Affichage des articles dont le libellé est Alexandre Vialatte. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Alexandre Vialatte. Afficher tous les articles

samedi 21 septembre 2019

Notre Vialatte quotidien : " Rien ne vaut de loger dans un château "

" Rien ne vaut de loger dans un château. Il suffit d'avoir habité quinze ans ou seize ans dans une HLM avec quatorze ou quinze enfants pour se rendre compte de la différence. L'HLM est une erreur de jeunesse. On ne sait pas où mettre la plante verte, on écrase les pieds des enfants, les lapins vivent dans la baignoire, le grand-père sur une étagère, à la place des tomates qu'on ne sait plus où ranger. La vraie formule, telle que l'enseigne l'expérience, la vraie formule est la vie de château. La vie de château s'impose d'autant plus aujourd'hui qu'elle décongestionne les grands centres et permet de vivre à la campagne où l'air est sain.
Le problème n'est d'ailleurs pas récent : Zozime le Panopolitain demandait déjà si les hommes de son temps "continueraient à bâtir des maisons dans la ville ". Il en trouvait l'habitude malsaine. Je ne saurais donc trop conseiller la vie de château. L'homme n'habite plus assez les palais, les manoirs, les donjons, les gentilhommières "

Alexandre Vialatte, chronique du 29 octobre 1963

https://fr.wikipedia.org/wiki/Zosime_de_Panopolis

"
Zosime de Panopolis, (grec : Ζώσιμος ὁ Πανοπολίτης), alchimiste et gnostique né à Panopolis (auj. Akhmîm) en Haute-Égypte au IIIe siècle, est l'un des plus grands représentants de l'alchimie de langue et culture grecque. Né dans le sud égyptien, il doit aussi avoir vécu à Alexandrie. Les historiens situent sa vie aux environs de l'an 300, durant la période romaine1,2.
Avec les alchimistes de son époque, il revient à Zosime le mérite d'avoir transformé les appareils rudimentaires de distillation de l'Antiquité en véritables alambics opérationnels. Les manuscrits de Zosime qui nous sont parvenus sont illustrés de dessins d'alambic et donnent pour la première fois une description de leurs différentes parties.
Zosime a jeté les bases de ce qui constituera l'alchimie de langue arabe et l'alchimie médiévale européenne, pendant près de quinze siècles. Suivant sa doctrine, toutes les substances étaient composées d'un soma (corps) et d'un pneuma (partie volatile, esprit). L'opération alchimique de base consistait à séparer par le feu, notamment grâce à la distillation et la sublimation, l'esprit du corps. Il s'agissait ensuite de recombiner les esprits avec une substance de base (nommée l'eau divine, c'est-à-dire le mercure) afin d'obtenir l'or et l'argent, les métaux nobles par excellence qui ne s'altéraient pas au contact de l'air et de l'eau3. Non pas pour la vaine poursuite d'un enrichissement personnel, mais pour une quête spirituelle de la perfection intérieure et une recherche des principes constitutifs de la matière. Par la distillation, l’alchimiste cherchait à séparer l’esprit du corps de la substance, tout comme les Gnostiques de l’époque, s’efforçaient de libérer l’âme humaine prisonnière du corps matériel.
Zosime a été très fortement influencé par l'hermétisme et le gnosticisme, deux courants de pensée florissants à son époque."

C'était la citation pour les Journées du Patrimoine 2019

mercredi 21 août 2019

Notre Vialatte quotidien : " La France n’est qu’un souvenir d’enfance "

 » La France n’est qu’un souvenir d’enfance. Chacun la découpe à son gré. « 

Alexandre Vialatte, La dame du job, Le livre de poche, biblio, page 98

Notre Vialatte quotidien : » Le paysan prisonnier » d’A. Vialatte, dit par Jacques Dufilho



Sous l’oeil attentif et amusé d’Alexandre VIALATTE, Jacques DUFILHO interprète un de ses textes « Le paysan prisonnier ». Émissions TV, Archive tv, Archive television, tv replay live, live music, french tv Images d’archive INA
Institut National de l’Audiovisuel

Notre Vialatte quotidien : " Sur la fin des caniculaires journées "


 » Nous cultivions la peur, nous cultivions le vertige, soit par désœuvrement, soit par goût du frisson. Sur la fin des caniculaires journées, nous contemplions les jardins, les rails du chemin de fer, la passerelle de la gare, et rien n’exprimera jamais pour moi l’aridité ni la mélancolie d’une façon aussi aiguë que le topinambour solitaire qui dressait sa rosace jaune au bord du ballast enfumé près de la gare des marchandises . »
Alexandre Vialatte, La dame du Job, page 60


« L’avocat et voyageur Marc Lescarbot, qui embarque en 1606 à La Rochelle avec son ami Jean de Poutrincourt, atteint la colonie française de Port-Royal où Champlain lui fait découvrir le tubercule. Il en évoque le type, soit « une sorte de racine, grosse come naveau ou truffe » — d’où son autre appellation « Truffe du Canada » — « ayans un gout retirat des cardes, voire plus agreable, lesquelles plantées se multiplient come par dépit, et en telle façon que c’est merveille« . Il en rapporte en France en 16073,4.
Sa diffusion en Europe se développe rapidement grâce à sa culture facile, sa rusticité et sa forte multiplication végétative, même dans des sols pauvres. Il est appelé poire de terre dans le Traité des aliments de Louis Lémery en 17025.
Ce tubercule à la mode est mis à l’écart à la fin du XVIIIe siècle lorsque la promotion de l’agronome Antoine Parmentier fait de la pomme de terre, aliment plus calorique, la reine des tubercules6.
Durant la Seconde Guerre mondiale, sa consommation augmente, car le topinambour, tout comme le rutabaga (Brassica napus subsp. rapifera), n’est pas réquisitionné7 au titre des indemnités de guerre à verser à l’Allemagne – à la différence de la pomme de terre.
Le topinambour a longtemps gardé une mauvaise réputation : utilisé pour nourrir le bétail ou associé aux aliments de disette et aux souvenirs de guerre dans certains pays d’Europe, ses détracteurs le qualifient de mou et fade. Sa richesse en fibres et en inuline peut engendrer des flatulences. Au début du XXIe siècle, ce tubercule suscite un regain d’intérêt dans le cadre de l’engouement pour les légumes oubliés. Il est notamment réhabilité par des chefs de cuisine et sur les marchés où il est vendu parfois sous l’appellation d’« artichaut de Jérusalem »8.

dimanche 18 août 2019

Notre Vialatte quotidien : les aucubas

" les aucubas aux feuilles plates, cirées comme un linoléum et tachetées de blanc comme si un plâtrier les avait aspergées de lait de chaux. "

La Dame du Job,  Le livre de poche, page 82

 Description de cette image, également commentée ci-après




" Une propriété peu connue du linoleum est son pouvoir bactéricide. Les travaux scientifiques[réf. nécessaire] sur la destruction des bactéries au contact des principaux matériaux de construction, ont démontré que le linoleum constitue un revêtement de sol susceptible, de façon absolument durable, de détruire les micro-organismes déposés sur sa surface et particulièrement ceux apportés par les chaussures. Cette propriété très curieuse du linoleum ne peut passer inaperçue à une époque où l'on cherche par tous les moyens à protéger la santé publique, et surtout en luttant préventivement contre les épidémies et les maladies contagieuses."

vendredi 28 décembre 2018

Notre Vialatte quotidien : l'homme n'est pas fait pour se régler sur les leçons de l'expérience.

" Car l'homme n'est pas fait pour se régler sur les leçons de l'expérience. Où en serait-il ? Il n'existerait plus. S'il vit encore, c'est qu'il peut oublier, en coiffant un chapeau pointu, sur des ruines noires qui fument encore, vingt millions de morts et son prochain trépas.

C'est pourquoi il faut déplorer que l'année commence sur une mauvaise nouvelle : M. Mamadou Rodolo, qui est le président du syndicat des sorciers de l'Afrique du Sud, vient d'augmenter fâcheusement ses tarifs : il demandera trois livres poour rendre intelligent, quatre livres pour envoyer au ciel et cinq livres pour rendre amoureux. L'intelligence va disparaître et personne n'ira plus au ciel : on n'y trouvera que des nouveaux riches. "

Alexandre Vialatte, chronique du 28 décembre 1965

Notre Vialatte quotidien : L'homme est devenu environnaire

" Dans le roman on n'en est même plus à ne le chercher que dans les caves de son subconscient, mais à l'expliquer tout entier par les objets qui l'environnement. L'homme est devenu environnaire. On l'a remplacé par un trou.
Il est à vendre à un collectionneur de trous. Il y en a un en Amérique, sur les bords du lac Michigan. C'est un monsieur avec une grande barbe ; un milliardaire très important. Peut-être en donnerait-il très cher. Il achète tous les trous du monde. Il l'exposerait sur un socle en velours vert, entre un tunnel et un puits de mine, avec les tickets perforés.
Il l'ornerait d'une étiquette en ronde. il le regarderait en fumant de gros cigares.
Mais que n'attendre de la Noël ? Il reste une raison d'espérer. C'est par les trous que passe la lumière.
Et c'est ainsi qu'Allah est grand. "

Alexandre Vialatte chronique du 21 décembre 1965

Notre Vialatte quotidien : C'est le schéma de Noël au bout de l'hiver.




"  Les habiles Suédois fabriquent, avec deux ou trois fils de cuivre et quatre angelots en métal découpé, un gadget étonnant qui tient dans une enveloppe et qu'on peut monter en deux secondes, comme le barnum des marchands forains. il tient du dessous-de-plat à musique, des chevaux de bois, du kiosque turc et des mobiles de Calder. Quatre petites chandelles qu'on allume font tourner à l'air chaud, autour d'un mât, une roue horizontale où sont accrochés des angelots. Les angelots sonnent de la trompette. Fictivement. En réalité, ils portent une tringle mobile, accrochée à leur main. Au passage, elle heurte un timbre. Une lueur, une dorure, un tintement. C'est le schéma de Noël au bout de l'hiver. "

Alexandre Vialatte, chronique du 21 décembre 1965

samedi 3 novembre 2018

Notre Vialatte quotidien : " pour les amateurs d'annexion de la Nouvelle-Calédonie "


L´épopée de Guillaume Douarre (1810-1853)

 " Pour les amateurs d'annexion de la Nouvelle-Calédonie, je dirai donc Mgr Douarre. Il était de Job, ou de La Forie ; son père, un pauvre ouvrier papetier. Un jour, il monte sur un pilon de la papeterie ; il pouvait bien avoir huit ans. Le pilon se met en action. Il manque de tomber dans la cuve et tourner en pâte à papier. A l'heure présente, tatouage effrayant, nous écririons peut-être encore sur le cadavre de Mgr Douarre ; on le distribuerait à la poste ; l'idée d'un corps si plat impressionne l'esprit. Dans une telle passe, à cheval sur son marteau, il fait vœu de se faire missionnaire. Il en réchappe. On le nom évêque. Évêque de quoi ? de l’Océan, d'îles à chercher. Évêque d'un diocèse introuvable. Évêque de rien. Il y  va. Il plante un drapeau sur sa case. Les anthropophages l'examinent. Nulle civilisation. Ces affreux paroissiens mangent de l'homme le vendredi. Mais, comme il est très maigre et protégé de Dieu, tout fibreux, à force de jeûnes (et d'une fibre bien auvergnate sur laquelle les dents s'émoussent, sauf peut-être celle de Kaeppelin, mais Kaeppelin n'est pas encore né), il en échappe par un miracle à la gourmandise des fidèles. L’Église le blâme de son drapeau qu'elle taxe de nationalisme. Mais douze années plus tard, la France annexe l'île. Cent ans plus tard, c'en est le centenaire ; et Pourrat en fait un livre, L'Épopée de Guillaume Douarre, à paraître prochainement. Si bien que deux ministres et le nonce du pape viendront à Ambert, cet été, fêter tant d'îles, de folklore et de Nouvelle-Calédonie. "


Alexandre Vialatte, chronique du 23 décembre 1952

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Kaeppelin

"l rencontre Alexandre Vialatte en 1945 en Allemagne8, lors de la fin de la Seconde Guerre mondiale, où tous deux y étaient correspondants de guerre. Cette amitié durera jusqu'au décès de Vialatte en 1971. Leur correspondance sera en partie éditée, et Alexandre Vialatte, dans ses chroniques journalistiques, évoque à plusieurs reprises le travail de son ami Kaeppelin. Il l'évoquera aussi, accompagné de ses sculptures, lors de son passage en 1969 à la télévision, durant l'émission de Remo Forlani L’Invité du dimanche.

Leur amitié déborde sur le travail de Kaeppelin, puisque pour ses œuvres sculptées d'animaux, ses bestiaires, Vialatte invente des noms pour ces animaux fantaisistes8, et ensemble, à partir de ces noms, en font ensuite des sortes de définitions cocasses. Ce travail croisé sur les bestiaires de Kaeppelin seront édités par deux fois : en 1969, avec une préface de Vialatte, et en 1983. Ces bestiaires seront aussi exposés à diverses reprises.

Dans Bestiaire de Philippe Kaeppelin, Alexandre Vialatte écrit :
« Kaeppelin est sculpteur jusqu’à l’os. Il n’imagine que par volumes. Il ne voit jamais qu’avec ses doigts. Il refait la réalité… La réalité frappe son regard, puis sort de ses doigts, réinventée comme une plaisanterie monstrueuse. Ironique, caricaturale, bougonne, cocasse et tourmentée. C’est pourtant elle, à n’en pas douter. Poétique, lyrique, compliquée : simplifiée en même temps. Synthétique et charmante. Elle tient du cauchemar, de Daumier, de l’humour noir, et du rire d’enfant. »
Philippe Kaeppelin réalise une sculpture de la tête de Vialatte, en son hommage9 : elle est exposée en extérieur, près de la gare d'Ambert (Puy-de-Dôme), où a vécu l'écrivain, et où il est inhumé."

https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Kaeppelin

mardi 16 octobre 2018

Notre Vialatte quotidien : " Peine perdue, on n'est pas parvenu qu'à créer un roman sans lecteur. C'est un genre connu depuis longtemps ! "

" On a tout essayé pour trouver du nouveau : le roman sans histoire, le roman sans personnages, le roman ennuyeux, le roman sans talent, peut-être même le roman sans texte. La bonne volonté a fait rage. Peine perdue, on n'est pas parvenu qu'à créer un roman sans lecteur. C'est un genre connu depuis longtemps ! La chronique le signale déjà à l'époque de Charles le Chauve ; il flortissait au temps de Boileau [...]
" L'avenir, vient de dire un éditeur célèbre, l'avenir est au papier blanc. " "

Alexandre Vialatte, chronique du 17 octobre 1961

jeudi 5 juillet 2018

Notre Vialatte quotidien : " On ne peut plus être célèbre sans que tout le monde le sache "

Alexandre Vialatte, chronique du 28 septembre 1954

Notre Vialatte quotidien : "Les anglais sont timides, charmants et monotones. '

"Les anglais sont timides, charmants et monotones. Un peu comme du veau de choix dans une assiette de fleurs. Le français doit tirer son charme de lui-même, l'anglais le tire de l'Angleterre. Et c'est toujours le même, mais on ne s'en lasse jamais. Car il repose comme un fauteuil de cuir, en face d'un bouquet de roses qui se reflète dans une table à côté de la théière d'argent. Les anglais ont des souliers jaunes qui sentent la litière de pur-sang ; ils les agitent sur des pelouses en tapant sur des boules avec de longs bâtons. Ils font bouillir le gigot du mouton et le mangent avec de la menthe. Ils parlent un langage que personne ne comprend. Bref, ils sont purement britanniques. Debout sur les pattes de derrière, ils contribuent avec le kangourou à faire de notre brumeuse planète un astre étrange et merveilleux peuplé d'êtres inexplicables.
Ils se réveillent avec le besoin injustifiable de commencer par manger des pruneaux et de faire circuler sur leur peau des brouillards froids, gluants et jaunes, ce qui relève des moeurs de fantômes de cimetière.
Ils ne ressemblent à rien, et d'abord pas à l'homme. Ils sont loin de l'homme et près d'eux-mêmes. Et, par exemple, ils ne font pas pipi. (Nul texte anglais, du moins, n'a jamais fait mention d'une habitude si dégradante.) Ou alors ils ne le savent pas. S'ils l'ont appris, comme me la affirmé une vieille demoiselle écossaise, ce ne peut être que tout récent. Jusqu'alors ils n'en savaient rien ; ou n'en éprouvaient pas le besoin. Ou alors ils trouvaient la chose trop indécente.. On se demande comments ils ont pu se retenir jusqu'au XXe siècle.
Où sont passés les ivrognes de Hogarth, les énergumènes de Shakespeare ? les escogriffes et les monstres du XVIe ? Peut-être pas tellement loin. Je pourrais en dire certaines choses. Je ne le ferai pas, car j'adore les Anglais. Où serait le plaisir d'aimer sans l'injustice ? Ce que nous donnons de meilleur, c'est la partialité. "


Alexandre Vialatte, chronique du 24 août 1954

Notre Vialatte quotidien : " Le moustique vrombit sur les eaux, la chaleur s’étend sur le monde. "

» Le moustique vrombit sur les eaux, la chaleur s’étend sur le monde.  » Le tisserand est plus mal qu’une fourmi : ses genoux touchent son estomac et sa bouche ne goûte jamais l’air.  » Ainsi parlait déjà la  » satire des métiers  » vingt siècles avant Jésus-Christ. La campagne, autour des blés mûrs, n’est plus que vipères, cailloux, nids de guêpe, piqûres d’insectes et coups de soleil. Le citadin fuit les guerres mondiales, qui se passent presque toujours aux champs. Le jardinier se trempe tout nu dans la benzine pour échapper à l’aoûtat ; l’aveugle qui vole ses carottes le devine maintenant à quinze mètres à son odeur de lampe Pigeon. Le cheval reste à l’écurie ; l’Egyptien agite son chasse-mouches ; le kangourou s’éponge le front et met une canette dans sa poche. Résumons-nous : c’est la saison de la carludovice palmée dont la négresse au teint bronzé extrait le chapeau de panama.  »
Alexandre Vialatte, chronique du 7 juillet 1959
Nos jeunes lecteurs – potentiels ! – ne savent peut-être pas ce qu’est une lampe Pigeon. C’est que leurs parents voulant leur économiser des efforts lors de leur décès, alimentent les déchetteries municipales de tous ces objets anciens. Il est loin le temps où on électrifiait les lampes Pigeon.
S’ils sont nantais peut-être qu’ils ont été menés de force par leur enseignant au Parc du Grand Blottereau pour voir la carludovica palmée.
https://jardins.nantes.fr/N/Information/SeveInfo/liste/1401.pdf
La carludovica palmée fait partie de la famille des Cyclanthaceae

Notre Vialatte quotidien : " En un mot, l’Auvergnat est un Breton de montagne, le Breton un Auvergnat de la mer…"

Pour l’édification de notre Président de la République, l’Emmanuel, voici :

« Les Bretons habitent à Paris. Ils y sont au moins neuf cent mille ; les autres habitent en Bretagne, où ils ont inventé le lit clos.
Ils naissent dans un placard, m’écrivit un ami, vivent en mer, et meurent dans l’alcool.  (Certains aussi vivent dans l’alcool et meurent en mer).
J’eus le tort de publier dans un journal d’Auvergne cette information erronée. Et d’ailleurs élogieuse, car rien n’est plus glorieux que de vivre ou mourir en mer, ni plus folklorique que de naître dans un placard chanté par Théodore Botrel. Quant à boire, ce fut toujours un aimable défaut ou une nécessité pressante : l’Irlandais s’en fait une réclame, le légionnaire s’en vante, le marin en a besoin. Et on ne saurait reprocher de se tuer lentement à des gens que la mer ou le feu vont tuer tout de suite. Tristan Corbière serait entièrement de mon avis.
Un hebdomadaire breton ne m’en accusa pas moins de diffamer le Finistère… Ce qui déplaisait le plus à cet hebdomadaire, c’était que ce qu’il prenait pour une accusation (et qui n’était qu’un vif éloge) lui vînt d’un journal auvergnat. Le coup lui semblait fratricide : l’Auvergnat n’est-il pas une espèce de Breton ? Ne jouent-ils pas tous deux de la cabrette ? Ne sont-ils pas tous deux folkloriques ? En un mot, l’Auvergnat est un Breton de montagne, le Breton un Auvergnat de la mer… «
Alexandre Vialatte – Antiquité du grand chosier, 1984

lundi 4 juin 2018

Jean Rolin, Prix Alexandre-Vialatte 2018 avec Le Traquet kurde


"
L'auteur a été distingué pour son dernier roman, Le Traquet kurde, paru le 4 janvier chez P.O.L.
Le prix Alexandre-Vialatte 2018 a été attribué, jeudi 5 avril, à Jean Rolin pour Le Traquet kurde, paru le 4 janvier chez P.O.L. Doté de 6 105 euros par le groupe La Montagne/CentreFrance, soit "la somme de la hauteur du Puy-de-Dôme et de la longueur du Fleuve Congo", ce prix a précisément recompensé cette année un roman dont le point de départ se situe en Auvergne.

En 2015, un ornithologue du Puy-de-Dôme tente de comprendre comment le traquet kurde, une espèce jamais vue en France, est arrivé dans sa région. Il se lance sur les traces de l'oiseau et se rend dans les montagnes du nord de l'Irak. Dans son avant-critique, Olivier Mony met en avant "l'humour très pince-sans-rire" ainsi que "l'érudition naturelle" de Jean Rolin qui "se régale de ces drôles d’oiseaux-là".

Le jury du prix est composé de Jean Brousse, Laurence Cossé, Emmanuel Hoog, Philibert Humm, Eric Neuhoff, Elisabeth Philippe et Pierre Vialatte. En 2017, c'est Eric Vuillard qui remporta ce prix pour 14 juillet, paru chez Actes Sud. "

samedi 19 mai 2018

Notre Vialatte quotidien : » Nous supplions nos amis britanniques de nous dire les projets de la princesse. Nous ne savons rien depuis hier soir. Ce suspens est intolérable. »

Si je ne me trompe, il doit y avoir un mariage princier chez les Grands Bretons. Je suis peu informé car mon coiffeur en haut de la rue Pierre de l’homme à St-Yrieix n’offre pas à lire à ses clients « Point de Vue, Images du Monde », le magazine qui a contribué à ma culture internationale grâce aux coiffeurs. Et pourtant ça fait un moment que je n’ai pas beaucoup de cheveux sur le caillou.


 » Le roman le plus réussi, le best seller en ce moment, est une œuvre de journalistes, un produit collectif et international : le roman de Margaret d’Angleterre. Le Daily Mirror américain écrit :  » Nous supplions nos amis britanniques de nous dire les projets de la princesse. Nous ne savons rien depuis hier soir. Ce suspens est intolérable.  » En un mot le public trépigne, dilate les yeux, serre les dents, fronce les sourcils, appelle au secours, trépigne encore, comme un enfant pressé du besoin de faire pipi.
C’est le triomphe de l’industrie selon la formule américaine qui est de créer des besoins au public. Jamais l’homme n’avait éprouvé nécessité aussi urgente en même temps qu’aussi peu naturelle. D’habiles commerçants l’ont donnée à tout le monde. Ils l’assouvissent pour le prix d’un journal, en laissant du sel sur la plaie. Si bien que le lendemain on est redemande encore. C’est le Coca-Cola, qui donne soif au buveur.
Quand on pense que les Français ont coupé le cou de leur Marie-Antoinette ! Quelle légèreté ! Il faut toujours garder une reine aux républiques. C’est le seul journalisme sérieux.  »
Chronique 143 du 25 octobre 1955
J’avais 9 ans.
Sur la princesse Margaret :

jeudi 1 février 2018

Notre Vialatte quotidien : l'éléphant (suite)

" Théorie de l'éléphant

L'éléphant est irréfutable, prétendait Alexandre Vialatte dans une chronique de La Montagne. Mieux ! Il est polyglotte et il a lu Carl Schmitt. Des scientifiques du Sussex ont découvert que les éléphants d'Afrique savaient identifier les différents langages humains. Ils déduisent ainsi que le groupe d'hommes à l'approche dans les hautes herbes appartient à une tribu amie ou malintentionnée. Ils distnguent par exemple la langue des Masais, chasseurs immémoriaux, de celle des cultivateurs kambas, qui ne chassent pas. "

Sylvain Tesson,  Une très légère oscillation, Journal 2014-1017, Equateurs

https://fr.wikipedia.org/wiki/Carl_Schmitt
http://www.liberation.fr/debats/2016/08/03/carl-schmitt-le-penseur-de-l-ennemi_1470100

samedi 20 janvier 2018

Notre Vialatte quotidien : L'Auvergnat

Citation extraite de "Chirac, Une vie" de F-O Giesbert, Flammarion

Pompidou... Avec son poil noir et son œil de braise, il correspond tout à fait au portrait-robot de l'Auvergnat établi par Alexandre Vialatte, orfèvre : 

" L'Auvergnat se compose en gros de la tête, du tronc et des membres. Avec la tête, il pense l'économie ; avec les membres, il la réalise ; avec les mains, il la met dans le tiroir."

dimanche 14 janvier 2018

Notre Vialatte quotidien : "C'est la grande méthode"

" "Où allons-nous ?" demande le gendarme, dans un film, à son brigadier. "Je ne sais pas", répond le brigadier. Il ajoute : "Allons-y franchement".
Tout est là. C'est la grande méthode.
Et c'est ainsi qu'Allah est grand. "

Alexandre Vialatte, chronique du 11 octobre 1955

samedi 13 janvier 2018

Notre Vialatte quotidien : " Ils en reviennent dans un état indescriptible."

" en Allemagne  [...] la direction de l'Opéra donne deux places pour une aux critiques gras. Mais il y en a qui crient encore. C'est quand les places ne sont pas l'une à côté de l'autre. Ils en reviennent dans un état indescriptible.
Et c'est ainsi qu'Allah est grand. "

Alexandre Vialatte, chronique du 24 novembre 1959
 
Site Meter