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mardi 19 avril 2016

L'amphi "Abbé Grégoire" (ancien amphi C) du CNAM à Paris

L'amphi C, longtemps appelé "Amphi Neuf" construit de 1845 à 1847
Inauguration en présence des deux fils du roi Louis Philippe.
La rénovation a été achevée en 1982.
Je me souviens du nom du directeur du Cnam d'alors, Jean Saurel.
Nantes avec Michel Cailler - physicien du métal, ancien de l'ENSM, premier chef du département informatique de l'IUT -  allait alors avoir son centre associé du Cnam qui a commencé à vivre au 3 rue Maréchal Joffre (site de l'ENSM, devenue Ecole Centrale, et de l'IUT).


La loge royale en bas à gauche

Le plafond

La loge royale en bas à gauche

C'est dans cet amphi qu'étaient enregistrés les cours d'informatique de Paul Namian. J'ai suivi ces cours à la télévision le samedi après-midi vers 1970. J'avais fait venir les cours papier. Vers 1965, j'ai suivi les cours de RTS promotion sur le récepteur tout neuf acheté par mes parents quand j'ai quitté la maison pour aller faire "mes études" à Limoges.



"Le CNAM s'est comporté avec du retard mais de façon atypique dans les années 1960 et 1970. Il a recruté ses deux premiers professeurs dans l'industrie. Le premier Paul Namian, ingénieur, ancien de l'équipe des CAB de la SEA devient chargé de cours en 1964, puis professeur titulaire en 1968. Clin d'œil de l'histoire, son ancien directeur, François-Henri Raymond devient son collègue en 1974. Et pourtant, malgré les efforts de Paul Namian, le CNAM a maintenu jusqu'au début des années 90 un département unique 'Mathématiques-Informatique' où les mathématiciens étaient majoritaires et qui n'avait pratiquement aucune relation avec l'électronique et l'automatique. Les enseignements d'électronique dans les filières d'informatique, imposés par Paul Namian, ont progressivement disparu à l'occasion de chaque réforme. Le seul enseignement fait par le département d'informatique à l'usage du secteur secondaire, enseignement d'informatique industrielle B, a été suspendu en octobre 1998 à Paris et supprimé ensuite. Aujourd'hui l'informatique est seule, la pluridisciplinarité dans les filières d'informatique a totalement disparu mais, paresse ou habitude aidant, les forums d'orientation où sont accueillis les futurs élèves réunissent toujours mathématiques et informatique face à face ou côte à côte."
source :

et les cours de mathématiques sur les ensembles
Le professeur René CHENON, titulaire de la chaire de mathématiques au CNAM, expose l'objet et le contenu du cours d'initiation aux mathématiques modernes proposé par le Conservatoire national des arts et métiers.Il présente les personnes invitées à suivre ce cours : Monsieur de BERANGER, ingénieur qui s'occupe du traitement de l'information en entreprise, Madame Catherine LEHMANN, professeur agrégée de philosophie, et Monsieur THEODORE, spécialisé dans les questions d'analyse numérique.Puis il commence la première leçon, 







vendredi 25 mars 2016

Histoire de l'informatique à l'Université de Nantes et à l'ENSM


"En 1955, Nantes n’a pas d’université mais une école d’ingénieurs, l’école nationale Supérieure de mécanique (ENSM), dépendant de la Faculté des Sciences de Rennes. L’un des deux professeurs de mathématiques de l’ENSM, Georges Brillouët, s’intéresse au calcul numérique en partie pour répondre aux besoins de la formation des ingénieurs. G. Brillouët est nommé professeur d’analyse numérique à la faculté de Rennes en 1959 et obtient la création d’un certificat d’analyse numérique en 1960. Parallèlement, l’ENSM cherche à s’équiper en moyens de calculs et reçoit en 1960 des crédits pour l’acquisition d’un IBM 650.
Paradoxalement, c’est l’ouverture en 1961 d’une Faculté des sciences à Nantes qui porte un coup d’arrêt au développement de l’informatique locale, car G. Brillouët en est nommé doyen : “Mes fonctions de Doyen d’une Faculté nouvelle ont alors pris le pas sur mes activités informatiques. Il fallait assurer les enseignements fondamentaux, et, ce qui compliquait les choses, il y avait à l’époque une sérieuse crise du recrutement : listes d’aptitudes presque vides, peu d’enthousiasme à venir jouer les pionniers, etc. ” (G. Brillouët).
À la suite de ce changement, c’est plutôt à Rennes que l’informatique se développe, nettement plus tard, sur la base des cours de calcul numérique. L’un des enseignants de mathématiques appliquées, Jean Céa, inaugure en 1969 un enseignement d’informatique avec l’aide de jeunes assistants et d’intervenants grenoblois. En 1970 s’ouvre une maîtrise d’informatique ; la petite équipe rennaise bénéficie de l’arrivée de 8 informaticiens dont 6 grenoblois sur des postes d’enseignement ou d’ingénieurs du centre de calcul. À partir de là, l’informatique connaît un essor rapide à Rennes, qui bénéficie par ailleurs de la décentralisation en Bretagne d’activités du CNET, puis de l’IRIA. L’actuel Institut de recherche en informatique et systèmes aléatoires (IRISA) rassemble actuellement 11% des chercheurs ou enseignants-chercheurs de la discipline intégrés dans une unité CNRS.
Nantes se spécialise plutôt en Automatique (renouvellement assez naturel de l’école de mécanique), autour de R. Menzecev dont l’équipe "Identification et optimalisation par voie hybride" est associée au CNRS en 1968."

extrait de
Les débuts de l’informatique dans les universités

Un moment de la différentiation géographique des pôles scientifiques français.

Revue Française de Sociologie XXXVI, n°2, pp.295-324

                                                                           Michel Grossetti, P. Mounier-Kuhn 

vendredi 29 janvier 2016

James Martin n'est plus

http://lefenetrou.blogspot.fr/2008/11/james-martin.html
http://lefenetrou.blogspot.fr/2014/09/in-memoriam-alain-couturier.html

Je lis sur le site
http://www.jamesmartin.com/

que James Martin est décédé en 2013.

"James Martin was an inspiration to millions - an extraordinary intellect, with wide-ranging interests, boundless energy and an unwavering commitment to addressing the greatest challenges facing humanity. For 25 years Martin was the highest-selling author of books on computing and related technology. He wrote a record 104 books, many of which have been seminal in their field, and was renowned for his electrifying lectures about the future. He was a Pulitzer nominee for his book The Wired Society."

On lit encore :

" (he) provided the largest benefaction to the University of Oxford in its 900-year history in order to create the Oxford Martin School."

Tous les informaticiens du siècle dernier ont vu sa photo dans des journaux comme 01-Informatique. Il y annonçait ses conférences, lundi à Paris, mercredi à Tokyo... etc.
II se faisait payer parfois avec des tableaux de maîtres. Ce fut, à mon sens, le premier "évangéliste" de l'informatique.  Bien sûr, jamais mon établissement ne m'a payé une conférence de James Martin. C'était fait pour les "décideurs".

James Martin cite les avis sur ses conférences :

"is the High Priest of Cyberspace"
" the Alvin Toffler of business guru"
" the pundit's pundit"

Le terme n'était pas encore utilisé. Et j'avais utilisé ce terme de manière humoristique à l'époque. Et des années plus tard, avec l'arrivée de l' "Object" quand le "Structured" eut recouvert tout et n'importe quoi, on a vu aussi arriver les "objects evangelists". C'est ainsi qu'ils se sont appelés.
"An Object Evangelist is someone that preaches the benefits of ObjectOrientation to the masses. An Object Evangelist is half salesperson and half teacher" peut-on lire sur la Toile.

 Je n'en étais pas plus fier pour ça !

https://en.wikipedia.org/wiki/Technology_evangelist

Maintenant il y a bien sûr des "cloud computing evangelists".  Et des "chief evangelists" ! Le pape a des concurrents.

Et voici ce qu'écrit un évangéliste français :

"C'est par l'évangélisation de notre vision et de nos solutions que nos entreprises françaises et européennes pourront s'imposer, se différencier et apporter aux clients des solutions plus en phase avec leurs besoins et convictions.
Donc, oui, l'évangélisation est adaptée à la France : elle est même nécessaire à l'essor de ses entreprises technologiques."

Et dire que je n'ai été que sectaire ! ben oui. Certains se souviennent peut-être du révérend Moon, celui qui baptisait des stades entiers de "foloweures" comme on dit chez Face de bouc. La "secte Moon" - le terme secte était manifestement péjoratif - faisait la une des journaux télévisés. Eh bien, j'avais mis au point la "méthode Moon", "Méthode Orientée Objets Normalisés", une synthèse de l'approche en termes de processus séquentiels et d'une approche en termes de relations normalisées. Avec des collègues, une marque a même été déposée auprès de l'INPI. Comme quoi, c'était du lourd !
La méthode qui mariait deux paradigmes. Le mariage le révérend Moon connaissait :



Il est amusant de lire par exemple cette discussion de collaborateurs de Wikipedia :




vendredi 17 avril 2015

Le PPN (Programme Pédagogique National) des départements informatique des IUT de 1969 (BOEN n° 26 (26-6-69)

1969
BOEN
n°26(26-6-69)
 vol: V : 430-3
Circulaire n° III 69-286 du 16 mai 1969
Programme des instituts universitaires de technologie (départements d'informatique)
Annexe, Programme officiel

1er centre d'intérêt
Les techniques de l'information
A.- ANALYSE (200 h – 50 h de cours + 150 h de travaux dirigés et travaux pratiques)

1.- Connaissance de l'organisation existante :
Moyens et méthodes d'étude du problème : interview, étude des imprimés, formulation des textes, enquête statistique, etc.
Application à l'analyse de l'information, à l'analyse de traitement (circuit de documents, fiches de données, fiches de fonctions...)
Etude critique du système : inventaire des besoins déjà satisfaits : mis en évidence des besoins nouveaux.

2.      - Analyse fonctionnelles :
Définition des résultats à obtenir : différentes sorties, périodicité ...
Formulation en fonction des besoins, des informations à introduire dans les fichiers (nature, volume, paramètres).
3.- Rentabilité – Contraintes :
Contraintes tenant au matériel :
         capacité de stockage, puissance de l'unité centrale, temps disponible, puissance de sortie.
         Contraintes financières.
         Contraintes de temps.
         - périodicité des opérations ;
         - délais – temps de réponse.
         Contrainte de contrôle.
         Contraintes humaines (Formation de personnel).
4.      Elaboration de la solution :
Saisie de l'information : choix des procédés de collecte et des supports de stockage (avantages et inconvénients).
Choix des mode de travail : temps réel,
Multiprogrammation, traitement séquentiel.
Points de décision et de responsabilité dans les circuits.
Etablissement d'un dossier général de l'analyse (organigramme général).

5.      - Analyse organique :
La description de l'information :
         documents de base,
- imprimés de sortie (dessin),
         - fichiers : organisation des fichiers sur les supports, codification, dessins d'enregistrement, optimisation, temps-volume.
La description du traitement :
         la description du traitement : logique du traitement, conditions, limites, exceptions ; utilisation des ordinogrammes, des tables de décision :; jeux d'essai.
         le découpage du traitement en unités de traitement, critère de découpage, calcul des temps, optimiosation.
Conclusion : cahier des charges
Le dossier de préparation à la programmation, aboutissement de l'analyse.

B. - PROGRAMMATION (400 h = 150 h de cours + 250 h de travaux dirigés et travaux pratiques)

1.- Principes généraux de programmation : (80 h)
Organisation générale des programmes,
Explication à l'aide d'un langage : type assembleur de base.
2.      - Traitement des fichiers : (40 h)
Accès direct, séquentiel...
3.- Langages de programmation symboliques et évolués : (120 h)
Généralités sur les langages.
Etude détaillée d'un langage scientifique FORTRAN IV conseillé (éventuellement en éducation programmée), et d'un langage de gestion (COBOL, PL1 ...)
4.      - Software : (160 h)
Organisation d'un système d'exploitation (...)
etc.

C.- TECHNOLOGIE (130 h = 70 h de cours et 60 h de travaux pratiques)

Logique et technologie des ordinateurs : (60 h)
Algèbre de Boole, fonctions logiques de base : (...)
Les circuits logiques
(...)

3e Centre d'intérêt
La formation mathématique

[Nous y trouvons :
2.- Représentation des nombres (...)
3.- Eléments de la théorie des ensembles


Constats :

         Il n'y a rien sur automates, expressions régulières, logique des prédicats, preuve, méthodes de programmation, méthodes d'analyse/spécification.
          La logique est dans le chapitre Technologie
         Le terme algorithme n'apparaît pas dans le programme
         La distinction est faite entre «analyse fonctionnelle » et « analyse organique »
         Sur les principes généraux de programmation, le PPN n'est pas prolixe !
         En mathématique la part des mathématiques discrètes est minime
         Le programme est publié sans références bibliographiques. Ce fut le cas pour les successeurs.

A noter que le  livre paru dans la collection Université et Technique chez Dunod, intitulé « Mathématiques de l'informatique » a été publié en 1969

J. Boittiaux, Mathématiques de l'informatique, t. 1, Dunod
Jeannine Boittiaux était maître-assistant à l'IUT de Grenoble
Dans la même collection, on trouvait
P. Poulain, Eléments fondamentaux de l'informatique, tome 1, Equipements mécanographiques, Machines à cartes perforées. En 1969, on en était à la 3° édition
tome 2, Les ordinateurs, paru en même temps que le Bottiaux
P. Poulain était inspecteur général de l'Education Nationale (Economie et gestion)
Or en 1968, ça faisait presque dix ans qu'avait eu lieu le premier congrès mondial de l'informatique  à Paris. On ne voit pas trace de ce qui s'y est dit dans le PPN. Et la lecture du livre intitulé Eléments fondamentaux de l'informatique est pour le moins éclairante de l'écart entre le fondamental et l'inutile.

Le livre de R. Reix, dans la même collection, « L'analyse en informatique de gestion » ne paraîtra qu'en 1972, suite au stage de formation d'enseignants de Montpellier (resp. R. Reix) pour les économistes et mathématiciens, et à celui de Toulouse (resp. J. Luguet) pour les informaticiens.

« Peu à peu, l'informatique a acquis son statut de science; elle a en
fait, pris une position à côté des autres sciences comme pourvoyeuse
de défis aux mathématiques et a contribué a redonner un second souffle
à la logique mathématique notamment à l'approche intuitionniste.  Mais
pour en arriver là, il a fallu beaucoup de balbutiements.  Il a fallu
en particulier prouver que l'informatique issue de l'électronique et
des mathématiques n'était sous-discipline ni de l'une ni de l'autre de
ces sciences, qu'elle était elle-même une science à part entière avec
sa problématique, sa rigueur, sa théorie et son champ d'expériences.
Cela a nécessité d'attirer les meilleurs chercheurs vers cette
discipline encore jeune et de résister à la tentation réductrice de
distribuer des recettes pour au contraire mettre au point un
enseignement scientifique solide; cette démarche est naturellement
allée de pair avec l'étude des problèmes fondamentaux de la
programmation et de l'ébauche de leurs solutions.  Paradoxalement
c'est cette base hautement abstraite qui est l'esprit de l'école
Bourbaki qui a largement aidé les informaticiens dans leur souci de
clarification.  Comme pour toutes les sciences, l'acquisition d'un
statut a été difficile.  Il est clair qu'au début l'informatique s'est
parfois perdue dans ses nombreux méandres et que ces égarements ont
été exploités par ses rivales, mais finalement son adolescence a été
relativement courte, puisqu'elle s'est déroulée sur un peu plus d'une
génération. »
Pierre Lescanne

dimanche 18 janvier 2015

9999 euros le polo épuisé ! c'est l'informatique trois points zéro !


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mardi 2 décembre 2014

Les livres que j'ai publiés

Je viens d'être amené à rechercher des livres que j'ai publiés. Certains se trouvent dans les profondeurs de la Toile gougueulisée. Alors je me fais amazone !
http://www.amazon.fr/Henri-Habrias/e/B004MSVDO8
Vive l'auto-promotion !


Henri Habrias, Le modèle relationnel binaire, NIAM, Eyrolles

Henri Habrias, Introduction à la spécification, Masson

Henri Habrias, Introduction à la spécification, Masson

Marc Frappier, Henri Habrias (eds), Software Specification Methods, Springer

Marc Frappier, Henri Habrias (eds), Software Specification Methods, Springer

Henri Habrias, Dictionnaire encyclopédique du génie logiciel, Masson

 Henri Habrias, Dictionnaire encyclopédique du génie logiciel, Masson

David Lightfoot, H. habrias (traduc), La spécification formelle avec Z, Teknea

Henri Habrias, La mesure du logiciel, Teknea

Henri Habrias, La mesure du logiciel, Teknea

Henri Habrias, Marc Frappier (edited by), Software Specification Methods, ISTE

Henri Habrias, Marc Frappier (edited by), Software Specification Methods, ISTE

Jean Jolivet, Henri Habrias (sous la direction de), Pierre Abélard, Colloque international de Nantes, PUR

Jean Jolivet, Henri Habrias (sous la direction de), Pierre Abélard, Colloque international de Nantes, PUR

Henri Habrias, Spécification formelle avec B, Hermes, Lavoisier

Henri Habrias, Spécification formelle avec B, Hermes, Lavoisier

N.B. Plusieurs de ces livres sont remplis de coquilles. Nous avions, quand nous n'étions pas en retraite, des pages sur la Toile où nous avions mis des errata. Malheureusement, ces pages ont été détruites. Alors, si vous êtes un lecteur perspicace, n'hésitez pas à m'écrire.



samedi 29 novembre 2014

" techniques débiles de chefferie de projet, de management des risques et de reporting "

"Le salut de notre industrie européenne dans le cyberespace viendra plus sûrement d’eux que des techniques débiles de chefferie de projet, de management des risques et de reporting dont on nous rebat les oreilles. Parce que, eux, ils font de vraies choses, et pas de l’imitation de travail."

http://www.laurentbloch.org/MySpip3/spip.php?article298

vendredi 24 janvier 2014

Jacques Arsac est décédé

le 14 janvier 2014
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Arsac

Nous l'avions fait venir deux fois à Nantes pour prononcer une conférence alors qu'il était à la retraite. Il s'était posé assez tôt la question de savoir ce qu'était l'informatique avec son livre très pédagogique "La science informatique" paru chez Dunod en 1970. Il m'avait communiqué le manuscrit d'un livre, je ne sais s'il a pu finalement le publier, où il confrontait sa foi de chrétien à la science. (Je me demande si ce n'est pas son "La science et le sens de la vie")



ARSAC Jacques


La science informatique, Dunod, 1970.


J. Arsac y cite W. Shakespeare
    « Ce que nous nommons Rose 
    Sous un tout autre nom sentirait aussi bon. 
    Et ainsi, Roméo, s’il ne s’appelait pas 
    Roméo, garderait cette chère perfection 
    Qu’il possède sans titre. Oh ! retire ton nom 
    Et pour ton nom qui n’est aucune partie de toi 
    Prends-moi toute entière ! »
    Shakespeare, Scène du balcon de Roméo et Juliette
    (La Pléiade, 1950, cité par J. Arsac ) 

Extrait de "La science informatique" :

« Chaque mot n’est que le repérage d’un état. Non me dira-t-on, « froide » n’est pas le repérage d’un état, c’est l’état lui-même. L’usage a prévalu de désigner cet état sous ce nom, mais le nom est distinct de l’état. Il peut varier au fur et à mesure de l’évolution de la langue. (…)
L’association du mot et de l’image n’est que purement conventionnelle. L’image subsisterait sous un autre nom. (…) On sait que les mentalités ou les fonds culturels de l’humanité n’ont pas toujours reconnue, ou ne reconnaissent pas tous cette distinction du nom et de la chose. Dans la mentalité des auteurs de la Bible, le nom est intimement lié à la personne ou à la chose, et dit vraiment tout d’elle. (…).
On connaît le rôle qu’a joué l’école nominaliste d’Oxford au XIVe siècle pour reconnaître la différence entre le nom et la chose nommée. Guillaume d’Occam usa largement de la « logique des modernes » (logique du langage, grammaire spéculative, science de la signification des mots …) pour substituer « pensée » et « énoncé » à « chose » et « réel ».
(…) Peut-être ai-je trop insisté sur un point que le lecteur trouve évident. Il est porteur de telles conséquences pour l’informatique qu’il me paraissait indispensable de lui donner une grande place.
En disant que l’information est la désignation de l’état actuel d’un phénomène parmi tous les états possibles, j’ai de fait séparé le sens, contenu dans la liste d’états, et l’information, simple repère permettant de retrouver le sens convenable parmi tous les sens possibles. C’est donc la forme du texte, son aspect de repérage ou immatriculation qui compte, non son sens. (…)
Je pose par convention que :
Une information est une formule écrite susceptible d’apporter une connaissance. Elle est distincte de cette connaissance. (…)
Je dis donc :
Cette définition est un principe fondamental de l’informatique.
(…)
Si l’ « information » est distincte de « connaissance », si c’est vraiment la formule écrite à laquelle l’homme associe un sens, alors il est juste de parler de l’action d’ « informer , ou de donner une forme », à une connaissance pour en permettre la communication ou la manipulation.
C ‘est pourquoi toute l’informatique va se trouver confrontée au problème des relations entre structure et sens. Le langage, qui manifeste ces relations, jouera un grand rôle et sera un des objets d’étude de cette science. (…) »

Jacques Arsac, La science informatique, Dunod, 1970


Lire cet exposé de J. Arsac :

http://jacques-andre.fr/chi/chi88/arsac.html

extrait :

"Jean Kowalevsky ayant réalisé un interpréteur pour un langage très compact de son invention (le code « sardine »), j'écrivis un compilateur pour une version notablement simplifiée de Fortran. Ce n'était guère utilisable pour la programmation de calculs importants, parce que l'on manquait par trop de mémoire, et que les temps de calcul sur le 650 n'étaient pas excellents, mais cela permit néanmoins d'habituer les gens de l'Observatoire à ce langage.
En 1963, l'Observatoire acquit un 1401 IBM à cartes (4K octets, sans bandes). J'écrivis un compilateur Algol sur cette machine, qui produisait un texte en langage intermédiaire en notations postfixée interprétable sur le 650 IBM. Là encore, il ne s'agissait pas d'un système exploitable pour du calcul, mais c'était un outil dont j'avais besoin pour pratiquer un langage dont je commençais l'enseignement à l'Institut de programmation que René de Possel venait de faire créer à Paris.
Les besoins en calcul de l'Observatoire s'étant développés à cause du 650, les chercheurs allaient faire exécuter leurs gros calculs sur le 704 de l'Institut Blaise Pascal, rue du Maroc. De Meudon, c'était une expédition, et il était fort désagréable d'y partir pour trouver une faute de syntaxe dans la deuxième carte du programme. J'écrivis donc sur le même 1401 un analyseur syntaxique Fortran qui permettait de n'amener à Blaise Pascal que des programmes syntaxiquement corrects.
Tous ces travaux de programmation prenaient beaucoup de temps. Il ne me serait pas venu à l'idée de les publier. Seul le compilateur Algol (qui demandait 7 passages successifs sur le 1401) fut présenté dans un séminaire de l'AFCALTI (en 1963 je crois, parce que c'était avant ma nomination en 1964 à la Faculté des sciences de Paris). Je les faisais parce qu'ils étaient nécessaires au bon fonctionnement de l'Observatoire, ou parce que j'avais besoin personnellement d'outils de travail..."


P.S. J. Arsac m'a amené à Pierre Abélard, né au Pallet près de Nantes, sur la route menant à Liré (ma première visite à mon arrivée à Nantes, chez Du Bellaye. J'avais visité le Mont Palatin avant Nantes !) via Le Nom de la rose d'U. Eco. Je passerai bien plus tard plus d'un an en compagnie d'Abélard.

http://journals.cambridge.org/action/displayAbstract?fromPage=online&aid=6665216

jeudi 30 mai 2013

"le désastre LOUVOIS. Quand je dis « désastre », je pèse mes mots. "

http://static.acteurspublics.fr/all/uploads/file/2013/05/28/dicours-nancy-ledrian.pdf

http://www.acteurspublics.com/2013/05/28/jean-yves-le-drian-evoque-le-desastre-louvois

"Depuis de nombreux mois, le logiciel de paye des militaires accumule les ratés, occasionnant tout aussi bien des trop-perçus que des manques à gagner sur les salaires. Lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 16 avril dernier, le directeur des ressources humaines du ministère de la Défense, Jacques Feytis, avait mentionné que le dérapage informatique avait conduit à verser 106 millions d’euros en trop aux militaires"

http://www.opex360.com/2013/04/26/louvois-apres-les-soldes-versees-en-retard-il-faut-maintenant-rembourser-les-trop-percus/
http://secretdefiance.com/louvois-steria/
http://lesensdeletat.fr/les-dysfonctionnements-de-louvois/

Ah les bugs ! vive l'anglais ! un bug ce n'est pas une erreur, ce n'est pas une faute. Un bug ne peut être scandaleux.

Certains ont pris l'affaire par l'humour :
"Tout s’explique: en fait, l’Etat a « colocalisé » le département payement au Maroc. Celui-ci, qui a vu ses services téléphoniques débordés, a trouvé une société sous-traitante en Roumanie. Problème: là-bas, les employés ont réclamé une hausse de 15% de leur salaire afin de compenser la hausse de l’inflation européenne. Du coup, la tâche a été confiée à des Polonais. Cependant, ceux-ci se sont mis en grève car leur salaire a été bloqué sur les comptes de la banque du Vatican, elle-même prise en otage par un hedge-fund. Incapable de faire face à ce problème, les Polonais ont eux-mêmes délocalisé en Belgique. Sauf qu’en Wallonie orientale, les ordinateurs sont tombés en panne. Ils n’avaient plus de scotch pour les rafistoler. Face à l’ampleur de la crise, on s’adresse donc à une société fictive basée en Thaïlande. Cependant, à cause d’un problème de décalage horaire, les dossiers ont transité par une douane turque qui a dérouté le chargement vers la Grèce. Aux dernières nouvelles, la banque Grecque chargée du traitement des salaires n’a pas tenu ses comptes à jour, pensant qu’il s’agissait d’une nouvelle aide économique de la France.
LOL"


Je viens de rencontrer un informaticien qui intervenait dans mon établissement comme vacataire, il m'a dit que les banques manquaient cruellement d'informaticiens qui soient capables de travailler sur les "mainframe" i.e. sur les gros systèmes informatiques (par exemple IBM), qui soient capables de faire autre chose que des interfaces, de la cosmétologie. Il m'a parlé de jeunes informaticiens "gameboyers". 
J'ai constaté depuis plus de 15 ans que nos étudiants n'avaient plus de stage portant sur des applications informatiques fondamentales pour l'entreprise comme ce fut le cas. J'ai constaté, lors de séjours en entreprise , qu'il n'y avait parfois qu'une seule personne capable d'intervenir sur "le noyaux" d'une application. Et maintenant ces personnes partent en retraite.
J'ai constaté aussi que les programmes d'enseignement ont suivi la pente de la facilité. Et j'ai répété qu' "on" allait le payer...Mais il faut des clients dans les universités super markets. 
Triste quand on sait qu'il y a bien peu d'emplois actuellement. 
Même si "on" nous répète qu'il y a plein d'emplois non pourvus. Oui il y a des emplois qui supposent que l'employé payé au smic, faisant des tas d'heures NON payées, soit obligé de faire un emprunt pour s'acheter la voiture nécessaire dans l'emploi...ou d'avoir des parents qui financent l'entreprise. Etes-vous allé, vous qui répétez vos discours à la radio et à la télé et dans les journaux, sur le site de Pôle Emploi ? Avez-vous demandé à Pôle Emploi de vous donner ces offres d'emploi non pourvues ?
Cet hiver, il y avait des emplois dans certaines stations de ski : une semaine par-ci, une semaine par-là. Au smic. Il restait à payer le train, l'hôtel...et votre loyer dans votre ville de résidence située à 500 km de la station de ski. 
Vous pouvez aussi vous lancer dans de nouvelles études. Faut ce qu'il faut. Et pendant 3-4 ans vous faîtes la manche à l'entrée de l'école avant les cours.

Tiens, Le Monde découvre les faux étudiants boursiers. Comme si c'était nouveau. Bien sûr qu'il vaut mieux être faux étudiant boursier qu'être diplômé dans le domaine de son emploi, avoir le "statut cadre", travailler au moins 60 heures par semaine, ne jamais avoir deux jours de congé de suite, connaître son jour de congé la veille du congé, et être payé au smic. Et puis il faut de grosses universités ! "on" nous répète que c'est nécessaire pour notre avenir radieux !

http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/article/2013/05/27/l-universite-face-aux-faux-etudiants-boursiers_3417985_1473692.html
Et on trouve même des entreprises "modèles" aidées par nos impôts, comme Amazone dont nous parlait ce matin Philippe Meyer sur France culture :
http://www.franceculture.fr/emission-la-chronique-de-philippe-meyer-chronique-de-philippe-meyer-2013-05-30

 
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