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mercredi 14 février 2018

" Avec une bonne conscience comme seule récompense, avec l'histoire pour juge ultime de nos actes, à nous de diriger ce pays que nous aimons, en demandant la bénédiction et l'aide de Dieu, tout en sachant qu'ici sur terre, son œuvre doit être la nôtre."

Je lis dans L'Architecte, page 243, Keith Ablow, folio, cette citation de J.F. Kennedy

" La bonne conscience étant notre seule récompense assurée, l'histoire étant le juge ultime de nos actes, n'hésitons pas à diriger le pays que nous aimons en demandant Sa bénédiction et Son aide, mais en sachant qu'ici, sur la Terre, l’œuvre de Dieu ne peut être que la nôtre. "

J'ai voulu savoir quand et où Kennedy avait prononcé ces paroles.

Je trouve ici : https://fr.sott.net/article/1195-JFK-les-Bush-et-Le-Roi-perdu

" Avec une bonne conscience notre seule récompense sûre, avec l'histoire comme juge final de nos actes, avançons pour mener le pays que nous aimons, en demandant Sa bénédiction et Son aide, mais en sachant qu'ici sur terre, le travail de Dieu doit vraiment être le nôtre."

Il s'agit de la dernière phrase du discours inaugural de JFK.


En voici la traduction sur le site 


" Avec une bonne conscience comme seule récompense, avec l'histoire pour juge ultime de nos actes, à nous de diriger ce pays que nous aimons, en demandant la bénédiction et l'aide de Dieu, tout en sachant qu'ici sur terre, son œuvre doit être la nôtre."

Je ne me souviens pas d'avoir entendu à l'époque et même après une analyse de cette conclusion.

Étonnante pour un Français.

dimanche 11 février 2018

A Nantes on a décroché Dieu !

Je viens de m'apercevoir - je suis devenu bon, je l'avais prévu un peu en blaguant, je dois le reconnaître ! - que l'Hôtel-Dieu de Nantes a enlevé la grande enseigne bleue (2) (comme le bleu de Marie, j'ai lu mon Michel Pastoureau ) Hôtel-Dieu.
Le bâtiment Hôtel-Dieu du CHU de Nantes (avant)
Nantes est en avance sur Paris, Lyon, Toulouse etc. L'hôpital était appelé ainsi depuis le XVIe siècle. Mais l'histoire se révise, et pas seulement pour les élèves préparant le bacho (mais on ne va bientôt plus préparer le bacho !).

Vous remarquerez que CHU NANTES est écrit en bleu, toujours le bleu, mais il vous faut savoir que ce n'est plus le bleu céleste, le bleu royal mais le bleu neutre, celui de la fée électricité.
"Le CHU, qui cherche à améliorer l’accueil des malades dans ces neuf sites, explique que ce changement répond à un « enjeu d’identification de l’établissement encore difficile, notamment pour les patients non-Nantais ». « De nombreux retours nous ont montré que c’était un point de complexité », explique-t-on à la direction"
Ah ah ! on cherche à améliorer l'accueil des malades ! c'est dingue! non ! ben dame !
Ils devraient avoir honte à Paris, Toulouse, Lyon...
Nantes venait de renommer son "Musée des Beaux-Arts" "Musée des Arts". On progresse dans la modernité bien comprise.
"Le Bon Dieu déconnait. J´ai décroché Jésus
De sa croix : n´avait plus rien à faire dessus."
A Nantes on a fait mieux, on a décroché Dieu. Il est vrai que l'Hôtel en question, était un hôtel de passe. Mais où on trépassait parfois. Et puis, il n'y avait plus de religieuses, ces sœurs de la sagesse qu'avait connues ma mère à Nantes, pour y ondoyer les bébés ou porter la bonne nouvelle du voyage futur au patient sur le départ.
Que va-t-on faire de la chapelle de l'Hôtel-Dieu ? (1)
Résultat de recherche d'images pour "chapelle de l'hotel dieu de nantes"
Brassens a chanté Dieu, le père, la mère, le saint Esprit et les bénitiers. Il était d'un autre temps, celui de ma jeunesse, des guitares sans électricité, des sonos pauvres en ouates, des feux de camp qui polluaient l'atmosphère et faisaient fuir les petits oiseaux.
"Dieu, diable, paradis, enfer et purgatoire,
Les bons récompensés et les méchants punis,
Et le corps du Seigneur dans le fond du ciboire,
Et l'huile consacrée comme le pain bénit,
« Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires »

Et la bonne aventure et l'art divinatoire,
Les cartes, les tarots, les lignes de la main,
La clé des songes, le pendule oscillatoire,
Les astres indiquant ce que sera demain,
« Je ne crois pas un mot de toutes ces histoires. »
[...]
Mais j'envie les pauvres d'esprit pouvant y croire..."
(Georges Brassens / 1921-1981 / Le sceptique)
"Est-il en notre temps rien de plus odieux,
De plus désespérant, que de n pas croire en Dieu ?

Je voudrais avoir la foi, la foi de mon charbonnier,
Qui est heureux comme un pape et con comme un panier.
Mon voisin du dessus, un certain Blais Pascal,
Ma gentiment donné ce conseil amical :
Mettez-vous à genoux, priez et implorez,
Faites semblant de croire, et bientôt vous croirez.
Je me mis à débiter, les rotules à terre,
Tous les Ave Maria, tous les Pater Noster,
Dans les rues, les cafés, les trains, les autobus,
Tous les de profondis, tous les morpionibus...
Sur ces entrefaits là, trouvant dans les orties
Une soutane à ma taille, je m'en suis travesti
Et, tonsuré de frais, ma guitare à la main,
Vers la foi salvatrice je me mis en chemin.
Je tombai sur un boisseau de punaise de sacristie,
Me prenant pour un autre, en choeur, elles m'ont dit :
Mon père, chantez-nous donc quelque refrain sacré,
Quelque sainte chanson dont vous avez le secret !
Grattant avec ferveur les cordes sous mes doigts,
J'entonnai le Gorille avec Putain de toi.
Criant à l'imposteur, au traître, au papelard,
Elles veulent me faire subir le supplice d'Abélard,
Je vais grossir les rangs des muets du sérail,
Les belles ne viendront plus se pendre à mon poitrail,
Grâce à ma voix coupée j'aurai la place de choix
Au milieu des Petits chanteurs à la croix de bois.
Attiré par le bruit, une dame de Charité,
Leur dit : Que faites-vous ? Malheureuses arrêtez !
Y'a tant d'hommes aujourd'hui qui ont un penchant pervers
A prendre obstinément Cupidon à l'envers,
Tant d'hommes dépourvus de leurs virils appas,
A ceux qui en ont encore ne les enlevons pas !
Ces arguments massue firent une grosse impression,
On me laissa partir avec des ovations.
Mais, sur le chemin du ciel, je ne ferai plus un pas,
La foi viendra d'elle même ou elle ne viendra pas.
Je n'ai jamais tué, jamais violé non plus,
Y'a déjà quelque temps que je vole plus,
Si l'Éternel existe, en fin de compte, il voit
Que je me conduis guère plus mal que si j'avais la foi."
(Georges Brassens / 1921-1981 / Le mécréant)
"Quand on rouvre sans clause
Une maison close
Moi je vais la contester
Ma femm' va la visiter
Et l'curé l'habite (Bis)
Mais le Grand Vicaire
De santé précaire
N'a jamais pu la bitter (Bis)
C'est ce qui l'emmerde (Bis)"

(Georges Brassens / 1921-1981 / Le grand vicaire)
"Les bigotes et les bigots
Préparant déjà les fagots
Sans rémission voulaient me faire
Descendre avant terme aux enfers.

En entendant tout ce bordel
Le curé sautant de l'autel
Accourut me sauver la mise
Qui semblait un peu compromise.
Il a dit : « Que Dieu lui pardonne,
Ce qu'il a pris, je le lui donne
Et puisqu'il est pauvre il s'ensuit
que le tronc des pauvres est à lui ».
Et cela dit, ce ratichon,
Ce satané fils de cochon,
Retourna boir'avec délice
Ce qui restait dans son calice.
Et depuis ces péripéties,
Moi qui suis athée, Dieu merci !
Je vais parfois ouïr un bout
De la mess' à ce marabout."
(Georges Brassens / 1921-1981 / Le mécréant repenti)
"Anticlérical fanatique
Gros mangeur d´ecclésiastiques,
Cet aveu me coûte beaucoup,
Mais ces hommes d´église, hélas !
Ne sont pas tous des dégueulasses,
Témoin le curé de chez nous.

Quand la foule qui se déchaîne
Pendit un homme au bout d´un chêne
Sans forme aucune de remords,
Ce ratichon fit scandale
Et rugit à travers les stalles,
« Mort à toute peine de mort! »
Et maintenant quand on croasse,
Nous, les païens de sa paroisse,
C´est pas lui qu´on veut dépriser.
Quand on crie "A bas la calotte"
A s´en faire péter la glotte,
La sienne n´est jamais visée."
(Georges Brassens / 1921-1981 / La messe au pendu)
"Et maintenant, je vous le demande un peu, pourquoi ce dieu qui s'appelle le hasard ne ferait-il pas aussi bien les choses que le Dieu des catholiques, le dénommé Jésus-Christ. S'il ne les fait pas aussi bien, il faudra lui rendre cette justice qu'il ne les fait pas plus mal.
Car, soit dit en passant, les zélateurs de la religion catholique sont bien obligés d'imputer à leur fétiche tout puissant, Jésus-Christ, la conception et la réalisation des sanguinaires mise en scène que sont les guerres mondiales.
Obligés de lui reconnaître une intervention personnelle dans les catastrophes ferroviaires et autres fariboles qui ne constituent pour lui que les plus inoffensifs et dilettantiques passe-temps."

(Georges Brassens / 1921-1981 / Le monde libertaire du 27 septembre 1946 sous le pseudonyme Gilles Colin)
"Le rite qui nous envoûte
S´avère alors anodin
Sans le latin, sans le latin
Et les fidèl´s s´en foutent
O très Sainte Marie mèr´ de
Dieu, dites à ces putains
De moines qu´ils nous emmerdent
Sans le latin

Je ne suis pas le seul, morbleu
Depuis que ces règles sévissent
A ne plus me rendre à l´office
Dominical que quand il pleut"
(Georges Brassens / 1921-1981 / Tempête dans un bénitier)
"Bien sûr, mais il devait défendre son prestige,
Car il était le fils du ciel, l´enfant prodige,
Il était le Messie et ne l´ignorait pas.
Entre son père et lui, c´était l´accord tacite :
Tu montes sur la croix et je te ressuscite !
On meurt de confiance avec un tel papa.
[...]
Cela dit je ne suis pas l´Antéchrist de service."

(Georges Brassens / 1921-1981 / L’Antéchrist)
"On jeta mon Père Noël en bas du toit,
Ça fait belle lurette, et j´en reste pantois.

Premier amour déçu. Jamais plus, officiel,
Je ne suis remonté jusqu´au septième ciel !
Le Bon Dieu déconnait. J´ai décroché Jésus
De sa croix : n´avait plus rien à faire dessus."
(Georges Brassens / 1921-1981 / Les illusions perdues)
"Le clergé vit au détriment
Du peuple qu'il vole et qu'il gruge
Et que finalement
Il juge."

(Georges Brassens / 1921-1981 / Opinion)
"Le ciel en soit loué, je vis en bonne entente
Avec le Pèr´ Duval, la calotte chantante,
Lui, le catéchumène, et moi, l´énergumèn´,
Il me laisse dire merd´, je lui laiss´ dire amen,
En accord avec lui, dois-je écrir´ dans la presse
Qu´un soir je l´ai surpris aux genoux d´ ma maîtresse,
Chantant la mélopé´ d´une voix qui susurre,
Tandis qu´ell´ lui cherchait des poux dans la tonsure ?"

(Georges Brassens / 1921-1981 / Les trompettes de la renommée)
"Et si les chrétiens du pays,
Sans vergogne,
Jugent que cet homme a failli,
Homme a failli.

Ça laisse à penser que, pour eux,
Sans vergogne,
L´Évangile, c´est de l´hébreu,
C´est de l´hébreu."
(Georges Brassens / 1921-1981 / Les quatre bacheliers)
"Et l'un des dernier dieux, l'un des derniers suprêmes,
Ne doit plus se sentir tellement bien lui-même
Un beau jour on va voir le Christ
Descendre du calvaire en disant dans sa lippe
"Merde je ne joue plus pour tous ces pauvres types.
J'ai bien peur que la fin du monde soit bien triste.""

(Georges Brassens / 1921-1981 / Le Grand Pan)
Cette sélection de paroles a été recopiée de
J'ai raté Jacques Brel alors qu'il chantait tout à côté de chez moi à Nantes. Mais je n'ai pas raté Georges Brassens à Paris, à Bobino.
(1) https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/nantes-44000/nantes-la-chapelle-meconnue-du-chu-aux-journees-du-patrimoine-402062
" La chapelle de l’Hôtel-Dieu, accessible par la rue Gaston-Veil, a vu le jour lorsque l’hôpital a été reconstruit, après guerre, et livré en 1964.
Très dépouillée, elle possède peu d’ornements : une statue de Saint-Louis, une de Notre-Dame, un autel en marbre. Ce sont surtout les douze bas-reliefs en pierre de sa façade qui retiennent l’attention. Ils sont l’œuvre du sculpteur Raymond Delamarre (1890-1986). Des scènes de la passion du Christ et des scènes de soins se répondent. En 2009, l’ensemble des bâtiments de l’hôtel-Dieu a reçu le label patrimoine du XXe siècle."
(2) "La querelle entre prélats chromophiles (partisans de la couleur, en tant qu'elle représente le divin, conception des clunisiens) et prélats chromophobes (adversaires de la couleur, en tant qu'elle représente la matière vile et est un artifice futile ajouté par l'homme à la Création, conception des cisterciens) aboutit à la victoire des premiers à la fin du XIIe siècle, les six couleurs principales médiévales (blanc, jaune, rouge, vert, bleu et noir) se diffusent dans la vie sociale, religieuse et symbolique de l'époque. Considéré auparavant comme une simple variété de noir, le bleu acquiert à partir de la fin du XIe siècle une signification autonome : couleur céleste représentée sur le voile de la Vierge obtenu de la pierre azurite"
"Les capétiens font du bleu la couleur royale au XIIe siècle. Parce qu'il est rare et cher ou parce qu'il est la couleur du vêtement de la Vierge, les premiers à l'adopter sont Philippe Auguste puis son petit-fils Louis IX (Saint Louis). Le blason royal porte des fleurs de lys d'or sur champ d'azur."
N'oublions pas qu'en électricité, le bleu c'est le neutre !
https://fr.wikipedia.org/wiki/Bleu

vendredi 2 février 2018

Jean-Luc Marion

Tous les vendredis a-m, je vais à la médiathèque centrale de Nantes. Et je me dirige vers les présentoirs de livres. Ainsi je suis tombé sur

"Brève apologie pour un moment catholique, Grasset, mai 2017."
de Jean-Luc Marion 

Un universitaire académicien.


L'auteur était pour moi inconnu. Mais le fait que le livre soit peu épais, en faisait un candidat pour un a-m, en plus du titre bien sûr !

Je n'ai pas tout compris. Les philosophes, surtout les métaphysiciens, rédigent comme s'ils faisaient un raisonnement mathématique, mais j'aimerais les interrompre après chaque phrase pour leur faire expliciter ce qui ressemble souvent à des sophismes. Pouvez-vous me donner un exemple ? instanciez, instanciez ! Je suis beaucoup mieux les philosophes anglo-saxons.
Heureusement, il est de nombreuses pages accessibles (je parle comme un critique patenté, comme si j'étais une référence !). D'ailleurs La Croix cite les passages accessibles.

https://www.la-croix.com/Religion/Catholicisme/Breve-apologie-moment-catholique-Jean-Luc-Marion-2017-06-15-1200855170

Mais la journaliste ne nous dit pas ce qui m'est apparu essentiel dans le propos de Marion : "la séparation", vite dit, la séparation du spirituel et du temporel qu'il met en avance dans le catholicisme (il aurait pu dire "le christianisme" ?!). Aucun mot sur ce qu'il dit sur la laïcité.

La notice de Wikipedia


"Il est actuellement professeur à l'université de Chicago où il a succédé à Paul Ricœur."

Paul Ricoeur ! ah oui ... Macron !


J'ai vu dans la bibliographie de Marion, ce titre :

Hergé. Tintin le terrible ou l'alphabet des richesses, Hachette, 1996, 2006.

 Hergé - Tintin Le Terrible Ou L'alphabet Des Richesses   de Alain Bonfand

"
Résumé :
Loin des procès souvent intentés à Hergé, qui font de Tintin un porte-parole de diverses idéologies, à distance des interprétations trop savantes des différents albums, ce court essai propose une méditation sur l'étrange fascination qu'exercent les aventures de Tintin sur leurs lecteurs. Tintin n'impose pas d'abord une vision du monde, mais propose une expérience, celle d'un individu qui aborde le monde à partir d'une exigence éthique : le monde se joue en termes de vérité et de mensonge, de fidélité et de trahison, d'amitié et de haine, de bien et de mal. Un alphabet de quelques thèmes obligés des aventures de Tintin (d' amitié à yeti , en passant par mirage et Karaboudjan ) vient confirmer cette lecture. Des extraits de la correspondance d'Hergé apportent des précisions et témoignent de la cordialité de l'auteur envers ses correspondants."

Commentant le magnifique Tintin au Tibet, Marion fait de Tintin, Haddock et Milou la personnification des trois vertus théologales (Foi, Espérance, Charité)...

La semaine prochaine, je tente de me le procurer.


J'ai pris quelques notes que voici (citations des parties faciles !)

"Un monde... où seul le provisoire reste constant" (p. 18)

"Il n'y a plus de crise depuis 40 ans, si crise signifie le moment où il devient possible, et donc nécessaire, de sortir par une décision inaugurale de l'impuissance vitrifiée et du conflit sans issue" (p. 33)

 " quand la crise devient un état ... le premier "choc pétrolier" [date] de 1974 ...il ne s'agit plus d'un état, mais d'une décadence. " (p.32) 

"Nous ne roulons pas même à l'abîme, nous étouffons d'une décadence immobile."

"Par les temps qui courent, on s'égare d'autant plus qu'on court vite" (p. 48)

"les chrétiens ont d'emblée refusé de souscrire au culte de l'empereur païen, et ont ainsi, les premiers, réclamé la séparation des pouvoirs... En fait, sans séparation, le caractère démocratique tout entier d'une société se trouve menacé." (p.57) 

" l'islam ... a toujours contredit le monde judéo-chrétien en récusant la séparation des pouvoirs... D'ailleurs, Rousseau avait parfaitement vu cette opposition radicale, ... "Jésus ...séparant le système théologique du système politique, fit que l'État cessa d'être un ... Mohamet eut des vues plus saines. Il lia bien son système politique, en tant que la forme de son gouvernement subsista, sous les Caliphes ses successeurs, son gouvernement fut exactement un, et bon en cela." ... l'état du contrat social ... comme un quatrième monothéisme, comme le premier monothéisme sans Dieu, le plus abstrait et donc le plus dangereux. "(p.64-66) 

" Nietzsche faisait précéder la définition du nihilisme que nous avons mentionnée par ces mots : « Le nihilisme, état normal. Nihilisme : il manque le but, il manque la réponse au “pourquoi ?”. »  "

Marion fait référence à Mona Ouzouf et à Fénelon (Fénelon,  François de Salignac de La Mothe-Fénelon en Dordogne, celui qui eut le docteur Chirac à son chevet de mourant ) au sujet de Liberté, Egalité, Fraternité
Les notions de liberté, d'égalité et de fraternité sont associées par. Fénelon vers la fin du XVIIe siècle

https://fr.wikipedia.org/wiki/Libert%C3%A9,_%C3%89galit%C3%A9,_Fraternit%C3%A9

Tout à côté, sur le rayonnage, se trouvait  le

"Dictonnaire Nietzche" sous la direction de Dioran Astor, Bouquins, Robert Laffont, 2017

Je l'ai emprunté. J'ai toujours de la peine avec Nietzche. Mais la préface de Dorian Astor m'a plu.

Olala ! deux vieux livres ! 2017 ! mais c'est trop vieux !

mardi 26 septembre 2017

Dieu dans les patronymes

Pour m'endormir et entretenir mes neurones, il m'arrive de rechercher des mots. Hier ce fut les patronymes comprenant le mot "dieu".

Je conseille la lecture de ce texte :

http://www.persee.fr/doc/onoma_0755-7752_1986_num_7_1_947

Depardieu
Dieuleveult
Dieulefit
Dieudonné
Amourdedieu
Boieldieu
Dieulafoy
Dieutefart
Dieulot
Damedieu
Dieulouard

lundi 6 avril 2015

" Il professe que Dieu est une sécrétion du foie "

" Il professe que Dieu est une sécrétion du foie - bon, de prime abord, l'idée est plaisante, mais ce n'est pas la peine d'insister là-dessus. Il n'est rien qu'on ne puisse prouver si on a un point de vue suffisamment limité. "

Dorothy L. Sayers, Lord Peter et l'inconnu, Masque poche, p. 107

samedi 4 octobre 2014

Martin Gardner

http://www.martin-gardner.org/

"Who was Martin Gardner?
First and last, he was a skeptic, who was most well known as a scientific Americanwriter and annotator. This mere mortal was a mathematicianmagician &mysterian, who turned out to be a big inspiration to several generations of people all over the world.
To some, Martin was the best friend mathematics ever had, and to others he was one of the most influential magicians of the last century. He's universally acknowledged as the founding father of the modern skeptical movement, and his written legacy includes over 100 books, from his best selling Annotated Alice to dozens of classics on recreational mathematics and puzzles."
http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_Gardner

Gardner et la foi en Dieu :
http://nbaillargeon.blogspot.fr/2008/11/martin-gardner-le-sceptique-polymathe-4.html

Quelques livres en français de M. Gardner dans ma bibliothèque

- Maths festival
- Maths circus
- La magie des paradoxes

Pour jouer :
http://www.puzzles.com/puzzleplayground/Authors/MartinGardner.htm

vendredi 3 octobre 2014

L'église des athées, la "Sunday Assembly"

http://sundayassembly.com/

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20140930.OBS0671/sunday-assembly-l-eglise-des-athees-debarque-a-paris.html

Déjà un schisme !

"Un an après sa création, en janvier 2013, la Sunday Assembly a connu son premier schisme. Des membres du staff new yorkais quittent la congrégation pour créer leur propre mouvement, Godless Revival. En cause, selon Lee Moore, leader des schismatiques : les réticences de Sanderson Jones à donner une tribune aux militants athéistes. "Nous avons pris le parti d’être radicalement inclusifs", confirme Sanderson Jones. "Je ne crois pas en Dieu mais nous comptons des croyants dans les Sunday Assembly." Un parti pris paradoxalement laïque."

jeudi 5 septembre 2013

Notre vialatte quotidien : Dieu lui-même, qu'est-ce, au fond, qu'un Larousse en plus complet ?

" Les dictionnaires sont de bien belles choses. Ils contiennent tout. c'est l'univers en pièces détachées. Dieu lui-même, qu'est-ce, au fond, qu'un Larousse en plus complet ? "

Alexandre Vialatte, chronique 53 du 22 décembre 1953

vendredi 17 février 2012

Vade retro satanas !

 
De mon correspondant dans le monde des livres que l'on ne trouve pas chez
Carrefour Market :
 
Mgr Tournyol du Clos (pour l'anecdote, c'est le frère de l'actuelle chef
de cabinet du Ministre des Finances), qui est un spécialiste mondial de
Satan, écrit dans son "Guide pratique pour se libérer du diable" (publié
en 2011, et pas au Moyen Age !) :


"Si vous avez été en contact avec l’occultisme, l’ésotérisme, le
spiritisme, l’astrologie, la sorcellerie, la magie, l’hypnotisme, le
reiki, le yoga, la méditation transcendantale, le Nouvel Age et toutes
espèces de sectes ; ou encore avec des pranothérapeutes, soit disant
guérisseurs ou magnétiseurs, qui soignent par imposition des mains, passes
magnétiques ou radiesthésie ou pendule ; Si vous avez rendu visite à des
voyants ou voyantes tels que mages, devins, marabouts ou gourous, à des
cartomanciennes qui lisent dans les cartes ; à des chiromanciennes qui
lisent dans les lignes de la main ou à des nécromanciens qui consultent
les esprits des défunts : Sachez que vous vous êtes adressé à des
individus qui travaillent avec le démon et que vous avez donné à Satan un
certain pouvoir sur vous.
Heureusement pour vous : la Sainte Église Catholique Apostolique Romaine
peut vous sortir de cette impasse".
Je vous épargne le passage où il explique que Satan nous implante une puce
numérique sous la peau. "

Monsignore connaît-il Vade Retro Technology ?
http://www.antispam.fr/fr/?lng=fr
Étymol. et Hist. Av. 1741 vade retro (J. B. Rousseau ds Lar. 19e); 1784 satana, « vade » « retro » (Diderot, Religieuse, p. 150); 1862 vade retro, Satanas (Hugo, Misér., t. 2, p. 681). Mots lat. signifiant « retire-toi, Satan » (vade impér. prés. 2epers. de vadere « marcher, aller »; retro « en arrière, derrière »; Satana(s) forme latinisée du gr. Σ α τ α ν α ̃ ς lui-même empr. d'un mot hébr. signifiant « l'ennemi ») par lesquels le Christ a refusé de se prosterner devant Satan (Matth. 4, 9; Marc 8, 33).
http://www.cnrtl.fr/etymologie/vade%20retro 

Le site de la délivrance :
http://vade-retro.fr/

Et une chanson pour la route :

Si tu chantes: "Mon cul sur la commode"
C'est gagné, t'as trouvé la méthode
Dans six mois tu seras à la mode
Pense pas trop, vade retro

J'ai vu la petite église
Tout près du doux caboulot
C'était au temps des cerises
Pense pas trop, vade retro

La rengaine, c'est la même depuis les Grecs et les Ostrogoths
Et on danse, on avance à reculons comme dans un tango
On tourne en rond, on revient au départ
On voit sortir la nouvelle vague du fond d'un vieux tiroir

Si ta petite amie met les robes
Qui allaient à Cléo de Mérode
C'est pas pour le plaisir, c'est la mode
Pense pas trop, vade retro

J'ai vu les rois du pétrole
Flamber à Monte-Carlo
Tiens-tiens, c'est les années folles
Pense pas trop, vade retro

La rengaine, c'est la même depuis les Grecs et les Ostrogoths
Et on danse, on avance à reculons comme dans un tango
On tourne en rond, on revient au départ
On voit sortir la nouvelle vague du fond d'un vieux tiroir

Chacun a sa belle époque
Pour lui, c'est le rococo
Pour toi, c'est le temps du rock
Pense pas trop, vade retro

Joe Dassin

" Et le désir s’accroît quand l’effet se recule " !

lundi 28 février 2011

Dieu

"Dieu créa les hommes à son image, cela signifie certainement que l'homme créa Dieu selon la sienne."

"Notre monde sera un jour assez éveillé pour qu'il soit aussi ridicule de croire en un Dieu, que de croire aujourd'hui aux fantômes."


Lichtenberg (grand philosophe allemand de la fin du XVIIIe siècle).

jeudi 2 avril 2009

ASSOMAT

Association pour les études matérialistes

http://www.assomat.info/


Bien, mais ce ne m'empêchera pas de prier pour qu'il fasse beau la semaine prochaine pour pouvoir passer la tondeuse !

Pendant que mon voisin priera pour qu'il pleuve car ses semis ont besoin d'eau.

Alors qui va gagner ?

mercredi 16 avril 2008

La théière de Bertrand Russell


"Si je suggerais qu'entre la Terre et Mars se trouve une théière de porcelaine en orbite elliptique autour du soleil, personne ne serait capable de prouver le contraire pour peu que j'aie pris la précaution de préciser que la théière est trop petite pour être détectée par nos plus puissants télescopes. Mais si j'affirmais que, comme ma proposition ne peut être réfutée, il n'est pas tolérable pour la raison humaine d'en douter, on me considérerait aussitôt comme un illuminé. Cependant, si l'existence de cette théière était décrite dans d'anciens livres, enseignée comme une vérité sacrée tous les dimanches et inculquée aux enfants à l'école, alors toute hésitation à croire en son existence deviendrait un signe d'excentricité et vaudrait au sceptique les soins d'un psychiatre à une époque éclairée ou de l'Inquisition en des temps plus anciens."


"Is There a God?", Illustrated magazine, 1952

jeudi 3 janvier 2008

"Dieu domine le débat présidentiel américain

La foi éclipse tous les autres sujets."

Voila ce que c'est quand on n'a pas de "foie" gras comme sujet de campagne !

dimanche 22 avril 2007

La théorie du bordel ambiant (Roland Moreno)

R. Moreno est l'inventeur de la carte à puce (cette carte not invented here (here : les USA, qui doivent toujours en être au fer à repasser...mais Gem+ est devenue un boîte US...)).

Ce que j'ai trouvé de meilleur dans ce livre, ce sont les citations.

On y apprend que "Le testament d'un vieux professeur anglais pose un problème presqu'insoluble à la justice des hommes.
M. Ernest Digweed, enseignant à Portsmouth a en effet légué sa modeste fortune de 30 000 livres à Jésus-Christ à condition que le Sauveur revienne sur terre d'ici à 80 ans. Prévoyant le pire, l'auteur du testament a ajouté une clause selon laquelle la somme reviendrait au Christ, augmenté des intérêts.
Ses héritiers terrestres, de lointains cousins, ont attaqué le testament en justice et demandé que le pécule destiné au Seigneur leur soit chrétiennement échu en partage.
Mais les exécuteurs testamentaires, d'honnêtes fonctionnaires, sont bien ennuyés : il s ne disposent d'aucun critère pour refuser d'allouer la somme à celui qui se présentera en affirmant être le fils de Dieu. " (page 151)

et


"S'ils sont conformes au Coran, ils sont inutiles ; s'ils sont contraires au Coran, ils sont pernicieux." (Amr Ibn el As en 645 au sujet des livres de la bibliothèque d'Alexandrie qui fut incendiée.)

lundi 19 mars 2007

Dieu, un itinéraire

Mes notes sur Dieu, un itinéraire de Régis Debray, Odile Jacob, 2001

22 juillet 2004-07-22

les n° renvoient au n° de la page du livre.

« Si la langue orale est un don des dieux, l’écriture est une création humaine » Les Sumériens
p. 19

« A trop répéter que la science s’occupe du comment et la religion du pourquoi, le comment du pourquoi replonge dans le noir » p. 20

« La chaire est le centre du temple protestant car c’est l’église de la parole. L’autel est le centre de la chapelle catholique, car c’est l’église des sacrements » p. 21

« Les Sémites en tiennent pour l’unité psychosomatique de l’être humain. Préférons-les aux Grecs. En veillant à recoller l’objet au sujet, le pratique au symbolique, et l’utile à l’adorable. »

« ipsum esse subsistens » pur acte d’exister p. 22

« Veritas filia Temporis » Bernard de Chartes

« Dieu est impensable sans l’écriture essentiellement et la roue accessoirement, qui réduisent de plusieurs crans la dépendance de l’homme à l’espace naturel (la roue) et au temps naturel (l’écriture). Tardif est l’Unique parce que tardives furent ces prothèses qui renvoient à certaines manières de circuler et de mémoriser, dépendantes elles-mêmes d’écosystèmes bien particuliers. » p. 36

« L’homme descend du singe mais Dieu du signe et les signes ont une histoire longue. » p. 36

« Le boudhisme, religion sans Dieu quoique féconde en déités (et visant à l’Eveil, état proche du divin) gagne dans l’Occident postindustriel la place laissée vacante. » p. 40

« Monolâtre est qui choisit un dieu de prédilection tout en admettant l’existence de concurrents. (…) Unique pour Israël, c’est un dieu de préférence aux autres pour lui tout seul.). Unique en soi et dans l’absolu, c’en est une autre. » p. 47

« Les précurseurs sont ceux qui viennent après » Canguilhem , p. 48

« C’est en faisant jouer ses articulations, au prix de quelques petites douleurs d’amour-propre, qu’on peut se débarrasser des crampes ou faux plis de la pensée (…) » p. 50

« Même avec Dieu en haut, s’il n’y a pas d’eau en bas, il n’y a pas de monastère. » p. 52 citant un moine.

« L’accès à la transcendance n’est pas dans l’immensité des choses mais dans leur miniaturisation » p. 57

« Nos Chartreux ont leur ‘désert’ dans les contreforts alpins. Car en pays tempéré on peut mettre son Sinaï dans la neige, pourvu qu’on soit à l’écart, en combinant le stérile et l’escarpé ». p. 61

« anachorèse comme anabase, c’est passer d’un niveau inférieur au supérieur » p. 61

« Les Egyptiens avaient assez de maîtrise technique pour inventer le char, mais ils n’en avaient pas un besoin impérieux, les embarcations leur suffisaient. L’utilisation du cheval et du char n’est indispensable que sur un sol dur et plat. » p. 69

« Le nomade a le sens de la propriété mais pas celui de la frontière » p. 75

« Car la tolérance, le bien suprême, est d’abord un luxe, lequel dépend des rapports de force. » p. 76

« Gyrovague » moine errant p. 77

« Qui fuit la ville en fera tôt ou tard une autre » p. 77

« le monastère – institution ô combien paradoxale puisque dérivant de ‘moine’, monos, l’homme seul » p. 77

« Pour l’inscription au ‘patrimoine de l’humanité’, il est des supports à éviter. » p. 79

« Mais l’Unique aurait-il pu résister aux outrages et aux orages sans une lyophilisation préalable par l’écrit ? » p. 79

« Revanche du sec sur l’humide. Les palmes font la vie plus belle, les épines la font plus longue. » p. 81

« Si l’Europe médiévale avait été végétarienne, la pensée de l’Antiquité nous aurait échappé très largement, il n’y aurait pas eu d’humanités, voire d’humanisme. » p. 81

« Conseil à Prométhée : éviter les climats tropicaux ; trop de maintenant, pas assez de maintenance. », p. 82

« On ne connaît pas de société purement orale qui ait une notion de l’Eternel. Entre mythe et poésie, ces sœurs ennemies, le Dieu des Révélations jaillit en Parole, mais celle-ci ne prend force de Loi, sur la durée, que par la Lettre. L’écriture est la manufacture du Dieu unique. Qui ne s’exile pas du visible ne rencontrera pas l’Invisible, et l’écriture à son stade supérieur, l’alphabet, recèle pour nous cette vertu théologale ; elle fait décoller l’esprit du monde sensible et soustrait l’Absolu à ses circonstances. Et quand la lettre se dépose sur papyrus, elle le fait circuler du haut au bas de la tribu. Ce détournement d’un moyen d’enregistrement comptable en levier de transcendance devrait engager le Dieu psalmodié sur les voies périlleuses de l’écrit, où l’attendent en embuscade formalisation et argumentation, les prodromes de la Raison critique. » p. 85

« Le monde sémitique aura fait en somme deux dons fondamentaux à l’humanité : Dieu et l’alphabet. Qui reste, quelle que soit sa langue de traduction, l’aleph-bet, le a et le b de l’abécédaire hébreu. Nous en avons bénéficié, nous latins, via le Phénicie, qui l’a transféré au monde grec vers –1000. » p. 89

« Jésus n’a jamais rien écrit (sauf une fois, dans le sable, comme un Touareg). Socrate et Boudha non plus. Qu’est-ce que Dieu, après tout, ‘ce grand mot ténébreux tout gonflé de clarté’, disait Victor Hugo (‘le dépotoir de tous les concepts mal définis’, ajouta Gide) ? Une diphtongue. Un phonème. Et les Ecritures dans le marmonnement sans fin des invocations, une sorte d’envoûtement auditif ? » p. 90

« Ce qui est indiscutable, c’est la direction du mouvement d’ensemble, qui va dans le sens d’une compression croissante moyennant une économie de marques (plus de contenu pour moins de contenant ) » p. 95

« L’homme ne va pas du simple au compliqué, mais l’inverse. Ce délestage porte le nom de ‘progrès technique’, lequel semble poussé en avant par la loi du moindre effort (en faire moins et en avoir plus)» p. 95

« Qui réduit gagne. Progresser, c’est toujours abréger. » p. 97

« papier-monnaie, chèques, carte bleue, chiffres tapotés sur un écran. On a remplacé du lourd indivis par du maniable divisible. Du tangible par de l’intelligible. Du volumineux par de l’émincée. » p. 97

« Nos écritures successives résultent d’un dialogue évolutif entre des structures formelles et du matériel. Dans le cunéiforme, le symbole dialogue avec la terre, origine de la vie. …. » p. 99

« le codex romain, par sa forme même, rigide et carrée, valorise la limite et la clôture (…) L’Occident et ses droites, l’Orient et ses volutes… »

« l’écriture a partie liée avec l’hydraulique. Elle sourd dans les deltas ou le long des fleuves. Là où l’irrigation permet d’aller au delà de la survie au jour le jour, à condition de prévoir les crues, et d’observer les astres. » p. 107

« Culture : ce qui reste de l’agriculture quand la récolte est engrangée. Technologie d’Empire, luxe de riches. Faites pour décompter les stères de grain, les têtes de bétail, et transmettre les ordres du grand Roi. » p. 108

« Avec de bons avocats, ils pourraient déposer plainte contre l’invention alphabétique, sous trois chefs d’inculpation : une démocratisation indue, l’oppression de l’instinct par le concept, et la névrose obsessionnelle. » p. 109

« La simplification alphabétique met les mystères à portée, et place tous les observants sur un pied d’égalité. Trente ou 22 signes au lieu de quatre cents ou cinq cents, c’est maîtrisable par la tribu, et non par une élite, un clergé. (…) Ce que l’alphabet a changé dans l’économie du divin ? Il transforme un sacré ésotérique en service public. » p. 109

« Seul un texte, paradoxalement, peut décontextualiser, et par ce fait, engendrer une croyance dégagée de son inscription spatio-temporelle. »

« Imago, en latin, désignait d’abord le moulage en cire du visage de l’aïeul, que le Romain de haute lignée posait sur l’étagère ou dans une niche de son atrium. » p. 110

« L’écriture fait passer à terme de l’ontologie à la philosophie, et du psaume au sed contra scholastique. » p. 111

« Ne pas connaître les auteurs de la Bible – le Pentateuque étant attribué par convention à Moïse – en accroît la sacralité jusqu’au vertige. C’est l’argument d’autorité du « comme il est écrit », et non, « comme un tel l’a écrit, à tel endroit et tel moment ». »

« le Tétagramme (YHWH) champion toutes catégories de l’abstract »

« Pas de clergé, ni de dogme, ni d’Inquisition en société orale. » p. 114

« C’est le contact désert/syllabaire qui mit la fusée monothéiste feu » p. 115

« En chassant le volumineux, qui entrave le déplacement, l’écrit monothéiste a inventé ce prodige : un Dieu portatif. Or ses adorateurs vont bientôt arrimer la Sainte Parole à une Terre Sainte. » p. 119

« Or Dieu se juchait sur l’épingle, non sur le mastaba. Le meta est côté mini. Telle serait l’ironie de l’Infini. Il préfère les minuscules. » p. 123

« Qui ramasse anticipe. Pas de stock, pas de civilisation. (…) Qu’est-ce qu’un panier – ou une caisse flottante ? Une chose étonnante ; Un artefact (à l’origine, en vannerie) qui sert 1/ à concentrer l’éparpillé, en faisant de l’un avec du multiple, 2/ à véhiculer le tout d’un point à un autre. » p. 130

« toute histoire d’oiseau s’achève par un chat » V. Hugo, p. 147

« Ce n’est pas voir et entendre mais faire voir et écouter qui creuse la différence. Preuve qu’en matière de transmission (dans le temps) et contrairement à la communication (dans l’espace), le direct n’est pas recommandé. C’est la ‘reprise’ qui décide. Ici le ‘temps réel’ est resté sec. » p. 159

« Les chrétiens ont inventé ou intronisé le prospectus, la réclame, le tag, le best-of, l’abstract, le jingle. Et surtout le logo (…) dont le poisson au mur des catacombes reste l’emblème parfait. » p. 172

« Ce qui est cru toujours et par tous a toutes chances d’être faux » P. Valéry, p. 179

« La foi est une déception surmontée, et l’Eglise, une administration raisonnée de la déconvenue » p. 184

« Le christianisme, l’inventeur du moi, a individualisé le rapport au divin, mais s’il était resté un individualisme du salut, il aurait déjà rejoint le musée de l’Homme. » p. 190

«La médiation ecclésiale qui charge le docteur d’expliciter la parole de Dieu portait dans ses flancs une médiation discursive, et à terme rationaliste (…) Elle relativise l’absolu du texte sacré (le christianisme n’est pas un fondamentalisme de l’écrit). Abélard, saint Thomas d’Aquin et nos Universités viennent de là. Et notre classe de philosophie au lycée, scholastique retournée. » p. 194

« Si vous n’avez en stock ni doctrine ni foyer, insérez-vous au moins dans un réseau. » p. 195

« ut cum dicas nove non dicas nova : dis les choses de manière nouvelle, mais n’en dis pas de nouvelles » p. 211

« Il y aurait quelque chose de démoniaque à prétendre qu’une communauté stable puisse être pourvue de hiérarchie » Pseudo-Denys, p. 211

« Ce qu’on te reproche, cultive-le, c’est sans doute ta meilleure part » Nietzsche , p. 214

« Amour de femme et de bouquin ne se chante pas au même lutrin » p. 226

« Gouverner c’est faire croire disait Hobbes repris par Churchill » p. 242

« Claustrum sine bibliotheca quasi castrum sine armamentaria » Godefroy de Sainte-Barbe, p. 252

« Tout protestant fut pape une Bible à la main » Boileau, p. 259

« Ce que sa paroisse est au catho, la famille l’est au parpaillot » p. 270

« novus ordo seclorum » Grand sceau des USA, p. 275

« Annuit coeptis » Dieu favorisa les débuts

« L’image est du domaine de la réalité. Elle ne peut absolument pas transmettre quoi que ce soit de l’ordre de la vérité » J. Ellul p. 299

« demain, quand on pourra devenir à la fois la source et la rivière » p. 304

« Pour l’heure, Père défaillant, auteur évanescent. Nous sommes tous des créateurs (créativité généralisée) ? Plus besoin de Créateur. Nous sommes tous des originaux ? Plus besoin d’Original. Quel dieu verrait la différence, sur nos réseaux numérisés, entre l’original et la copie ? La toile n’a plus besoin d’un démiurge. On peut faire œuvre en brodant. Comment identifier l’auteur d’un texte électronique ou d’un visuel-écran ? » p. 306

« Nos talismans et goupillons, c’est le 18 au téléphone. Ils s’appellent Samu, police-secours, pompiers, sauvetage en mer, etc. » p. 320

« Le Christ était appelé ‘ordinateur’ au XIIIe siècle, terme que Malbranche appliqua également à Dieu. Celui qui dispose les choses suivant un ordre, un rang de succession (…) et auquel nous sommes tous ordonnés (ou subordonnés). » p. 336



samedi 3 février 2007

Dieu et le CNRS

"S'il se présentait au CNRS, Dieu serait collé. Il a fait une manip intéressante, mais personne n'a jamais réussi à la reproduire. Il a expliqué ses travaux dans une grosse publication, il y a très longtemps, mais ce n'était même pas en anglais, et, depuis, il n'a plus rien publié."

Hubert Curien
Le Monde, mercredi 26 juillet 1989
 
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