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lundi 30 mai 2016

Lisons, relisons Montaigne

http://www.bribes.org/trismegiste/es1ch24.htm

Je bois du vin qui vient d'une vigne d'où l'on voit le château de Montaigne. Cette boisson accompagne merveilleusement les écrits de Michel, ce que ne vous disent pas les critiques gastronomiques de la télé.

Vous faites bien d'être passé par ici.

"Il ne convient pas d'aimer le vin modérément : on pourrait croire que vous tenez ce don de Dieu pour peu de chose"

 Michel Eyquem de Montaigne, Les Essais.

Je n'aurais pas dû recopier cette phrase. On va interdire Montaigne ! 

Enfin de la place dans nos programmes scolaires pour Black'M, NTM et autres du même tonneau  que ceux de plus de 60 ans ne savent pas apprécier à leur juste valeur.


Merci à
http://merlerene.canalblog.com/archives/2016/05/30/33869695.html
qui est toujours de bon conseil

et voici un/une interview (du un et de l'une, qui l'emportera ?)  de Michel

http://www.berthomeau.com/article-35245527.html

samedi 6 juin 2015

Comment la médecine progresse

On m'écrit :

"
Je suis dans les archives de Charles V. Rubrique législation pour lutter
contre les chaussures à poulaines. Les "nike air max" de l'époque !

Pour votre histoire des sciences (et en hommage à l'oxalate de calcium
d'Henri), j'ai lu ceci :

Le prévôt de Paris (= préfet) fit attraper un cambrioleur d'églises. Il
est condamné à mort, à la potence de Montfaucon. Avant l'exécution, on
l'examine comme le veut la procédure pénale, et les médecins découvrent
qu'il souffre de la maladie de la pierre. A la demande des médecins, sa
peine de mort est commuée par Louis XI : on l' "ouvre" vif, pour étudier
la maladie (on n'avait pas le droit de toucher aux morts en ce temps-là,
vous savez). S'il réchappe de l'opération, il est libre. S'il meurt, tant
pis pour lui, "la peine de mort sera considérée comme exécutée".

Le détenu accepte.

Le rapport du médecin dit : "on lui a bien replacé les organes après
l'opération, dans le bon ordre, et on l'a recousu très proprement avec un
crin de porc ; la plaie est nettoyée à l'eau de Mirabelle". L'opéré
survit, et, 3 semaines après l'opération, se porte comme un charme. Louis
XI, pour la peine, lui donne une pièce d'or.

Il semblerait que l'opération ait permis de faire des progrès décisifs
dans la connaissance de la maladie.

Vive la médecine de pointe ! Bon week-end,"

jeudi 16 avril 2015

Voyage en Toscane, sur les pas de Montaigne qui soigne sa gravelle (coliques néphrétiques)

- Florence :

"Il se fit ce jour-là deux pierres et force sable, sans en avoir eu autre ressentiment [sensation] que d'une légère douleur au bas-ventre. ...
Nous vîmes là un mouton de fort étrange forme ; aussi un chameau, des lions, des ours et un animal de la grandeur d'un fort grand mâtin, de la forme d'un chat, tout martelé de blanc et noir, qu'ils nomment un tigre. ... On tient que Florence soit la plus chère ville d'Italie."

- Sienne :

- Buoncouvent :

M. de Montaigne désira voir Montalcino, pour l'accointance que les Français y ont eue...

- La Paille (La Paglia) :

- San Lorenzo

- Bolsena

- Montefiascone

- Viterbo

- Ronciglione :

"M. de Montaigne se louait de leur coutume de dîner et de souper tard, selon son humeur, car on n'y dîne aux bonnes maisons qu'à deux heurs après midi, et soupe à neuf heures, de façon que, où nous trouvâmes des comédiens, ils ne commencent à jouer qu' six heures, aux torches, et y sont deux ou trois heures, et après on va souper. Il disait que c'était un  bon pays pour les paresseux, car on s'y lève fort tard. "

- Rome

" Douze ou quinze jours après notre arrivée, il se trouva mal, et pour une inusitée défluxion (écoulement) de ses reins qui le menaçait de quelque ulcère, il se dépucela (osa pour la première fois), par l'ordonnance d'un médecin français du cardinal Rambouillet, aidé de la dextérité de son apothicaire, à prendre un jour de la casse (plante purgative) à gros morceaux, au bout d'un couteau trempé premièrement un peu dans l'eau, qu'il avala fort aisément, et en fit deux ou trois selles. Lendemain, il prit de la térébenthine de Venise, qui vient, disent-ils, des montagnes de Tyrol, deux gros morceaux enveloppés dans une oublie (gaufrette en cornet), sur une cuiller  d'argent, arrosée d'une ou deux gouttes de certain sirop de bon goût. Il n'en sentit autre effet que l'odeur de l'urine à la violette de mars. Après cela, il prit à trois fois, mais non tout de suite, certaine sorte de breuvage qui avait justement (exactement) le goût et couleur de l'amandé (lait d'amende) : aussi lui disait son médecin que ce n'était autre chose ; toutefois il pense qu'il y avait des quatre-semences froides (graines de citrouille, concombre, courge et melon). Il n'y avait rien, en cette dernière prise, de malaisé et extraordinaire, que l'heure du matin : tout cela trois heures avant le repas. Il ne sentit pas non plus à quoi lui servit cet amandé, car la même disposition lui dura encore après, et il eut depuis une forte colique, le 23e (décembre) de quoi il se mit au lit environ midi ; et y fut jusqu'au soir, qu'il rendit force sable et, après, une grosse pierre, dure, longue et unie, qui arrêta cinq ou six heures au passage de la verge...."

"Le vingt-huitième de janvier, il eut la colique, qui (ce qui) ne l'empêcha de nulle de ses actions ordinaires, et fit une pierre assez grossette, et d'autres moindres. "

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cassia
http://www.phytomania.com/cassia.htm

Je me souviens d'un africain (ils étaient rares dans mon enfance à St-Y) qui en vendait les jours de foire

Quand on tape "casse Montaigne" sur Google...on tombe sur le "casse du siècle avenue Montaigne" !

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- Pistoia

- Lucques

- Bains della Villa :

"Le lundi 8 mai au matin, je pris à grande difficulté de la casse (plante purgative) que mon hôte me présenta... je ne pus achever mon dîner ; son opération (effet) me fit rendre ce que j'en avais pris, et me fit vomir encore depuis (après). J'en fis trois ou quatre selles avec grande douleur de ventre, à cause de sa ventosité, qui me tourmenta près de vingt-quatre heures ; et je me suis promis de n'e prendre plus."

etc.

Montaigne nous dit tout. Un journal de voyage qui se lit facilement et avec plaisir.

jeudi 30 mai 2013

Parlez comme dans le poste


"Personne n'est exempt de dire des fadaises. Le malheur est de les dire curieusement."
Mo
ntaigne, Essais, Livre troisième, Chap. premier

Dîtes :

"au jour d'aujourd'hui", que c'est beau, ç'est tendance, ça plait beaucoup au populo
"au final" , finalement, à la fin, au final, ça  occupe les ondes. On attend "à l'initial", poil au moral
"je m'excuse" , ben couillon, vous n'allez quand même pas demander aux autres qu'ils vous excusent ! et moi et moi...
"sur Nantes",  c'est plus mieux que dire "à Nantes"
"impacter", c'est qu'on est fort en ingliche !
"process", processus c'est trop moche
"au quotidien", tous les jours on répète "'au quotidien" et même plus, quotidiennement !
"c'est vrai que", c'est bien vrai ça !
"moi, je", et moi et moi, ça c'est tendance. Pompidou, des sous !
"résilience", ah il cause il cause celui qui a lancé le mot
"tout à fait", la langue d'oc et la langue d'oil sont mortes !


jeudi 9 mai 2013

"Nous avons en France plus de lois que le reste du monde tout entier"


« Nous avons en France plus de lois que le reste du monde tout entier, et plus qu’il n’en faudrait à régler tous
les mondes. Qu’ont gagné nos législateurs à choisir cent mille espèces et faits particuliers et à y attacher cent
mille lois ? Ce nombre n’a aucune proportion avec l’infinie diversité des actions humaines. La multiplication
de nos inventions n’arrivera pas à répondre à la variété des situations. Il y a peu de relation de nos actions,
qui sont en perpétuelle mutation, avec les lois fixes et immobiles. Les plus désirables, ce sont les plus rares,
simples et générales […] ». Montaigne – Essais, Livre III, chapitre 13.

cité dans
http://missionnormes.fr/wp-content/uploads/2013/03/rapport-web-normes-final.pdf

lundi 9 janvier 2012

mardi 23 février 2010

L' "onguent de petit chien"

Un correspondant m'informe :

Je vous donne la recette (connue dans toutes les bonnes pharmacies d'autrefois !) de l' "onguent de petit chien" - je n'invente rien !!! :


Prenez deux petits chiens nouveaux nés.
Coupez-les en 4 morceaux égaux.
Mettez-les dans un pot vernissé, mélangé à une livre de vers de terre bien
vifs, prélevés de frais.
Faites bouillir pendant 12h, jusqu'à ce que les petits chiens et les vers
soient bien cuits.

Cette potion guérit les attaques de nerfs, le mal de dos et la sciatique,
et même les paralysie des membres.


Je vous signale que, si vous n'avez pas de petit chien sous la main, vous pouvez utiliser des petits chats ! Plusieurs apothicaires rapportent que l'effet est le même !

Pour l'anecdote, je vous signale que le chat était classé parmi les "animaux venimeux", au même titre que les serpents, jusqu'à très tard.
Jusqu'au XIXe siècle environ. Cela provient du fait qu'ils étaient utilisés en sorcellerie, bien sûr.
Montaigne rapporte des choses affreuses sur les chats, dans ses Essais. Il en avait très peur.

Je vous fais grâce du "cataplasme aux crottes de chien blanc", et de l' "Huile de grenouilles".

mardi 11 novembre 2008

Montaigne traduit en français


http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/10/21/montaigne-traduit-en-francais/



Le blog du traducteur, un enseignant de l'université de Nantes

http://pernon.net/

Allez sur son site gagner l'ouvrage.

Son blog m'a donné accès à un exposé de Patrice Bailhache.


http://patrice.bailhache.free.fr/


Il y a de bien bonnes choses sur la Toile.

dimanche 25 février 2007

Le Prince Noir, Limoges et Montaigne

Je viens de me replonger dans les Essais de Montaigne (il faudra qu'un jour j'aille visiter le château de Montaigne, comme d'ailleurs celui de Montesquieu - et il faudra oser sortir de l'autoroute, ces "sens uniques" !).
Au Livre Premier, Montaigne cite l'attaque de Limoges par Edouard, prince de Galles (le Prince Noir) en 1370 (chroniques de Froissart). Il faudra que je me replonge dans mes livres d'histoire. Je les ai conservés, ces livres à la couverture verte que je lisais dès la distribution des livres en début d'année scolaire.
J'ai trouvé dans les Essais l'opinion de Montaigne comme quoi il est inutile de « redire plus mal ce qu'un autre a réussi à dire mieux avant lui ». C'est ce que j'ai écrit souvent sur les manuscrits de thèses. Les thésards ont la facheuse habitude (mais d'aucuns la trouvent bonne ! je me suis fait critiquer pour avoir trop utilisé les guillemets ... et depuis j'ai compris que ceux qui me critiquaient étaient souvent de grands pompeurs, cachant leurs pompes comme des étudiants trichant au cours d'un examen) de récrire des textes fondamentaux, plutôt fort mal. Plus triste, de pomper sur la Toile des récritures de mauvaise qualité. Attention ! si l'on récrit en améliorant c'est très bien. La science a fait ainsi des progrès. Pensons aux démonstrations mathématiques à l'époque où les variables n'avaient pas été inventées. Merci à François Viète (il fut étudiant à Poitiers à une époque où l'Ordre du Bitard (LST) n'existait pas encore. Il fut Conseiller au Parlement de Rennes. Conseiller d'Henri IV, il décriptait les messages des Espagnols. Son ouvrage "In artem ananyticam isagoge" , qui représente une avancée considérable en algèbre, ne faisait que 18 pages. Vous imaginez aujourd'hui une thèse de 18 pages !) de Fontenay le Comte qui inventa le "x". C'était un juriste et mathématicien. Il connaissait la plainte contre x. Comme quoi la "pluridisciplinarité" peut avoir du bon.
 
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