jeudi 24 juillet 2014

Il faut cesser d'enseigner le français ! laissons faire la "nature"

ou la "révolution de l'Internet".


Je lis sur le site de l'Association des Professeurs de Lettres :

"Voici une copie dans son intégralité — graphie en moins ! —, sachant que sur vingt-quatre copies, il y en avait une dizaine de la même « eau » et qu’une seule copie était correcte avec seulement trois « erreurs », comme on dit désormais :

Moupasent termine cest etude de nouant il a 20 ans la geurre de 1870 et illes témoins des saine de déroute et de résistanse. il apestera jamais les intresité les meurtre et les volerie des un et lérotisme des autre qui inpirenom toujours cest conte.
Il rentre au ministre de la marine et puix a selui de léducation nasionale, mais il passe cest fin de semaine et canautent le lont des gagaite.
Précisons que l’auteur de cette copie n’est pas d’origine étrangère et qu’il a suivi une scolarité « normale », montant de classe en classe, au fil des ans, selon le système actuellement en vigueur. Cet élève est malheureusement, comme des quantités d’autres, la victime d’un système inique qui, depuis le cours préparatoire, ne lui a jamais appris les bases de la langue française : les programmes du primaire en vogue jusqu’aux nouveaux programmes Darcos datant de juin 2008 ont eux aussi très largement participé à la désintégration de toute forme d’enseignement structuré de la langue.
L’analyse de cette copie montre cependant qu’il ne s’agit plus simplement de « dysorthographie » mais d’autre chose de bien plus grave : cet élève ne comprend pas ce qu’il écrit et sûrement pas plus ce qu‘il lit, son texte est un ramassis de « sons » glanés au fil de la dictée mais ces sons ne font pas sens et la lecture phonétique de son texte ne permet même pas de reconnaître le texte original, cité en annexe. Ceci n’est que la conséquence directe de l’application rigoureuse par des professeurs consciencieux, voire zélés et qui ne se sont pas posé de questions, de la séquence pédagogique en vigueur depuis quatorze ans au collège. Comment cet élève — et la grande quantité d’autres dans le même état linguistique que lui — va-t-il pouvoir s’insérer dans la vie sociale et dans la vie professionnelle ? Il n’est plus temps de brandir l’alibi social comme il est de bon ton de le faire ou de prétendre que ce mal frappe les élèves d’origine étrangère ou de secteur défavorisé : le mal est systémique et de nombreux élèves qui n’ont que l’école à leur disposition sont irrémédiablement voués à l’échec social par une institution qui ne les instruit plus et ne leur donne plus, comme ce serait son rôle, les bases de la langue.

Ce type de copie fleurissant dans presque la moitié d’une classe de quatrième, on ne peut pas prétendre qu’il s’agit d’un cas isolé non significatif. Quelques autres exemples, glanés dans plus de dix copies semblables fourniront peut-être aux lecteurs incrédules des preuves suffisantes du pouvoir de nuisance du non-apprentissage systématique de la langue du fait de la pédagogie en « séquence » :

Il ne excepteras jamais les atrotise, les meutre ratuit et exécuta la flert ronu desun les harique qui inspirron ses conte.
Il naceptera jamais les intrasitré abstrube.
Il assertera jamais les astropiter, les meurtre gratuit et inpuni, la volori des uns et l’héorisme.
Il entre d’abore au minister de la marine puis a seului de l’arsonale."

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