dimanche 20 septembre 2026

Issoglose

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Isoglosse

Une isoglosse (grec : « langue identique ») est une ligne imaginaire séparant deux zones géographiques qui se distinguent par un trait linguistique (dialectal) particulier. Celui-ci peut être de nature lexicale, sémantique, phonologique, phonétique ou morphosyntaxique

https://www.languesetcite.fr/204 

" Dans le cas du Croissant, la définition de limites nettes de type oc-oïl d’un idiome à l’autre trouve un écueil. Les linguistes ont toutefois établi, ou tenté d’établir, avec plus ou moins de succès selon les zones, une typologie des idiomes du Croissant, souvent en fonction du degré de proximité avec les deux ensembles (oc et oïl) voisins (cf. les travaux de Marcel Coq en Charente par exemple), sortant ainsi rarement d’une approche binaire qui prendrait en compte l’originalité de ces parlers. Entre haut-limousin et poitevin, l’expérience du terrain montre malgré tout parfois une ambivalence entre la description formelle et le sentiment des locuteurs, les différences entre les deux ensembles étant avérées mais somme toute à relativiser du fait du substrat d’oc au sein du poitevin-saintongeais (en matière morphologique et surtout lexicale). Or les locuteurs de limousin ont souvent tendance à considérer le poitevin-saintongeais comme un parler radicalement « français » malgré une série de traits pourtant communs. Il se joue là sans doute une certaine idée de l’identité ou de l’altérité linguistique, comme si les locuteurs se différenciaient socioculturellement les uns des autres sur le critère linguistique. C’est d’ailleurs plus nettement le cas encore entre Gascogne et Saintonge où une forme de mépris sociolinguistique a pu avoir cours, les Gascons traitant les Saintongeais du nom péjoratif de « Gavaches », si ce n’est qu’entre Limousin et Poitou, ou Angoumois, le prestige social serait plutôt du côté du Poitou et de l’Angoumois.

Cependant, la limite oc-oïl demeure plus consciente chez les locuteurs en Charente (16) que dans le nord de la Haute-Vienne (87) notamment où le Croissant s’élargit fortement. En effet, comme la frontière reste relativement ténue dans le Confolentais (Charente), il est encore possible, d’une part, de rattacher tel parler du Croissant plutôt à l’occitan ou au poitevin, en fonction de ses caractéristiques, et, d’autre part, de recueillir chez les locuteurs un sentiment, d’ordre sociolinguistique, quant aux affinités de leurs idiomes locaux. En Charente, les locuteurs de haut-limousin ont en effet une conscience aiguë de l’altérité des parlers de type poitevin présents plus à l’ouest. Ainsi, un locuteur de haut-limousin de Montemboeuf (16), par exemple, saura, du fait que des idiomes variés peuvent se côtoyer sur une foire rurale comme celle de Chasseneuil-sur-Bonnieure (16), que le parler de Couture (de type poitevin) diffère assez radicalement de son propre parler. Les locuteurs sont, ou étaient, même capables, dans une certaine mesure, d’établir une classification des parlers selon le degré de proximité avec leur propre parler. Ainsi, ils classeront comme compréhensible, mais moins caractérisé que le leur (à l’égard du français), le parler de Cellefroin (16) alors qu’ils classeront le parler de Champagne-Mouton (à la limite ouest interne du Croissant en Charente) et a fortiori de Couture (poitevin), comme n’étant « même pas du patois mais du français déformé ». "

 

Aucun commentaire:

 
Site Meter