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samedi 14 décembre 2013

Mai 1968, Faculté de droit de Nantes

"Le Comité de grève, réuni dans la salle des professeurs, recevait le Doyen, Claude Dupond-Pronborgne, flanqué des quelques professeurs qui ne s'étaient pas tirés, suivis d'un paquet de maîtres-assistants et d'assistants penchant plutôt de notre côté. Sans autre forme de procès nous avions convoqué le Doyen - avec la dose de grossièreté qui sied à une assemblée dont c'était le seul ciment -  pour vingt heures, afin qu'il prenne acte de nos exigences. Pas question de négocier avec lui, même si nous n'étions d'accord sur rien, sauf de maintenir la mobilisation, il devait bouffer sa cravate. Sans protester, le Doyen et son dernier carré avait tout avalé. Tous arboraient le col ouvert, le tableau était pathétique. Tous à plat ventre, même Salin, l'un des futurs thuriféraires des papes de l'Ecole de Chicago nous donnait du cher collègue. Mais si eux étaient pathétiques nous, nous étions lamentables. Nous pratiquions une forme très primaire de langue de béton brut mal décoffré, grisâtre, granuleuse, du genre de celle qu'on utilise pour se lester avant de se jeter à la baille un jour de désespoir sans fond. «  Sous les pavés, la plage... » Nous étions à cent lieues de la poésie de nos graffitis." Vers onze heures, face à l'enlisement, je pris deux initiatives majeures : ouvrir en grand les fenêtres - le nuage de notre tabagie atteignant la cote d'alerte - et proposer une pause casse-croûte. Pervenche, avec son sens inné de l'organisation, à moins que ce fusse son atavisme de fille de chef, nous avait fait porter par le chauffeur de son père – sans doute était-ce là une application directe de l'indispensable liaison entre la bourgeoisie éclairée et le prolétariat qu'elle appelait de ses vœux – deux grands cabas emplis de charcuteries, de fromages, de pain et de beurre, de moutarde et de cornichons, de bouteilles poussiéreuses de Bordeaux prélevées dans la cave de l'hôtel particulier de la place Mellinet. Rien que de bons produits du terroir issus de la sueur des fermiers des Enguerrand de Tanguy du Coët, nom patronymique de mon indispensable Pervenche. Quant au Bordeaux, le prélèvement révolutionnaire s'était porté sur un échantillon représentatif de flacons issus du classement de 1855. Face à cette abondance, la tranche la plus radicale du Comité hésitait sur la conduite à tenir : allions-nous nous bâfrer en laissant nos interlocuteurs au régime sec ou partager avec eux notre pitance ? Ces rétrécis du bocal exigeaient un vote à bulletins secrets. A dessein je les laissais s'enferrer dans leur sectarisme. Sans attendre la fin de leur délire je sortais un couteau suisse de ma poche, choisissais la plus belle lame et tranchais le pain. Face à ce geste symbolique le silence se fit. De nouveau je venais de prendre l'avantage sur les verbeux, leur clouant le bec par la simple possession de cet instrument que tout prolo a dans sa poche. Eux, l'avant-garde de la classe ouvrière, à une ou deux exceptions près, en étaient dépourvus. Dupond-Pronborgne étalait sur sa face suffisante un sourire réjoui : il exhibait un Laguiole. Je lui lançais « au boulot Doyen, le populo a faim ! » Spectacle ubuesque que de voir notre altier agrégé de Droit Public embeurrer des tartines, couper des rondelles de saucisson, fendre des cornichons, façonner des jambons beurre avant de les tendre à des coincés du PCMLR ou des chtarbés de l’IS ? les situationnistes de Guy Debord. Nous mâchions. Restait le liquide et là, faute de la verroterie ad hoc, nous séchions. Se torchonner un Haut-Brion au goulot relevait de la pire hérésie transgressive dans laquelle, même les plus enragés d'entre nous, ne voulait pas tomber. Que faire ? Face à cette question éminemment léniniste, nous dûmes recourir à l'économie de guerre, c'est-à-dire réquisitionner les seuls récipients à notre disposition soit : trois tasses à café ébréchées, oubliées là depuis des lustres ; deux timbales en fer blanc propriété de deux communistes de stricte obédience qui les trimballaient dans leur cartable, un petit vase en verre soufflé et quelques gobelets en carton gisant dans une poubelle.  "

source :
http://www.berthomeau.com/article-chap-12-kiev-quant-au-bordeaux-le-prelevement-revolutionnaire-s-etait-porte-sur-un-echantillon-repre-121438674-comments.html#anchorComm

Un blog qui va occuper plusieurs de nos journées. A déguster.

lundi 5 mars 2012

Cité Universitaire Descartes, 1968

Je viens de prendre en photo une diapositive en la tenant au bout des doigts devant l'objectif de mon appareil photo numérique ... avant de faire le montage décrit sur le précédent message.

C'était le tirage des rois dans ma chambre à la cité U de Poitiers. Le bon temps. Nous étions copains avec les femmes de ménage qui venaient prendre le café chez chacun de nous à tour de rôle. Et elles nous faisaient même notre lit (chut !) - on ne leur a jamais demandé ! l'idée ne nous serait pas venue à l'esprit.
Il est vrai que nous n'étions jamais allés à l'hôtel.
Une de ces gentilles dames nous a même invités à déjeuner un dimanche pour partager le repas avec son mari et ses enfants.
Trois ans plus tard, alors que je m'étais arrêté sur la route de Limoges à Nantes, elles m'apprenaient que les étudiants étaient devenus hautains, ne leur parlaient plus, les prenaient pour leur bonne. Certains arrivaient à la cité U en leur demandant de porter leur valise à leur chambre.
Ben couillon ! trois ans après mai 68 !
Quelle révolution !

dimanche 4 janvier 2009

Le blog de Marcel Gauchet

Je lis sur le blog de Marcel Gauchet
http://gauchet.blogspot.com

Allez-y...

" Vous êtes issu d’un milieu modeste : votre père était cantonnier et votre mère couturière. Quelles valeurs, quelle éducation vous ont-ils transmis ?

Marcel Gauchet : Les valeurs traditionnelles de la civilisation villageoise, colorées chez ma mère par le rigorisme catholique, le travail d’abord, la fidélité à la parole donnée, la discrétion, le quant à soi. Avec le recul, je suis pétri d’admiration pour le courage et l’abnégation qui étaient ceux de ces gens, pas seulement mes parents, mais les autres alentour.

L’École normale d’instituteurs à Saint-Lô, une formation de professeur des collèges, est-ce la période où vous forgez vos premières convictions ?

L’École normale d’instituteurs était un milieu humain privilégié par l’ouverture sur la société, le métier, le syndicalisme. C’est là que j’ai découvert cette chose qui n’existait absolument pas dans mon village : la politique. Nous étions à la fin de la guerre d’Algérie. J’ai été jeté dans le bain. Je dois dire que je n’ai guère varié depuis sur quelques convictions fondamentales.

Par exemple ?

La première fois de ma vie que j’ai vu des communistes en chair et en os, dans une réunion syndicale, je suis devenu anticommuniste, tellement j’ai été horrifié par leurs manoeuvres. J’ai compris d’un seul coup ce que voulait dire démocratie. J’avais un sentiment progressiste fort, la révolte de la jeunesse, un tempérament radical, mais en même temps j’ai toujours été retenu par l’allergie à l’autoritarisme militant et le refus d’imposer quoi que ce soit. Je me suis découvert en un mot radicalement démocrate. Je le suis resté…

Ces années-là sont aussi celles de Mai 68. Comment les avez-vous vécues ?

Mai 68, pour moi, c’est la mise en action de la démocratie radicale. Je me suis formé dans la mouvance d’extrême gauche qu’on peut dire « conseilliste », qui cherchait une alternative au communisme stalinien. Et voici que tout d’un coup ce désir de prendre ses affaires en main se répand dans toute la société ! C’était fabuleux ! Tout le monde se sentant le droit de discuter de tout ce qui le concerne, c’était la preuve que nous ne rêvions pas tout éveillés. Je garde de 68 le souvenir d’un moment de rare bonheur collectif où même la violence n’était somme toute pas méchante et joyeuse. L’illusion était bien sûr de croire qu’un moment d’exception peut devenir la règle. Il n’empêche, il a montré qu’on pouvait être bien en société. "

J'ai bien aimé cette lecture.

dimanche 23 mars 2008

"Les murs ont la parole"

J'ai vu que l'on rééditait, Les murs ont la parole (dont la couverture est sur ce bloc-notes), Tchou, Editeur, 1968, Préface de Julien Besançon.

Je viens de le relire alors que mai 2008 s'annonce.

Quelques extraits :
- Exagérer c'est commencer d'inventer
- J'ai quelque chose à dire mais je ne sais pas quoi
- Déboutonnez votre cerveau aussi souvent que votre braguette.
- Parlez à vos voisins
- Déculottez vos phrases pour être à la hauteur des sans culottes.


et celle-ci que je trouve toujours d'actualité (on peut remplacer Sorbonne par ....)
- Vous occupez vos loisirs à la Sorbonne. Vous occupez la Sorbonne à loisir.

samedi 22 mars 2008

Mai 1968, la chronologie sur un site sur les CRS

ICI

Paris en mai 68, Poitiers autour et alentours de 68

Je suis parti de Poitiers avec un ami de la Cité U Descartes (son père était gendarme).
Nous avons fait la route en stop. Le stop, je l'ai beaucoup pratiqué pendant mes études ... ainsi que le solex.
Nous sommes arrivés à Paris par une belle après-midi. C'était notre premier séjour à Paris. J'avais fait en stop le tour de l'Europe mais pas vu Paris.
Je me souviens du Louvre, de Notre-Dame ...
Notre premier lieu visité fut la Halle aux Vins (la fac de sciences). ...
Je me souviens de discussions près de la fontaine à bas du Boul'mich. Un vieux monsieur polytechnicien dont le père était ouvrier agricole et qui grâce aux instits, au profs du lycée était devenu ingénieur discutant avec des étudiants au sujet de l'"université de classe", de l'"université bourgeoise"... Ca discutait partout ...
Nous avons fait le tour des lieux dont parlait la radio. L'Odéon, la fac de droit d'Assas. Nous avons passé la nuit à dormir dans la fac. La nuit a été tranquille.
Nous étions dans la cour de la Sorbonne quand De Gaulle a fait son discours. Nous avions dû aller au bureau des Katangais. J'ai perdu mon "autorisation de photographier" qui me fut octroyée alors. Mon copain avait peur qu'on lui demande ses papiers qui portaient son adresse : une gendarmerie.

Nous sommes partis voir la manif sur les Champs Elysées suite au discours de De Gaulle. Je me souviens que dans la Sorbonne il y eu une certaine débandade.
Je ne sais plus où nous avons pu dormir la seconde nuit. Peut-être que nous n'avons dormi qu'une nuit à Paris. Nous avons beaucoup marché. Je n'ai pas connu le métro !
Quand l'essence est revenue, les relations dans les rues furent moins sympathiques. J'ai raconté ici notre retour en stop à Poitiers.

A Poitiers, je me souviens d'une AG où se sont pointés bien des étudiants que nous avions rarement vus sur les bancs des amphis. En 68, entrait en vigueur une loi qui disait qu'on ne pouvait faire la première année (les deux premières années) en plus de 4 ans (ou quelque chose d'approché). Alors les étudiants concernés (j'en connaissais de vrais fils de riches bourgeois), ont été pour la suppression des examens. Nous étions plusieurs à ne pas apprécier. Ceux qui travaillaient un mois pendant les vacances puis pendant un autre mois voyageaient. Et qui étaient reçus à la première session.
Les profs (démagos, je l'ai compris en septembre) n'ont rien dit ou ont suivi la majorité de l'AG faisant comme si ils étaient d'accord avec des revendications comme celle leur demandant d'éviter la loterie de certains sujets d'examen : un sujet sur un chapitre ou même seulement un paragraphe d'un cours. Il y eu de beaux discours. Même des discours relatifs à la pédagogie (!?).

Et en septembre, les sujets distribués furent ... ceux de juin. Sans doute pour économiser du papier et protéger des arbres.

Ma première manif en 68 fut de passer sous les amphis de la fac (face à Notre Dame la Grande) avec des panneaux sur lesquels était inscrit : " point, retour à la ligne". Mais tous les cours ne tombaient pas sous cette critique ! Mais beaucoup ressemblaient à une dictée.

Je me souviens que Hughes Aufray devait faire un concert (il me semble sur la place de la fac de droit) et qu'il fut annulé et remplacé en discussion. Mais c'est vague dans ma mémoire.

Tout n'était pas bon avant 68. Il n'y avait pas de stages, les TD (quand il y en avait) en sciences éco (sauf ceux de maths et de proba) n'avaient de TD que le nom. Je me souviens. L'assistant (qui ignorait ce que faisait le prof en cours) distribuait lors de la première séance, une liste d'exposé et demandait qu'on lui donne une liste d'affectation. Puis fixait le calendrier des exposés. Avant la fin de chaque séance, il s'assurait que l'étudiant qui devait faire le prochain exposé serait bien présent. Lors de la séance, il n'y avait aucune critique (je connais de mes étudiants qui auraient très apprécié !), aucun conseil. Pas d'information sur les débouchés (j'ai eu de telles infos quand j'ai fait l'IAE). En sciences éco on était formés pour devenir ministre des finances !
Quelques uns d'entre nous, avaient passé un concours des Impôts. Ils étaient payés pour suivre la licence. Ils avaient quelques cours aux Impôts par mois. Et s'ils n'étaient pas reçu au concours à la fin de la licence, ils étaient libres de faire ce qu'ils voulaient.

Mais finalement, on a dû se débrouiller et comme j'ai enseigné l'informatique à une époque où dans ma spécialité, il n'y avait pas de livres, j'étais ...formé !
C'est aussi parce que j'avais vécu cela en fac que j'ai choisi d'enseigner en IUT où j'ai pu travailler (le terme est trop dur !) en toute liberté et pleine responsabilité. Et ma formation m'a bien servi. Je me sers toujours de tous les cours. L'enseignement qui manquait est celui de logique. Et surtout un apprentissage de l'abstraction à partir du réel. J'ai été particulièrement choqué par des "modèles économiques" où un épsilon "expliquait" 80 % du phénomène. Disons un esprit d'ingénieur. Ou un peu plus de science. En fait, la France avait des ingénieurs économistes de très bon niveau. Mais l'enseignement n'avait guère évolué.

A la Cité U

J'étais président de l'asso des résidents de la Cité U Descartes (Monsieur Bouffard en était le directeur), le CERCUD (cercle des résidents de la CU Descartes). A Poitiers j'ai vécu à la Cité U Rabelais puis à la Cité U Descartes. J'en suis très fier. A la Cité U je me souviens des GTU (Groupes de Travail Universitaires) dans les "salles de travail". En mai, je me souviens des dimanches où des carabins commençaient à travailler dès 4- 5 heures du matin. Quand on en avait marre, l'un de nous allait chercher un copain pour une partie de ping-pong et une bonne suée.

Mercier (étudiant en droit, frère d'un ancien Grand-Maître de l'Ordre du Bitard (L.S.T)) a monté une discothèque où il y avait pas mal d'orgue dont il était amateur. Nous avions obtenu un abonnement au Monde où Jacques Fayau m'a trouvé une annonce d'un stage "Connaissance de la Suède". Un stage extra organisé par l'Université de Stockholm (participants divers dont des députés français). M'intéressant aux tarifs publics (mon mémoire a porté sur Déficit et tarification à la Sncf), j'ai pu rencontrer le ministre des transports ...
Nous avons organisé l'expo des dessins du Canard Enchaîné.
Quand j'étais en DES, j'ai été veilleur de nuit à la Cité U (pas très longtemps : le matin je n'arrivais pas à me réveiller et le boulanger trouvait la porte close quand il portait le pain pour le petit déj). Veilleur de nuit, j'en ai vu des choses ...
Je me souviens d'un étudiant (?) japonais qui liquidait plusieurs bouteilles de cognac (Napoléon, napoléon était ce qu'il connaissait le mieux en français) par jour. Sa chambre en était pleine. Un jour de chaleur, il reçut une "bombe d'eau" (je ne sais si cela se pratique toujours) ... et tira avec une arme à feu en direction de la fenêtre d'où était partie la "bombe"...

Je me souviens que certains entraient avec un fille mais passaient à quatre pattes pour se cacher du veilleur. Et pourtant, ils étaient majeurs pénal. Ils étaient bons pour le service. Et j'avais des étudiants dans ma promo qui avaient frôlé la guerre d'Algérie ...
Je me souviens du veilleur de la Cité Rabelais et ses "ben couillons", "vingt dieux la belle église", du "bizuth magnan" qui les soirs de printemps faisait le tour de la cité en proclamant "dormez dormez braves gens, que le seigneur Dieu vous ait sous sa sainte garde". Et des semaines estudiantines, du Grand Bitardier ramené des bois de Chanteloup sur un tonneau tiré par un cheval pour défiler dans Poitiers. Des visites nocturnes aux Moines de Ligugé et des discussions philosophiques autour des verres servis par les moines, des "déjeuners" sur la Pierre Levée. ... des "Monsieur l'étudiant" des coiffeurs, des commerçants ...

De l'époque d'avant le self-service au RU. Les filles ne devaient pas aller chercher l'eau (sinon concert de cuillères sur les pots à eau métalliques). Elles devaient donc se mettre à des tables mixtes. J'ai appris beaucoup de choses à table au RU, surtout quand je tombais à une table de carabins rentrant de gardes.


P.S.
Je n'ai pas entendu sur les ondes radio cette vérité mathématiques : 68 a annoncé 69 !
Le chanteur n'a pas manqué de le remarquer !

La numérologie, voila la science qui doit pénétrer nos universités. Si elles veulent être "au monde", "dans le monde". Madame le Ministre, à vos comités théodules. Pas de problème pour trouver des membres. Bien des profs seront fort heureux de quitter leurs classes pour les lambris du ministère.

P.S. Et la "société de consommation" ?
Quid 40 ans après ? et dans l'"après 68". Succès ou échec des discours ?

vendredi 21 mars 2008

Diderot cette semaine dans la collection du Monde

et ça me rappelle ce merveilleux spectacle "Le neveu de Rameau" aux Estivales du Chalard cet été.

Et l'anniversaire de 68 ... me rappelle cette époque où le film La religieuse avait fait scandale.

Article d'Elisabeth Badinter dans Le Monde de ce jour et de Patrick Samzun

Demain à Talensac, avec le chevreau, le choux nouveau, ... il y aura les Pensées philosophiques, Lettre sur les aveugles, Entretien entre d'Alembert et Diderot, et le Supplément au voyage de Bougainville.

pourquoi Foucault refusait que l'on donne le diplôme à tous les étudiants

Paul Veyne, ami de Michel Foucault :
"En fait, "la révolution", "la société idéale", [...] ce n'était pour lui que balivernes et fariboles. Il m'a dit un jour : "A Vincennes, j'ai vécu dans une bande de demi-fous" [...] les gens ne comprenaient pas pourquoi Foucault refusait que l'on donne le diplôme à tous les étudiants [...]
Le Monde de ce jour

Aujourd'hui, je sais pourquoi ... pour avoir des clients pour Bac + 2, + 3 + 4 + ...et des sous. Et comme les clients ont compris ...

Le mauvais monnaie chasse la bonne ...

Dans l'article ...Nietzche et Foucault ... ("Un enfant de Nietzsche" écrit Roger-Pol Droit

La vie étudiante à Poitiers années 64-68

ICI

jeudi 20 mars 2008

40 ième anniversaire de Mai 68

Qui a commencé le 22 mars...

Mes pages et mes photos sur ce bloc-notes sont ICI

Les photos sur le site de Presse Océan

Un site sur toutes les manifestations de 2008 sur 68

Des écrits sur mai 68 à Poitiers ?
ICI

Des souvenirs sur le site du Nouvel Obs

mercredi 13 février 2008

Il y a 40 ans comment ceux du lycée Darnet nés en 1946 ont-ils vécu Mai 1968

Nous recensons vos témoignages.
  • Les bonnes choses
  • Les mauvaises
  • Où étiez-vous ?
  • Que faisiez-vous ?
  • Les anecdotes
  • Vos archives
  • Ce que cela a changé éventuellement dans vos comportements

A vos claviers, à vos scanners...

vendredi 4 mai 2007

Mes Lagarde et Michard






En 68, il fut de bon ton de les critiquer. Chaque époque a son "politiquement correct" !

Aujourd'hui, ils sont hors critique. Ils ont été remplacés par ? Est-ce mieux !
(oulala, je suis en train de me faire cataloguer.
Alors soyons courageux :
  • mai 68 était peut-être nécessaire dans notre pays qui aime les crises. L'enseignement d'avant 68 n'avait pas que du bon. Je me souviens de "Cher jeune collègue, vous allez faire votre premier cours. Croyez-en un ancien : écrivez votre cours avec des lettres de grande taille, car, en vieillissant, la vue baisse." J'en ai connus qui étaient une dictée de ce que l'on pouvait trouver dans un livre (livre que le prof avait emprunté dans les B.U. afin que les étudiants ne mettent pas la main dessus) et j'avais proposé de remplacer bien des profs par des conférences de comédiens de la Comédie Française.
  • mais il y a eu pas mal de conneries. Mais je ne suis pas sûr qu'elles ne viennent pas plutôt de la "société de consommation" qui n'a pas déplu aux générations post-68. Dans les années 80, l'injure était "intello"et bien peu se sont opposés à ce discours. Le jeunisme a fait des dégâts. On voit ce que ça a donné.
Nota : en fait, ce ne sont pas mes Lagarde et Michard, ma soeur me les ayant piqués. Je m'en suis acheté des nouveaux avec ma première paye (Tintin et Lagarde et Michard !)

P.S. : il faut que je retrouve Le Moyen-Age

mardi 1 mai 2007

Les 3 de Mai 68, que sont-ils devenus ?

Etonnant ! celui qui manifestait, entre autres choses, contre les concours, les inspections ... est devenu inspecteur général de l'éducation nationale.
Ce qu'il en dit :
"Jacques Sauvageot, qui fut l’un des animateurs du mouvement étudiant de mai 68, considère, pour sa part, que cette période appartient désormais à l’histoire de France. Pour lui, mai 68 est un véritable « mythe fondateur » à la source « des radios libres comme du féminisme, de l’émergence de la société civile comme de la critique du socialisme réel ». Jacques Sauvageot dit aussi que ce « mouvement très politique n’avait aucune réponse politique à apporter au mouvement ouvrier ». Il juge également que « le pouvoir n’a jamais été à prendre ». Son image d’ancien leader des barricades est symbolisée par une photo devenue historique qui le montre, entouré de Daniel Cohn-Bendit et d’Alain Geismar. « Je ne les ai jamais revus depuis mai », dit Jacques Sauvageot." site Le web de l'Humanité

Il a déposé un fonds de documents au CHT (Centre d'Histoire du Travail) de Nantes

Une photo des 3
nous ne savons de qui est la photo.

Et puisque St-Nazaire n'est pas loin d'ici, une rencontre avec Gaby Cohn-Bendit créateur du lycée expérimental de St-Nazaire.

Une association Le GERME
"Créé en juin 1995, le GERME a vocation à
regrouper toute personne qui
mène, dans un cadre universitaire ou non,
des recherches sur les mouvements étudiants
et de jeunes, dans la diversité de leurs
approches disciplinaires et problématiques.
Association de chercheurs, ..."

lundi 30 avril 2007

Mai 68

Je ne retrouve pas les affiches de mai 68 que j'avais rassemblées. Mais j'ai retrouvé ces deux livres. Quand on lit ce qui se trouvait sur les murs c'est indigent. Bien peu de perles !
J'ai acheté le livre de l'Atelier Populaire en juin 68. On y trouve le procédé de sérigraphie pour les affiches. Ce travail a été réalisé au sein de l'Ecole Nationale des Beaux Arts à Paris.

dimanche 18 mars 2007

Mai 68 à Paris









Je ne sais pas ce que j'ai fait de ma collection d'affiches de mai 68, mais j'ai retrouvé quelques photos prises à Paris le jour du discours de De Gaulle de retour de Baden-Baden. J'étais alors dans la cour de la Sorbonne. Pour prendre des photos, j'ai dû obtenir une autorisation écrite des Katangais. J'ai aussi assisté au défilé sur les Champs Elysées.
Nous avions couché deux jours dans des amphis. Je me souviens qu'à la fac de droit, nous avons dormi sur l'estrade et qu'il y avait une horloge qui faisait du bruit à chaque changement de minute !
Le lendemain c'était le w.e. de Pentecôte. L'essence est revenue. L'ambiance a changé ... vous connaissez la suite.

Nous sommes revenus à Poitiers en stop comme nous étions montés à Paris. Le voyage de retour fut un peu pénible : le conducteur avait rempli son coffre de bidons d'essence. Et comme il faisait un temps splendide et chaud ...

Vous trouverez sur le site du café philo de Strasbourg un texte éclatant sur ceux de mai 68.
Un journal d'une militante de mai 68.

Sur les Katangais, cet extrait d'un site consacré à P. Vidal-Naquet :
"Pierre était surtout généreux et attentif aux détours inattendus de l’histoire, En Mai 68, lors de l’occupation de la Sorbonne et alors que nous craignions les manipulations provocatrices de quelques-uns, plus ou moins sollicitées par des éléments de la police pour discréditer le mouvement, nous nous sommes heurtés, pacifiquement, à ceux que l’on a appelés les « Katangais » et qui avaient en tête de mettre le feu aux combles de l’Université, ce qui aurait eu évidemment pour effet, devant la France entière, de déconsidérer le mouvement « ouvriers-étudiants » et de le désigner comme absolument « terroriste ». Avec Madeleine Rebérioux et Pierre Vidal-Naquet, nous avons réuni quelques chèques et quelques billets ramassés auprès d’amis, et nous les avons remis, en pleine nuit, à ces « Katangais » plutôt avinés et excités, pour les amener gentiment à quitter les lieux, ce qu’ils ont fait, fort heureusement ! Cela ne s’oublie pas !"

et une chronologie sur un site consacrée à la police mobile.
 
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