samedi 11 mai 2013

Répétition en public de la Traviata au Théâtre Graslin de Nantes

http://www.tous-a-lopera.fr/2013/contenu/pdf/angersnantes.pdf
http://www.tous-a-lopera.fr/2013/

J'ai passé un bon moment.
https://fr.wikipedia.org/wiki/La_traviata
Etait en répétition la scène qui se situe après l'entracte.
http://www.youtube.com/watch?v=nV5-igUN91Q

Un peu de Victor Hugo : Je suis une force qui va !


HERNANI :
Monts d'Aragon, Galice, Estramadoure !
- Oh ! Je porte malheur à tout ce qui m'entoure !
J'ai pris vos meilleurs fils, pour mes droits, sans remords,
Je les ai fait combattre et voilà qu'ils sont morts !
C'était les plus vaillants de la vaillante Espagne.
Ils sont morts ! ils sont tous tombés dans la montagne,
Tous sur le dos couché, en braves, devant Dieu,
Et, si leurs yeux s'ouvraient, ils verraient le ciel bleu !
Voilà ce que je fais de tout ce qui m'épouse !
Est-ce une destinée à te rendre jalouse ?
Doña Sol, prends le duc, prends l'enfer, prends le roi !
C'est bien. Tout ce qui n'est pas moi vaut mieux que moi !
Je n'ai plus un ami qui de moi se souvienne,
Tout me quitte ; il est temps qu'à la fin ton tour vienne,
Car je dois être seul. Fuis ma contagion.
Ne te fais pas d'aimer une religion !
Oh ! par pitié pour toi, fuis !... Tu me crois peut-être,
Un homme comme sont tous les autres, un être
Intelligent, qui court droit au but qu'il rêva.
Détrompe-toi. Je suis une force qui va !
Agent aveugle et sourd de mystères funèbres !
Une âme de malheur faite avec des ténèbres !
Où vais-je ? Je ne sais. Mais je me sens poussé
D'un souffle impétueux, d'un destin insensé.
Je descends, je descends et jamais ne m'arrête.
Si, parfois, haletant, j'ose tourner la tête,
Une voix me dit : "Marche !" et l'abîme est profond,
Et de flamme ou de sang je le vois rouge au fond !
Cependant, à l'entour de ma course farouche,
Tous se brise, tout meurt. Malheur à qui me touche !
Oh ! Fuis ! Détourne-toi de mon chemin fatal !
Hélas, sans le vouloir, je te ferai du mal !
Victor Hugo, Hernani (1830)

Notre Vialatte quotidien : le plaisir de manger ces cadavres en se barbouillant de sauce


" Une des coutumes les plus respectables de l'homme est de s'attabler, les jours de joie, autour d'un oiseau mort, d'un buisson de décapodes, à la rigueur d'un rongeur en morceaux, de fixer autour de son cou une serviette qui lui fait des oreilles de lapin et de partager avec ses voisins et voisines le plaisir de manger ces cadavres en se barbouillant de sauce jusqu'aux yeux. La gaieté peut aller dans les grandes circonstances jusqu'à glisser dans le potage de sa voisine un de ces crachats pour repas de noces (en faïence autrefois, aujourd'hui en plastique) qu'on vend dans les bons magasins et qui déchaînent l'hilarité la plus cordiale dans l'assistance. "
Pierre Vialatte, chronique 873, 25 octobre 1970



Buisson de décapodes 
Plat de langoustines royales



vendredi 10 mai 2013

"Éprouver une passion et que cette passion vous permette de gagner votre vie

"Éprouver une passion et que cette passion vous permette de gagner votre vie, c'est ce que l'on peut espérer de mieux en ce bas monde." André Weil cité par sa fille

Fanfaronnades à Trentemoult, toutes les photos

http://www.fanfaronnades.com/

Toutes les photos sont ici :
http://lefenetrou.blogspot.fr/2013/05/fanfaronnades-de-trentemoult.html

"Chez les Weil, André et Simone"

Sylvie Weil, Buchet Chastel, 2009
Sylvie est a fille d'André Weil et la nièce de Simone Weil

http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Weil
http://fr.wikipedia.org/wiki/Simone_Weil
http://fr.wikipedia.org/wiki/Forges_de_Basse-Indre

"Elle passe quelques semaines en Allemagne, au cours de l'été 1932, dans le but de comprendre les raisons de la montée en puissance du nazisme. À son retour, avec beaucoup de lucidité, elle exprime dans plusieurs articles ce qui risquait de survenir. Abandonnant provisoirement sa carrière d'enseignante, en 1934-1935, elle est ouvrière sur presse chez Alsthom, devenue depuis [Alstom]], puis elle travaille à la chaîne aux établissements JJ Carnaud et Forges de Basse-Indre, à Boulogne-Billancourt, et chezRenault, jusqu'au mois d'août 1935. Elle note ses impressions dans son Journal d'usine."

Notre Vialatte quotidien : "Le ciel est gris. Les vacances finissent."


"Le ciel est gris. Les vacances finissent. L'homme sort de la mer tout mouillé. Il se sèche rapidement à l'aide d'un chiffon sec, fixe fermement ses enfants à la banquette arrière avec un papier scotch et va prendre sa place à son rang dans le bouchon de cinquante kilomètres qui l'attend au seuil de Paris."

Alexandre Vialatte, chronique 863, 16 août 1970

http://en.wikipedia.org/wiki/Scotch_Tape

"In 1953, Soviet scientists showed that triboluminescence caused by peeling a roll of an unidentified Scotch brand tape in a vacuum can produce X-rays. In 2008, American scientists performed an experiment that showed the rays can be strong enough to leave an X-ray image of a finger on photographic paper."

jeudi 9 mai 2013

"Nous avons en France plus de lois que le reste du monde tout entier"


« Nous avons en France plus de lois que le reste du monde tout entier, et plus qu’il n’en faudrait à régler tous
les mondes. Qu’ont gagné nos législateurs à choisir cent mille espèces et faits particuliers et à y attacher cent
mille lois ? Ce nombre n’a aucune proportion avec l’infinie diversité des actions humaines. La multiplication
de nos inventions n’arrivera pas à répondre à la variété des situations. Il y a peu de relation de nos actions,
qui sont en perpétuelle mutation, avec les lois fixes et immobiles. Les plus désirables, ce sont les plus rares,
simples et générales […] ». Montaigne – Essais, Livre III, chapitre 13.

cité dans
http://missionnormes.fr/wp-content/uploads/2013/03/rapport-web-normes-final.pdf

Mission de lutte contre la normalisation abusive

http://missionnormes.fr/

Un cours de latin en ligne pour cet été


cours de latin, gratuit en ligne
cet été:

In the summer of 2013 Professors William Turpin (Swarthmore College,
Classics) and Bruce Venarde (University of Pittsburgh, History) will be
offering a free online Latin translation course, meeting on Google
Hangout.  The class will meet once a week starting on  Monday, June 3, at
8-10 p.m. Eastern Standard Time, and will continue for perhaps ten weeks. 
We will be translating and discussing the Gesta Francorum, an anonymous
first-hand account of the First Crusade written in relatively
straightforward medieval
Latin.                                                                                           
The course is intended for students who have completed a year or so of
classical Latin at the university level, or the equivalent in school.  It
should also be suitable for those whose Latin may be a little rusty, or
for those new to medieval Latin.  Google
 Hangout will allow up to 13 active participants (i.e. people who may wish
to translate a particular section of text and participate in discussion)
and an unlimited number of observers (who will be able to submit
questions and comments as texts).    There are no provisions for granting
academic credit for this.  All are welcome, as active participants or as
observers.  For more information, including a text of the Gesta Francorum
edited for student use, go to:
 https://sites.google.com/a/swarthmore.edu/medieval-latin-summer-2013-the-gesta-francorum/
 We are still learning our way around google hangouts as a vehicle for
academic communication.  For updates please check the website, or write
to wturpin1@swarthmore.edu  

Notre Vialatte quotidien : Le crime sexuel court les rues


"Le crime sexuel court les rues. Il n'y a qu'à voir le grand nombre des veuves. Elles sont généralement dodues, rondes, blondes, nacrées, plantureuses, bien en chair, laiteuses, avec la joue vermeille, comme les déesses ou les reines de Rubens, ou comme ces belles bouchères toutes nourries de filet de boeuf qui trônent derrière des balances scientifiques et des comptoirs de marbre blanc dans la buée rose qui monte des cervelles de mouton. On les prendrait pour des mangeuses d'époux. C'est une erreur. Elles font durer le mari, comme les enfants font durer le sucre d'orge. elles ne l'avalent jamais, elles le sucent. Où serait le plaisir ? Et pourquoi leurs défunts époux étaient si petits, si maigres, si chétifs, le teint cireux et le crâne en pointe, dans une jaquette qui battait les talons. Elles l'ont fait durer jusqu'au bout.
La mante religieuse, au contraire, consomme l'époux à peine utilisé, que dis-je ? en plein mariage : il ne finit que mort. "
Alexandre Vialatte, chronique 855, 10 mai 1970

Avec l'accent québécois ...
http://www.youtube.com/watch?v=PR5XL3CL6vU

http://fr.wikipedia.org/wiki/Mante_religieuse

" Même après avoir eu la tête coupée, le mâle continue à copuler et transmettre ses spermatozoïdes. Contrairement à une idée reçue, le cannibalisme lors de l'accouplement n'est cependant pas essentiel pour que la femelle dispose des ressourcesprotéïques nécessaires pour porter les œufs ; reste qu'il est quasiment systématique en vivarium. Certains y voient une forme de cannibalisme tandis que d'autres, d'un avis anthropomorphique, préfèrent y voir une forme d'abnégation."

mercredi 8 mai 2013

Notre Alexandre Vialatte quotidien : On en est révolté


"J'aime mieux une injustice qu'un désordre." Ainsi parlait Napoléon. On en est révolté. Surtout quand  on est jeune. Rien ne révolte autant un enfant qu'une punition qui lui paraît injuste (il peut en être marqué pour la vie). Par la suite, on s'indigne moins, l'indignation s’émousse ("Elle ne saurait en aucun cas, suivant l'opinion de Talleyrand, être une attitude politique.") On a tellement pris l'habitude d'être puni injustement, par la famille, la société, les enfants, la justice, les évènements  la guerre, le fisc, les grèves  les maladies, la nature, le guichet de la poste, qu'on n'y fait même plus attention. " Il faut que le coeur se brise ou se bronze." Très généralement, il se bronze. Et chacun apprend à survivre. Comme les microbes aux nouveaux remèdes, comme le doryphore au sulfate (ou à la nicotine, on me comprend). On échappe au sort du puni : par la tricherie, par la violence, par des injustices compensatrices, par l'indifférence, par l'oubli. Par le marché noir. Par la richesse. Certains par ruse, avec une certaine indulgence pour ce qu'ils ont fini par admettre comme la loi naturelle du monde. Avec cynisme ou frivolité. Par fatalisme ou avec le sourire. Beaucoup même pour le plaisir du jeu. Avec brio. Ils s'y délectent. Ce sont des acrobates du parfait resquillage. "
Alexandre Vialatte, chronique 894, 21 mars

Pour nous faire pardonner de ne pas avoir alimenté la rubrique pendant quelques jours, voici quelques photos de Pénestin où nous étions :

vendredi 3 mai 2013

Le Vatican indiscret

Caroline Pigozzi, Plon

"Car on ne s'imaginait pas que l'on était resté encore si petit. Ou bien que l'on était déjà devenu aussi vieux."


Philippe Forest, Le chat de Schrödinger, p. 317

Notre Vialatte quotidien : la fumée de sa pipe en amiante

"Où va l'homme ? Il va sur un banc.
A côté de lui un petit palmier au feuillage plat, au tronc havane, tordu, bossu comme un ninas, a l'air d'un éventail planté dans un cigare. L'homme s'assied au bord de la mer. On ne sait quel rêve il y poursuit dans la fumée de sa pipe en amiante. Le Napoléon est devenu tout petit  l'horizon. Il entre dans la zone où on ne voit plus les choses.
Et c'est ainsi qu'Allah est grand."
Alexandre Vialatte, chronique 567, 14 janvier 1965

Que nos lecteurs nous excusent pour l'interruption de chronique pendant quelques jours. Nous étions en Périgord-Limousin.
 
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