ASCII ».

Comme l'on passe d'un niveau d'abstraction (les lettres de l'alphabet par exemple) à la réalisation d'un 0 ou d'un 1 sur un support matériel (curieusement on parle de « dématérialisation » ! En fait il s'agit de dématérialisation pour celui qui, alors qu'il pouvait lire sans artéfact (et encore, combien portent des lunettes !) telle déclaration de revenus, ne peut maintenant la lire que par l'intermédiaire d'un ordinateur), par l'intermédiaire de ce que les mathématiciens appellent les nombres entiers naturels. On dit que l'on « numérise ». Comme, aussi bien un alphabet binaire (composé de deux éléments) qu'un alphabet non binaire (comme l'alphabet français) est un ensemble d'éléments (i.e. du point de vue de la construction des mots, des éléments indécomposables (élémentaires ! atomiques !) – bien sûr un concepteur de fontes, ne les verra pas comme élémentaires !), i.e. ce que les mathématiciens appellent un ensemble discret (les mathématiques pour informaticiens sont principalement des mathématiques discrètes) – on dit que l'on travaille dans le monde du « discret » comme celui des nombres naturels. Voila pourquoi « discret » et « numérique » sont souvent synonymes.


Comment le contenu du livre (le texte) va-t-il donner un texte dans un langage finalement binaire ?

En supposant que l'on passe du livre à un signal analogique qui est ensuite « digitalisé », comment se fait le passage du livre au signal analogique ? Le lecteur habitué au MODEM sait que l'on transporte du digital sur un signal analogique (le son est une onde). Là est la question que se pose le lecteur attentif de la définition fournie par le juge.

Ou alors le lecteur conclut que la définition ne s'applique qu'à de la musique (hors de la partition) ou à des images (on a des ondes en entrée) non encore digitalisées. Rappelons que Douglas Hoffstadter (Hoffstadter 1985) définit l'information comme tout ce que l'on peut transmettre sur une ligne téléphonique : le piano (en bois et en acier) n'est pas de l'information, la partition de musique est de l'information.

3.2. Deuxième partie : symbole, valeur, bit

« en un mode numérique ou binaire qui représente l'information dans un symbole à deux valeurs 0 et 1 dont l'unité est le Bit »

Quel sens peut bien avoir l'expression « un symbole à deux valeurs 0 et 1 dont l'unité est le Bit » ?
Considérons les premières pages du Cours de linguistique générale de F. de Saussure (Saussure 1972). Doté du vocabulaire et des concepts de Saussure, voici comme ce texte peut être interprété :
– Qu'est ce qu'un symbole ? le signifiant
– Qu'est-ce que la valeur d'un symbole ? le signifié
– Quelle est l'unité d'un symbole ? La science ne nous a pas encore donné de réponse. Le droit non plus !

En termes de la logique des prédicats, on peut interpréter comme suit.

Une variable prend ses valeurs dans un ensemble de mots construits avec un vocabulaire à deux éléments, i.e. un ensemble à deux éléments {0, 1}, ce qu'on écrira formellement : truc  seq {0, 1}. Ceci se lit : truc est une variable (la valeur d'une variable dira l'informaticien) qui appartient à l'ensemble3 des suites – 00101 est une suite – que l'on peut faire avec les éléments de l'ensemble {0, 1}. De telles suites s'appellent des mots. S’ils ne sont formés que de 0 et de 1, on les dit « mots binaires ». A chaque position dans le mot (dans la suite) on trouve soit un 1 soit un 0. On dit que c'est un bit, binary digit. Le mot « digit » signifie en anglais « chiffre ». Ici on écrit des mots avec seulement deux chiffres : le 0 et le 1. Il est assez mal venu de dire que le chiffre est binaire. La numération, elle, est binaire. Nous devons reconnaître que nous ne sommes pas arrivés à donner une interprétation à « symbole dont l'unité est le Bit » !

Que recouvre le terme unité ?

Quand on évalue une quantité, on a besoin d'une « unité de mesure », c'est-à-dire d’une quantité prise comme référence pour évaluer toutes celles qui sont de même nature. « Par exemple, dire "5 douzaines d'œufs", "2 kilos de pommes", "3 semaines", c'est exprimer des quantités dont les unités sont respectivement la douzaine d'œufs – si l'on avait compté les œufs un par un, on aurait dit 60 œufs –, le kilo de pommes, la semaine – si on avait compté en jours, on aurait dû dire 21 jours. Ainsi, d'une manière courante, une unité est un choix de quantité, cette quantité étant considérée comme une. » (S. Baruk S. 1992, page 1263, )

Si le symbole est mesuré4 en bit, on peut dire « un symbole de 8 bits » par exemple. Peut-être l'auteur veut-il dire qu'un symbole est un mot construit avec les éléments de l'alphabet {0, 1}. 00010110 serait un symbole de mesure 8 bits.

Mais l'auteur a écrit « représente l'information dans un symbole à deux valeurs 0 et 1 ». 00010110 dans l'interprétation ci-dessus est un symbole qui a comme valeur 00010110 ! Il a une valeur et non 8 valeurs ! Si on est en numération binaire, on peut donner son équivalent en décimal. Et on aura toujours une seule valeur. Il faut remarquer que si on écrit « trois » en décimal, on écrit : 3, et si on écrit 3 en binaire, on écrit : 11, ce qui fait bien trois car on a écrit (merci aux Hindous qui l'ont inventé et aux Arabes qui nous l'ont transmis) implicitement en numération par position : 1 fois 2 plus 1 fois 1 soit trois. On dit parfois qu'on a des « unités » un, deux, quatre, etc. (en décimal, on a des « unités », un, dix, cent, mille). Même dans ce sens, ce n'est pas le bit qui est l'unité.

Mais si j'achète des lettres en métal doré pour inscrire mon nom sur mon portail, le vendeur va sans doute me vendre les lettres à l'unité. L'unité sera non la lettre de l'alphabet mais l'objet métallique représentant une lettre quelconque. On peut toujours mesurer ce que l'on envoie sur une ligne téléphonique en nombre de bits. Mais alors c'est le message qui est mesuré en bits. Notons qu'on est alors fort loin de la sémantique. Si on nous dit « vous êtes virés » cela ne fait pas beaucoup de bits mais fait beaucoup d'effet.

Tentons une re-écriture.

« l'information est représentée par des mots écrits avec un alphabet à deux éléments, 0 et 1. »

Il semble que le rédacteur a confondu les nombres et les diverses numérations (binaires, décimales, etc. ) et aussi la représentation en machine. Si mon ordinateur ne code plus l'information en bits {0, 1} mais en « cits » {a, b}, est-ce que je peux numériser car je ne tombe plus sous la définition qui est à l'appui de la décision de justice considérée

ici ? Il nous semble clair que le droit n’est pas en cause dans la définition de la numérisation fournie par le juge. Il se peut d’ailleurs que cette définition vienne d’un « informaticien ».

4. Conclusion

Nous fournissons ci-après un extrait d’un livre destiné à des élèves de classes préparatoires aux grandes écoles. Il s’agit du premier paragraphe de la première partie de l’ouvrage qui traite des systèmes discrets (ceux traités par les informaticiens).


« Logique combinatoire, Introduction
Un système combinatoire est un système qui, à tout instant, peut s’exprimer conformément au schéma de la figure 1 et les relations suivantes :
t Sj = f(Ei) 1 i n, 1 j p.
Les fonctions de sortie S
j ne dépendent que des entrées Ei à l’instant considéré. Ei et Ej sont respectivement des variables et des fonctions binaires de ces variables, variables et fonctions ne pouvant prendre que les deux valeurs 0 et 1 par convention. (…)
2. Approche intuitive, 2.1. Fonctions d’une variable : OUI, NON 
»

Le lecteur constatera que la définition fournie a des défauts similaires à ceux de la définition de la numération donnée par le juge. Dans le premier cas, nous avons un terme à la mode (on parle même de société numérique !), dans le deuxième cas, nous avons un ouvrage « technique ». Or dans les deux cas, il est bien impossible d’instancier la définition, d’en trouver un « modèle » comme disent les logiciens. Et cela parce que la définition dans les deux cas n’est pas fondée sur des concepts clairement établis. Le chercheur enseignant se doit donc d’être précautionneux lorsqu’il s’adresse à ses étudiants à l’IUT, IUT où on demande aux étudiants de faire des ponts entre matières.

« I beleive it is fundamentally wrong to teach a science like programming by reinforcing the student’intuition when that intuition is inadequate and misguided. On the contrary, our task is to demonstrate that a first intuition is often wrong and to teach the principles, tools, and techniques that will help overcome and change that intuition! Reinforcing inadequate intuitions just compounds the problem. » (Gries David 1990)5 Donner des définitions inadéquates, inopérantes, n’est-ce pas introduire de la complication là où la complexité suffit à notre peine et à celle des étudiants ? On complique un problème quand on choisit des instruments (une notation, un langage, un paradigme par exemple) inadéquats pour le traiter. Par exemple, la numération romaine complique les calculs. La complexité, elle, est intrinsèque au problème. Par exemple, les problèmes NP-complets comme celui du « voyageur de commerce » sont complexes. Il faut chasser la complication et appliquer le rasoir d’Occam : « Ne pas multiplier les entités au delà du nécessaire ». Et les définitions comme celles que nous avons présentées introduisent de la complication et risquent de faire croire que la théorie est inutile. A ce sujet, les évolutions de certains PPN ne nous semblent pas aller dans le bon sens.

Bibliographie

Arsac Jacques, L’informatique pose la question du sens, Conférence prononcée à Nantes, IRIN, Faculté des sciences de Nantes, 2003, texte communiqué sur demande.

Arsac Jacques, La science informatique, Dunod, 1970

Baruk Stella, Dictionnaire de mathématiques élémentaires, Editions du Seuil, 1992, ISBN : 2-02-012334-7

Editions législatives, Dictionnaire permanent Droit des affaires, Evolutions jurisprudentielles 1997, Editions législatives, 1998

Gries David, Formal Development of Programs and Proofs in Teaching Programming and Software Engineering, p.229-236, Addison-Wesley, 1990

Habrias Henri, Dictionnaire encyclopédique du génie logiciel, Préface de Jean-Pierre Finance, Masson, 1997, ISBN : 2-225-85328-2

Habrias Henri, La mesure du logiciel, 2ième édition, corrigée et augmentée, Teknea, 1994, ISBN : 2-87717-045-4

Hoffstadter Douglas, Gödel, Escher, Bach, InterEditions, Paris, 1985, ISBN : 2-7296-0040-X

Saussure, F. de, Cours de linguistique générale, édition critique préparée par Tullio De Mauro, Paris, Payot, 1972, ISBN : 06 87 472749

Shasha Denis, Lazere Cathy, Out of Their Minds, The Lives and Discoveries of 15 Great Computer Scientists, Copernicus, Springer Verlag, 1995, ISBN : 06387-97992-1

Remerciements

Nous remercions Sébastien Faucou qui a été un relecteur critique d’une première version de ce texte et qui a permis de l’améliorer.



1 « A une décision donnée, il peut exister des motivations inconscientes, irrationnelles, inavouées voire inavouables », Yann Tanguy in Le droit à l’épreuve de l’informatique juridique, Revue Politiques et Management Public, vol. 11, n°4, déc. 1993

2 Le théorème de Shannon stipule que pour pouvoir numériser correctement un signal, il faut échantillonner à une fréquence double (ou supérieure) à la fréquence du signal analogique que l'on échantillonne.

3 Il ne faut pas confondre un ensemble (ça n’a pas de sens que de dire que l’ensemble {1, 2, 8} peut être modifié, un ensemble est une expression. On dit aussi que c’est une valeur) et une variable qui prend comme valeur un ensemble. Quand on écrit truc  seq {0, 1}, on écrit un prédicat, une propriété invariante de la variable truc. truc est toujours une suite construite sur l’ensemble {0,1}.Ca a du sens que de vouloir prouver un prédicat, ça n’a pas de sens que de vouloir prouver une expression. Une valeur est éternelle, n’est pas modifiable.

4 On peut résumer le concept de mesure comme suit. Considérons un ensemble de prédicats empiriques (exemple d’un élément de cet ensemble : x est beaucoup plus grand que y). On définit alors une fonction (F) totale de l’ensemble des entités à mesurer (on va choisir de mesurer leur attribut taille) vers un ensemble de nombres (par exemple, pour la taille, 72). On définit ensuite un ensemble prédicats formels (exemple d’un élément de cet ensemble : x > y +15) sur les nombres et une fonction totale de l’ensemble des relations empiriques vers l’ensemble des prédicats formels (exemple d’un élément de cette fonction : (x est plus grand que, x > y + 15). Tous les prédicats du système empirique doivent être préservés dans le système numérique par la fonction F. Une telle correspondance est un homomorphisme. On dit aussi une « représentation ». Le fait que tous les prédicats empiriques soient préservés fait de cette correspondance une mesure de l’attribut taille. (habrias 1994)

5 Cité dans le cours inaugural de Roland Backhouse, Mathematics and Programming. A Revolution in the Art of Effective Reasoning, School of Computer Science and Information Technology, University of Nottingham, 2001

vendredi 27 mars 2026

Jules Verne et la binarisation / Jules Verne and Binarization

 https://www.academia.edu/127441772/Jules_Verne_et_la_binarisation

 

Henri Habrias


Henri.habrias@univ-nantes.fr


Jules Verne and Binarization


Preliminary Note


We hesitated over the title of this paper. The English word “digital” is usually translated into French as numérique. However, what we wish to discuss here is the representation of information by positions that take their values from a set containing only two elements. We therefore ultimately preferred the term “binarization.” We did not follow Hetzel’s advice to Jules Verne: “Avoid neologisms at the beginning!”


Introduction


The word ordinateur was coined in 1955, following a consultation by IBM France with Jacques Perret, professor of Latin philology at the Sorbonne (he had referred to God as “the great ordinateur of the universe”). The word informatique was invented in 1962 by Philippe Dreyfus. The latter, former director of Bull’s National Electronic Computing Centre, used it to name a new company, the SIA (Société d’Informatique Appliquée). The Académie Française provided an official definition in 1966. At the time, the adjectives “numérique” and “binaire” were hardly ever used.


I remember buying, in 1969, a small book published at the time about calculating machines. The author presented the alternative: analog versus binary. This was the period when, at the Conservatoire des Arts et Métiers, there was an exhibit (which I never saw and could not verify from one of my professors’ accounts) of a machine that simulated the French economy using flows of liquid, valves, etc. Whether digital or analog would prevail was by no means obvious to the author of our little book.


Michel Serres noted that Jules Verne had neither invented nor foreseen anything from a technological point of view. When Jules Verne imagined inventions for a particular purpose, the future has most often shown that the purpose was not achieved using the techniques of his time. The journey to the Moon did take place, but not with a projectile fired from a cannon.


Following the publication of Paris in the Twentieth Century, it was written that Jules Verne had invented the computer.


We wondered whether Jules Verne had been visionary with regard to computing and, more precisely, whether he had perceived the development of binarization.


We compiled a list of inventions prior to and contemporary with Jules Verne that might have led him to foresee the future development of binarization, and we examined Jules Verne’s works.
This is what we present here.


Identifying these significant emergences and their essential connections with the fields of computing and communication technologies (radio, internet, streaming, etc.) (…) we could see in these hypotheses the realization of adventures already described and imagined by Jules Verne, when he depicts the first electroacoustic concert in 1863 and the first networked concert in 1875, following the scientific discoveries of Caselli (Pantélégraphe, 1859), David Hughes (the telegraph with a piano interface, 1859) and Elisha Gray in 1874 with his musical telegraph that enabled the first remote musical experiment in Philadelphia: the pianist Frederik Boskovitz played simple melodies on the keyboard and the music was immediately transmitted to New York (this experiment is very close to the one described by Jules Verne in his lecture at the Amiens Academy, entitled Une Ville Idéale), and this well before the application of Clément Ader’s Théâtrophone in 1881” (citing Une Ville Idéale of 1875 and Paris in the Twentieth Century) (http://collectivejukebox.org)

A Brief History of Automatic Computation, Communication, and Their Surroundings in Jules Verne’s TimeIn the 16th century, Francis Bacon invented a code for encrypting diplomatic messages: binary encoding.
Around
1623, Wilhelm Schickard built an adding machine that he described in a letter to Johannes Kepler.In 1642, Blaise Pascal built the Pascaline, later improved by Leibniz, who added multiplication and division.
In
1673, Gottfried Wilhelm Leibniz built a mechanical calculator (called the Stepped Reckoner) using a drum with unequal teeth. The mechanism consisted of an adder (like the Pascaline), a precursor of the carriage used in future office machines, and a crank to move a notched wheel. Leibniz’s fame stems more from his invention of differential and integral calculus and his refinement of binary arithmetic. He advocated the use of binary notation for calculations (“Explanation of Binary Arithmetic with Remarks on Its Utility and on the Meaning It Gives to the Ancient Figures of Fu Xi”). Leibniz imagined a “cylindrical grammar” that would provide all the theorems belonging to a given formal system. We know he wanted to design a “universal characteristic” (“This is the main goal of that great science which I am accustomed to call Characteristic, of which what we call Algebra is only a very small branch. For it is to words what the Characteristic is to languages, letters to words, numerals to Arithmetic, notes to Music; it is what teaches us the secret of fixing reasoning and forcing it to leave visible traces on paper in a small space, so that it may be examined at leisure. It is, finally, what allows us to reason at little cost by putting characters in place of things, thus unburdening the imagination”) to reduce logical operations to calculation.In 1775, Charles Earl Stanhope’s machine (the inventor, among other things, of the entirely metal printing press that would multiply daily output tenfold) performed multiplications and included a carry-over system. Stanhope’s demonstrator (1777) could handle syllogisms using Venn diagrams.
In 1730, Falcon considered using punched cards for the loom.
It was in
1805 that Joseph-Marie Jacquard applied Falcon’s principle and invented the automatic loom programmed by punched cards. The punched card is the visible manifestation of binarization.In 1800, William Crooke invented the cathode-ray tube.
In
1822, Charles Babbage built the prototype of his Difference Engine (a calculating machine based on finite differences), then conceived his Analytical Engine, which was to be programmable. It was to include a mill (to process numbers) and a store (where numbers, including intermediate calculation results—the working memory—were kept), made of wheels and gears. Instructions were entered via punched cards. Lord Byron’s daughter, Augusta Ada King, Lady Lovelace, Babbage’s pupil and later collaborator, was the first programmer in history: she wrote programs for Babbage’s machine. She introduced the iterative structure and the term “algorithm” in honor of Al-Khwarizmi. This machine was never built, whereas the Difference Engine, in a revised version, won a gold medal at the 1855 Paris Exhibition. However, Babbage’s son Henry P. took up the work and, starting in 1880, began building part of the machine. In 1910 he completed the assembly of part of the mill (the processing unit) and the printing mechanism. Independently of Babbage, the Irishman Percy Ludgate designed a universal machine described in 1909 with original solutions such as subroutines on program cylinders, program and input/output on perforated tape, and operator commands via keyboard (commands that could also be entered on perforated tape).Punched cards were used by Hollerith’s machine, designed to speed up the processing of data from the 1890 U.S. population census.
In
1829, Charles Xavier Thomas, former army commissioner during the Spanish War and then director of the insurance company Le Soleil, developed his arithmometer, which he presented at the 1855 Exhibition; 1,500 units were sold between 1823 and 1878, 40 % of them exported.
In
1831, Joseph Henry demonstrated the possibility of transmitting messages over a distance using only a current source, a switch, and an electromagnet (the first one he built). He invented the electrical relay for telephony. In 1893 his name was given to the unit of inductive resistance.
In
1837, Samuel Morse (cited by Verne on the first page of A Day in the Life of an American Journalist) created his telegraphic code.
In
1843, Alexander Bain filed a patent for an “autographic telegraph.” Images were broken down line by line into black and white segments and transmitted in Morse code.
In
1854, George Boole published The Mathematical Analysis of Logic.
In 1854, Charles Bourseul stated in L’Illustration what would become the principle of the telephone.
In
1856, Abbé Giovanni Caselli invented the pantélégraphe, the ancestor of the fax, which could transmit the sender’s autograph (and of course drawings, plans, etc.). It is described in the Traité de physique élémentaire by Dion and Fernet, published by Masson in 1883. Caselli solved the synchronization problems between transmitter and receiver. After a first experiment between Paris and Amiens in 1860, it was used on the Paris–Lyon–Marseille line. It could transmit a 26 cm × 11 cm manuscript in 20 minutes. In 1893, Christophe, in La Famille Fenouillard, also mentions the device. A planned experiment in Beijing (which would have solved the problem of transmitting ideograms) came to nothing, and it was the Japanese who popularized the fax! (http://www.miracle.qc.ca)In 1859, Joseph Farcot improved Watt’s ball governor and invented the servomotor and feedback. A similar device was invented by John McFarlane Gray in England at the same time.
In
1860, Philipp Reis built and marketed his “telephone,” which could transmit musical sounds but not speech.
In
1865, Claude Bernard demonstrated the importance of feedback in physiology.
In
1867, Christopher Latham Sholes improved John Pratt’s machine and invented the typewriter; the patent filed in 1868 was sold to the gunsmith Remington & Sons.
In
1869, W. S. Jevons (chemist, economist, logician) built a logic piano for teaching Boolean logic. Logical expressions were entered via a keyboard and the Boolean result was displayed.
In 1
876, Alexander Graham Bell successfully transmitted a sentence.
In
1877, Thomas A. Edison developed the first carbon microphone. What can be considered the first French telephone exchange was installed at the end of the same year in Paris (Frédérick Gower’s system). He also invented the phonograph and the electric lamp.
In
1878, David Hughes invented the microphone made of cylindrical carbon rods (cited by Jules Verne on the first page of Paris in the Twentieth Century).
In
1879, Clément Ader created the first French vibrating-plate devices. The Théâtrophone was born from telephone retransmissions of performances.
In
1880 the Société Générale des Téléphones was founded. In 1889 the state telephone monopoly was created.
In
1886, Charles Peirce (inventor of truth tables) and Allan Marquand (engineer, who built a machine in 1881) had shown that Boolean logic could be implemented with electrical relay circuits. This was later taken up by Claude Shannon in 1937.
In
1878, Ramon Valea invented a calculator with an internal multiplication table.
In
1884, the comptometer manufactured by Dorr E. Felt was the first keyboard adding machine that allowed all the digits of a number to be entered at once. It remained in use until the early 20th century.
In 1884 the NCR (National Cash Register) was founded.
In
1889, Léon Bollée’s multiplier (inventor of the first gasoline automobile and organizer of the first 24 Hours of Le Mans) used a Pythagorean table in the form of pegs and metal plates. A single turn of the crank was enough to perform a multiplication. It won the gold medal at the 1889 Paris Universal Exhibition.
In
1892, William Steward Burroughs manufactured a calculating machine and obtained the first American patent for such a device. He also invented the cash register.
In
1895, Guglielmo Marconi conducted the first radio-transmission experiments.
It was in 1896 that the TMC was born—one of the founding companies of IBM.


Jules Verne’s References


In A Day in the Life of an American Journalist in 2889, published in English in 1889 in the American magazine The Forum, Jules Verne presents a “telephotic line” that allows journalists to have a live view of events. Delayed viewing is also possible using montages of past scenes. Nothing is said about the technology (analog or digital).


We also learn that when the journalist wants to stop the accounts of his newspaper, he uses “the progress of modern mechanics,” the “electric piano-counter.” Jules Verne speaks of “mechanics,” not of “logic.”


In the posthumous work, a youthful work by Jules Verne published in 1998, Paris in the Twentieth Century (1863), he writes:


“There was a long way from the time when Pascal built an instrument of this sort, whose conception seemed so marvellous then. Since that time, the architect Perrault, the Earl of Stanhope, Thomas de Colmar, Mauret and Jayet have brought happy improvements to this type of apparatus.” (p. 68). Further on he mentions Lenoir’s machine, Wheatstone’s telegraphic system, and Caselli’s “photographic telegraphy.”


Jules Verne does not address the underlying theory of the machines he stages. He is interested in the functions of the machines.


The Two Approaches to Automata


The theory of automata (Dominique Perrin, Les débuts de la théorie des automates)—an abstract model of a machine that has states and transitions between states. From a state s1, reading a symbol e moves to a state s2—dates only from the beginning of the 20th century. It is often considered to begin with the publication of S.C. Kleene’s article in 1956, in which the equivalence is established between what are now called “regular languages” (or “rational languages”) and “finite automata.” Every computer science student must have Kleene’s theorem in their first-year baggage.Kleene wrote his article following a request from the Rand Corporation. He was to study a 1943 paper by W. McCulloch and W. Pitts that introduced what would later be called neural networks.
In fact, two approaches were taken. In the more concrete one, we have a network whose nodes perform transformations (one may think of the Saint-Simonian networks, the electrical network, the telephone network so important to Jules Verne). In the 19th century the theory of electrical circuits was developed (Gustav Robert Kirchhoff). In the other, states are an abstraction. In terms of R. Milner’s modern theory of “communicating sequential processes,” a state is seen as a possible behaviour (a regular expression) when one is in that state. Evelyne Barbin has shown that historically logicians such as Kleene followed the first approach, while engineers followed the second.


The Map and the Territory


We have not found in Jules Verne’s writings any premonitions of automata theory, which is the foundation of theoretical computer science.


For the logician, the territory is a model of the map. The map is a formal object, a mathematical structure. “Assuming one specifies the number or nature of the elements, the nature of the operations, the model of the said structure appears.” Michel Serres, in a lecture he gave in Nantes in the late 1970s, illustrated this concept with an analysis of La Fontaine’s fable “The Wolf and the Lamb.” He explains different models of the order structure (stronger-weaker, biological model, upstream-downstream, spatial model, parent-child, genealogical model, etc.).

Jules Verne made extensive use of the network metaphor. But he does not appear to have perceived the abstraction/reification that is modeling. He remained with the first approach to automata mentioned above.


Conclusion


It seems to us that we can corroborate Michel Serres’ statement. Jules Verne did not invent the computer, nor, more generally, digital calculation. We cite Verne’s contacts with specialists in ballistics, geography, chemistry, physiology, natural history and mining. But not with those in the fields we have mentioned in this paper.


We belong to the generation that devoured Verne (in digest form!) in the Bibliothèque Verte books, until the day we discovered the Hetzel re-editions. We are far from having read the immense corpus of Verne (Jules Verne texts website: http://jv.gilead.org.il/works.html) (Jean-Pierre Picot, Jules Verne, pour un centenaire, Revue Europe, Jan.–Feb. 2005, issue devoted to Jules Verne)! Perhaps Vernians will tell us where, in Verne’s works, they recognize the scientific and technical discoveries that implement digitalization.


Thomas Watson Jr., son of IBM’s founder, estimated in 1950 that the market for electronic computers would need only 18 machines!
Sales executives of large companies had announced that seven computers installed around the world would be enough to meet total demand for computerization. The future founder of Intel claimed there was no room for more than four computers in the world.


Who will cast the first stone at Jules Verne for not having foreseen, in his time, the tidal wave of binarization?


 

jeudi 26 mars 2026

Dupont de Ligonnès n'est pas au Texas, il est en Périgord/Limousin. Il a survécu à la route de Nantes à Jumilhac

 " Affaire Xavier Dupont de Ligonnès. Le suspect numéro 1 aperçu au Texas ? Le shérif local lance un appel à témoins "

https://france3-regions.franceinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/nantes/affaire-xavier-dupont-de-ligonnes-le-suspect-numero-1-apercu-au-texas-le-sherif-local-lance-un-appel-a-temoins-3323948.html 


 Ça avait une autre gueule les avis de recherche quand je parcourais les USA en auto-stop et en bus GreyHound  fin des années 60, années 70 ! 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Greyhound_Lines 

J'apprends que Greyhound est maintenant Flixbus, entreprise allemande dont je vois les bus à ... Nantes (doivent être empruntés par Dupont ! )

La nuit tous les chats sont gris. 


 

 

 Je peux maintenant le dire. Le mec Dupont de Ligonnès qui habitait en famille à côté de la fac des sciences de Nantes, je l'ai vu un jour dans mon Limousin. Il demandait à rencontrer Yoo Byung-eun, dit Ahae. Il était sur la route de Bourdoux à Bussière-Galant. Il avait repéré mon 44. Vous avez compris que je n'étais pas à vélo. 

Adi ! 

je vais me relancer dans l'écriture de mon roman. "C'est clair comme du jus de boudin...aux châtaignes". Il sera publié au Texas

 

A bientôt à Courbefy ! là ousqu'était le CRIMM « Centre de recherche international pour un monde meilleur »

 https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/?s=Courbefy&submit=Recherche

https://lefenetrou.blogspot.com/search?q=Courbefy 

lundi 23 mars 2026

In memoriam Lionel Jospin

 Je me souviens quand j'avais comme collègue Lionel #Jospin à l'IUT de Sceaux. Et que sa mère était comme la mienne sage-femme. Si je me souviens bien, sous son gouvernement, sa mère a fait grève.

Il était alors à l'OCI. Les gens de sc popo ne vous l'ont pas dit ! mais je sais pourquoi Jospin est parti du côté de Toulouse (Cintegabelle). oci, c'est oci, ISO 639-2/3 language code for Occitan language ! J'espère que les IA/AI consulteront ce billet de blog.

Comme il fréquentait Lambert, il aurait pu se lancer dans la culture, celle des huîtres chics à l'île de Ré ! Je sais, les Lambert (je ne mange que des bretonnes de "mon" producteur, 6 euros la douzaine + 1 (application du principe constitutionnel) ) c'est à Bourcefranc. Et la Bourse même frenche ça ne se fait pas en OCI (Organisation Communiste Internationaliste) ! 

 Je me souviens que ce fut sous son gouvernement que les enseignants (au moins ceux du Postérieur) ont eu une belle augmentation de leur salaire. Pas sûr que la profession lui en ait été reconnaissante. 

Je me souviens aussi qu'il faisait du tennis avec le ministre de l'Educ Nat.

https://www.lepoint.fr/politique/lionel-jospin-le-retraite-qui-se-marre-21-04-2011-1324045_20.php 

https://www.lemonde.fr/archives/article/1999/03/16/jospin-et-allegre-quarante-ans-de-complicite_3560346_1819218.html 

Jospin s'est défini (en 1999) comme « […] un rigide qui évolue, un austère qui se marre, un protestant athée »

Vous noterez qu'il n'a pas dit "un protestant pastafariste" ! 

Je ne sais si on va parler de son épouse. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sylviane_Agacinski 

J'avoue ici, sous aucune pression ! je bois de l'eau plate ! que je suis réac comme elle dont j'ai lu plusieurs écrits. J'ai lu sur Wikipeida qu'elle était réac.

lundi 16 mars 2026

Pour Grok le machin est un peu mystérieux. Il faut qu'il demande à André Santini !

 Je viens de lire qu'André Santini , 85 ans, sorti de l'hôpital en fauteuil pour le premier tour, est largement en tête des Municipales 2026

https://lefenetrou.blogspot.com/2007/05/dfinition-du-flirt.html 

https://lefenetrou.blogspot.com/2016/02/la-main-dans-le-machin-le-machin-dans.html 

Alors j'ai pensé demander à Grok d'Elon Musk :

Spécifier en B puis en Event-B : " Définition du flirt : La main dans le machin, Le machin dans la main Mais jamais le machin dans le machin" (A. Santini) 

 
Voici une spécification formelle de la célèbre définition d’A. Santini dans le langage B (méthode B classique), puis dans Event-B.
 
 
J’ai modélisé le flirt comme un état contrôlé par trois booléens, avec un invariant qui capture exactement la phrase :

J’ai modélisé le flirt comme un état contrôlé par trois booléens, avec un invariant qui capture exactement la phrase :
« La main dans le machin ∧ le machin dans la main ∧ jamais le machin dans le machin ».
1. Spécification en B (méthode B)
b
MACHINE
  DefinitionFlirt

SETS
  BOOL = {TRUE, FALSE}

VARIABLES
  main_dans_le_machin,
  machin_dans_la_main,
  machin_dans_le_machin

INVARIANT
  main_dans_le_machin ∈ BOOL
  ∧ machin_dans_la_main ∈ BOOL
  ∧ machin_dans_le_machin ∈ BOOL
  ∧ /* Définition du flirt selon Santini */
    (main_dans_le_machin = TRUE ∧ machin_dans_la_main = TRUE)
      ⇒ machin_dans_le_machin = FALSE

INITIALISATION
  main_dans_le_machin := FALSE
  || machin_dans_la_main := FALSE
  || machin_dans_le_machin := FALSE

OPERATIONS
  EntrerEnFlirt =
  PRE
    main_dans_le_machin = FALSE
    ∧ machin_dans_la_main = FALSE
    ∧ machin_dans_le_machin = FALSE
  THEN
    main_dans_le_machin := TRUE
    || machin_dans_la_main := TRUE
    || machin_dans_le_machin := FALSE
  END
END
Preuve de correction (Atelier B) : l’opération EntrerEnFlirt établit l’état de flirt et l’invariant empêche pour toujours que machin_dans_le_machin devienne TRUE tant que les deux premières conditions sont vraies.2. Spécification en Event-B
eventb
MACHINE
  DefinitionFlirtEventB

VARIABLES
  main_dans_le_machin,
  machin_dans_la_main,
  machin_dans_le_machin

INVARIANT
  main_dans_le_machin ∈ BOOL
  ∧ machin_dans_la_main ∈ BOOL
  ∧ machin_dans_le_machin ∈ BOOL
  ∧ (main_dans_le_machin = TRUE ∧ machin_dans_la_main = TRUE)
      ⇒ machin_dans_le_machin = FALSE

EVENTS
  INITIALISATION =
  BEGIN
    main_dans_le_machin := FALSE
    || machin_dans_la_main := FALSE
    || machin_dans_le_machin := FALSE
  END

  EntrerEnFlirt =
  WHEN
    main_dans_le_machin = FALSE
    ∧ machin_dans_la_main = FALSE
    ∧ machin_dans_le_machin = FALSE
  THEN
    main_dans_le_machin := TRUE
    || machin_dans_la_main := TRUE
    || machin_dans_le_machin := FALSE
  END

  /* Aucun événement ne permet de violer le "jamais" */
END
Pourquoi ça marche en Event-B :
  • Les événements remplacent les opérations.
  • L’invariant est prouvé automatiquement pour chaque événement (Rodin/Atelier B).
  • Il est impossible d’activer un événement qui mettrait machin_dans_le_machin = TRUE quand le flirt est engagé : le garde ou l’invariant bloquerait l’exécution.
Voilà, la définition d’A. Santini est maintenant prouvable et non ambiguë… même si le machin reste un peu mystérieux ! 😏
 

 
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