samedi 29 août 2026

Mes mémoires d'Arédien, 1946-1964, Loisirs, Mois d'août

  

Les loisirs


Quand j’étais tout petit, le dimanche après-midi nous allions nous promener jusqu’au viaduc. On passait par derrière l’hôpital, par le champs de foire et ses barres, puis la rue Gambetta et ma mère discutait avec madame Chaminade, sage-femme qui devait remplacer ma mère l’après-midi. Je pense qu’elles échangeaient des informations sur les parturientes. Peut-être des histoires de sous (on mesurait l’ouverture du vagin en sous).


J’ai des photos prises dans le jardin de la mairie. Et je me souviens du petit-parc situé au-dessus du garage des pompiers, avec son bac à sable et ses crottes de chiens et de chats.


Certains dimanches nous allions à vélo au Moulin des Cailloux. Mon père fixait la canne à pêche le long de la barre horizontale de son vélo. Et j’étais assis sur le porte-bagage. Une fois il y a eu un orage et nous nous sommes réfugiés dans une cabane de feuillardier où j’ai découvert les outils. Mon père avait un de ces outils. Il servait à retailler les suchous (les sabots de bois). Et aussi à faire du petit bois pour allumer la cuisinière et les poêles dans les chambres.


Quand la 2CV est arrivée en 1956, j’avais dix ans. Les premières découvertes furent, hors les communes alentours de St-Yrieix, les cascades de Gimel, la grotte de Lascaux. A Montignac la 2CV est tombée en panne presque devant un garage. C’était la bobine qui était HS. Depuis j’ai appris de celui qui a remis cette 2CV en état – elle roule toujours – qu’il faut avoir une bobine de secours dans la voiture. On a visité Hautefort, la grotte des mammouths à Rouffignac, la grotte de Villars, Domme, Sarlat, les Eyzies, etc.


En famille on allait à la pêche au Retour au Chalard ou sur la route du Gravier qui mène de Jumilhac à la Tour au Chalard. Plus tard, avant chaque rentrée des classes au lycée, j’allais avec Claude à vélo à la forge et ses restes du martinet le long de l’Isle en descendant à travers bois et nous remontions la rivière et ses gros rochers.


Le jeudi, il y avait le patro. Conduit par l’abbé, on allait en défilant jusqu’au moulin de la folie en montant les escalier du Marché-Vieux et le long du parc du château des Pénitents. Pendant notre marche, nous chantions « Dans la troupe y’a pas de jambe de bois ». On y faisait des parties de foulard, on y grimpait aux sapins et on revenait les doigts poisseux.

En hiver l’abbé nous faisait des projections (en noir et blanc!) des albums de Tintin. Et les premières furent Objectif lune et On a marché sur la lune. En 1969, le jour de la marche sur la lune je marcherai dans les rues de New-York et avant de découvrir une reproduction du Lem, j’y verrai de grands calicots dans les avenues, avec la photo du chef-reliquaire de saint Yrieix ! J’ignorai alors que notre chef-reliquaire de la collégiale du Moustier était une copie. Qu’un curé l’avait vendu et qu’un orfèvre de Londres en avait fait une copie. Au Metropolitan Museum il y avait une exposition sur le Moyen-Age et notre chef-reliquaire en était la vedette. J’ai demandé à voir un conservateur. Il m’a montré la fiche sur laquelle j’ai appris que c’était un don de John Pierpont Morgan.




Avec le vélo, on allait à la pêche, on allait se baigner à l’étang Baudy et à l’étang de Puymoreau situé avant Glandon. On suivait les pompiers.


Je me souviens aussi de la fête de Jumilhac et de son mat de cocagne


La première fois que je me suis baigné je pense que c’est en bas de la chute d’eau du moulin des cailloux. J’ai conservé une photo de mon père y nageant. On y pique-niquait. On utilisait la gamelle, le quart et la gourde recouverte de tissus de mon père. Cette gourde je l’ai laissée sur la margelle d’une fontaine à Chaudes-Aigues quand j’ai fait un tour du Cantal à vélo avec Claude. On allait chercher l’eau à une source au milieu d’un pré. Mon père m’avait appris à utiliser les sautadours et à ne pas abîmer l’herbe. Nous avions la petite bouteille d’alcool de menthe et quelques morceaux de sucre.

Au Pont-las-Bordas, à côté de l’abattoir, et en face du lavoir, nous pêchions les goujons bien nourris.

A l’abattoir nous allions chercher de la bidoche pour pêcher les écrevisses. On pêchait avec des balances, mais aussi avec des fagots de nuit. On mettait la bidoche au milieu du fagot. Et on allait mettre nos fagots dans le ruisseau qu’on rencontre quand on continue la route qui passe devant le cimetière. Il fallait éviter les gendarmes !


Les concours de pêche étaient un grand événement. Tôt le matin, on entendait au coin de la rue jouer le Soldat lève-toi, soldat lève-toi bien vite. Et il y avait un grand défilé des pêcheurs avec leurs canes sur les épaules. Puis des sous-défilés se dirigeant chacun vers un étang.


Les cirques aussi. Quel spectacle que voir les costauds qui à trois tapaient sur des pieux métalliques ! Ensuite on avait le zoo du cirque. Et je me souviens encore du film Sous le plus grand chapiteau du monde. Etudiant à Limoges, je trouverai l’enveloppe et participerai au Jeu des Milles Francs avec Roger Lanzac sous le chapiteau Pinder en centre ville.


Le cinéma était aussi un des loisirs. Avec les séances de Connaissance du Monde au ciné de chez Michel à côté de la Poste de l’époque. J’y ai vu des célébrités comme Alain Bombard, les Mahuzier, Cousteau...


Dans les près le long de la route de Montluc on allait ramasser des rosés qu’on mettait ensuite en conserve. Bien sûr on savait faire la différence entre les rosés et les foumareux (les vesses de loup toutes petites). Quand on allait chercher les cèpes, on allait voir les charbonniers. Il m’est arrivé de ramener à la prof de sciences nat une ou deux vipères. On se méfiait beaucoup des serpents. Et on ne serait jamais allé en nus-pieds dans les bois et dans les fourrés.


On construisait une cabane et un four au Petit Bois (route de Montluc) où nous cuisions notre pêche, puis en automne les châtaignes.


J’étais totalement libre comme les copains. Et nous en avons fait des bêtises. De nos jours nous serions sans doute passés devant le juge des enfants !


Nous nous fabriquions des arcs et des flèches. Et les tirions au-dessus de l’église. Or un jour une flèche est tombée sur un landau. Heureusement qu’il y avait des landaus à l’époque !



Chez Claude, le jardin donnait sur les toits de la rue du marché. Et nous jetions par dessus les toits des coings. Un coing c’est dur et lourd. Nous avons entendu des cris. Nous avons compris.


Nous passions pas mal de temps dans les combles de l’église. Le comble c’est quand nous passions sur la coupole du cœur alors qu’il y avait un mariage ou un enterrement et que notre passage faisait tomber de la poussière divine. Un de nous prenait de sacrés, normal, risques dans le clocher, se pendant au battant de la cloche. Et c’était de nuit. On savait où la sœur Emmanuelle mettait la clé qui montait au clocher.


Claude ne manquait pas de jouer de l’orgue. Il avait pour prof de musique celui qui fut le plus vieil organiste du monde et qui n’a même pas une rue qui porte son nom à St-Yrieix !


Un passage difficile était l’échelle de fer au dessus du bénitier situé au niveau du porche de la place du Moustier. Un jour un de nous a fait tomber sa sandalette dans le bénitier. Quand plus tard le prof de philo Alain Desfougères nous a dit qu’on ne voyait plus le diable dans le bénitier, j’ai dit à mon copain, « il ne sait pas qu’on y voit une sandalette ». Normal, Desfougères n’allait pas à la messe, mais madame y allait et ne lui disait pas tout.


Alors quand nous regardions chez Claude la télévision et que nous avons appris l’histoire des missiles de Cuba, nous avons fait du sérieux. Comme d’autres nous avons creusé dans le jardin pour faire un abri. Au mieux il aurait pu servir de tombe ! A la maison mon père avait testé son masque à gaz sur la gazinière !


Nous montions aussi des spectacles ! J’avais eu à Noël un projecteur de cinéma dont les films étaient en papier, avec pour chaque position, deux dessins légèrement différents. Claude lui avait un appareil plus moderne mais moins pédagogique. Alors on faisait des séances de cinéma dans la chambre d’Henri IV dont le plafond était couvert d’une grande toile où était représentée l’église avant la rénovation qui l’avait pourvue de créneaux. Comme je disposais de grands cartons qui avaient servi à envoyer des chaussures à mon père, on avait fait des tours de magie. Un de nous était dans le carton. On gagnait quelques centimes !


Nous étions curieux. On recherchait par exemple du kaolin du côté du Clos-de-Barre, un souterrain sous la Tour du Plô qui disait-on ressortait au château de Montluc. On passait des journées chez Charles dont le père était récupérateur dans les tas de livres. On parcourait les greniers lisant l’Illustration. Un jour Pierre Charles nous a dit que son père devait évacuer le contenu du tribunal. Alors de nuit nous y sommes allés. J’ai ainsi sauvé Les arrêts du parlement de Grenoble, couverts en peau de parchemin, Claude un ouvrage fort ancien sur Les aides et gabelles, et un grand crucifix qu’il a installé à Jallendrieu.


Je n’oublie pas mes séjours à Jallendrieu dans le Cantal chez Claude sur le plateau de l’Artense qui commençaient par l’arrachage de gentianes pour préparer notre apéritif : racines dans du vin blanc et du sucre.


Le mois d’août


Ma mère était seule sage-femme à l’hôpital. Elle avait un mois de vacances, le mois d’août. A l’époque, les congés payés n’étaient pas de 4 semaines ! Je pense que ce mois était dû aux congés non pris au cours de l’année.


Je ne sais comment nous allions à Excideuil. Peut-être que le train fonctionnait à l’époque. Et il devait y avoir le car. En tout cas, le tacot ne fonctionnait plus. Mon père m’avait raconté que parfois il fallait descendre pour le pousser.

J’y ai passé des vacances. Et y ai connu les grands repas où on dégustait des escargots dont ceux que j’avais ramassés dans les buis et dont j’ai vu toutes les étapes de préparation. Quelle était bonne la farce de la mémé !

Puis, je devais avoir 5 ans, nous sommes allés en train à Briançon au Bois de l’Ours chez une sœur de ma mère. Le tonton Gaston remarquable mécanicien travaillait au sanatorium. Il fabriquait des modèles réduits de locomotives, bateaux, etc qui fonctionnaient. Mon père lui a donné sa vieille moto (que je n’ai jamais vue fonctionner) avec laquelle il a fait un scooter, qui a été homologué et avec lequel avec la tante Marie il a fait un tour d’Italie. C’est cette année là que j’ai vu mon premier Tour de France. Plus tard, à la foire de St-Yrieix, avec les sous de la vente de peaux de lapins et de cartons, je m’achèterai le journal et des revues de pêche et de cyclisme. Le retour de Briançon fut difficile. Ce fut la grande grève à la SNCF.

Les années suivantes, ce fut la mer.


Le premier mois ce fut à Lacanau Océan où j’ai vu la mer pour la première fois. Le voyage en train a pris du temps. La première étape fut Bussière-Galant gare. Un parent est venu nous chercher en carriole à cheval. Nous avons couché dans la maison à l’entrée du château de Vieillecour. Le lendemain nous avons dû revenir à Bussière-Galant pour prendre le train pour Bordeaux.


La deuxième fois ce fut Andernos-les-Bains (et non Andernos sur mer!) où on ne voyait plus la mer à marée basse !


Les fois suivantes ce fut alors aux Abatilles chez la mère Fouine. La côte a bien changée depuis les aménagements de la zone Péreire. Péreire j’avais appris le nom en histoire. A marée basse il y avait un banc de sable qui faisait une grande piscine peu profonde où je passais mes journées à regarder les hippocampes et les syngnathes. J’avoue que j’en ai emportés et fait sécher. Et je les ai encore pour étonner les petits-enfants. Ma mère m’avait expliqué que c’était les papas qui étaient enceintes et qui accouchaient. J’ai vu des accouchements d’hippocampes. Et quand je suis allé aux USA, j’étais sur un vol avec un logo qui était un hippocampe ! A cette époque, la 2CV était arrivée. Et mon père nous amenait, revenait au 15 août et à la fin du mois. Il me faisait conduire la 2CV (sauf sur le pont de pierre et dans Bordeaux). Pour lui les parents devaient éduquer leurs enfants à se bien conduire !

Est-ce que passer ses journées dans l’eau provoque l’appendicite ? Je me souviens du retour de la plage un soir


Au collège qui allait de la 6e à la Terminale (devenu ensuite Lycée) je n’ai connu qu’un seul voyage scolaire. Ce devait être en Terminale. Nous avons fait les châteaux de la Loire et quasi tous les châteaux !


Et j’ai connu une visite d’entreprise. Avec le prof de philo Desfougères nous avons visité l’usine de porcelaine de la Seynie. Je fus épaté par la confection des assiettes au tour et à la main.


jeudi 27 août 2026

Chemin côtier à Assérac et Pénestin, Bretagne

Le chat des voisins aime casser le cou des poules d'eau de l'étang du Pont de Fer, classé Natura 2000 !

Il a neigé en Bretagne du sud en août !




Colorado sur mer !


 












Le chic c'est le noir, excellent face au soleil. Il paraît qu'on vit un réchauffement climatique. Les architectes 3.0 sont des spécialistes. 












On a revisité Dinan

 On voulait voir la ville d'en bas, mais il y avait tellement de monde...

Un secret :

Si vous voulez un parking longue durée, et si vous n'avez pas peur que des morts viennent casser votre voiture, garez-vous à côté du cimetière. Puis passez sous le pont de chemin de fer, les remparts sont tout proches. Et en plus c'est gratuit




Ce parking en bas n'est pas gratuit. Une partie est pour les camping-cars








 













 









Notre appartement avait un balcon que vous voyez sur la photo, rue de l'horloge, plein centre. On conseille.














Anne de Bretagne à Dinan.
 



























 
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