mardi 27 novembre 2012

Nos désirs sont des ordres !Nos désirs sont des ordres !


"Nos désirs sont des ordres !" - de Smith à Sade
jusqu'à Fourest et en oubliant Marx, l'itinéraire de la Gauche moderne ne
passe pas par le peuple. Oublié le socialisme partageux, place au
sociétalisme progressiste ; oublié le bien commun, place au caprice
indifférencié ! "Le maximum de droits pour le maximum de gens avec le
minimum de devoirs" : programme anti-social. Triste gauche libérale qui
déçoit le pauvre et rassure le bobo, triste gauche libertaire qui précarise
en déconstruisant (repères et institutions) et déresponsabilise en
infantilisant (le désir érigé en principe politique). Hélas, quand
l'égalité des droits se confond avec la soumission aux caprices, le marché
a tout à gagner, la société tout à perdre.

Jean-Claude MICHEA, Pour en finir avec le XXIème siècle, Avant-propos à La
Culture du narcissisme, La Vie
américaine à un âge de déclin des espérances, Flammarion, Champs-essais,
2010, p. 10.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Mich%C3%A9a

lundi 26 novembre 2012

Notes sur une conférence de Régis Debray

Je  viens de trouver des notes sur un calepin, sur une conférence de Régis Debray,
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gis_Debray

- différence des trois cas :
credere deo
credere deum
credere in deum
- croire que est différent de croire en
- opinion, certitude, croyance (Kant)
- croire c'est affirmer d'un objet plus qu'on en sait
- au MA, révélé, autorisé, authentifié, allégué
- au MA, la croyance était le savoir. Par ex, le sang menstruel trouble les miroirs était un savoir (St Thomas)
- Les hébreux ne croyaient pas en Dieu, ils vivaient avec. Le mot croyance n'apparaît pas dans la bible
- Dans la langue de Bornéo, "Je crois en dieu" n'a aucun sens car suppose un moi (je) et un "il", un transcendant non incorporé dans l'existant
- au XIIIe s. "credo in unum deum" aurait fait de Dieu un sujet de doute. Veut dire "donner son âme à Dieu"
- croyance, manque de savoir, credo opposé au cogitum
- quand on aura expliqué l'effet placebo, on pourra dire que l'homme est objet de savoir
- l'incroyance serait le luxe des légumes
- en toute doctrine le baptême précède
- on cherche le sens pour avoir la relation
- les nihilistes sont des croyants : ils posent des bombes...
- la croyance, petite soeur de l'entreprendre
- on peut épouser des doctrines religieuses et être athée
- en Europe, baisse du religieux, hausse des croyances. Les rationalistes devraient s'inquiéter de voir les églises se vider
- le papier monnaie fonctionne à la croyance
- la croyance dans la pouvoir est constitutif du pouvoir
- on n'est martyr que pour les choses dont on n'est pas très sûr
- des récits incroyables (la genèse, l'Iliade, le livre des morts) demeurent alors que caducité de la production scientifique
- "Que serions-nous sans le secours de ce qui n'existe pas ? " P. Valéry
- L'homme est un être qui s'attend
- Il n'est pas nécessaire d'avoir la foi au sens religieux du terme pour fonctionner à la croyance
- première croyance : la sépulture, rapport de confiance avec un au-delà immatériel
- croyance, autre nom du symbolisme
- il n'y a pas de communauté sans communauté de croyance
- "je sais ce que je crois", "je crois ce que je sais" sont des distinctions tardives dans l'histoire.
- N'y aurait-il pas un avantage de l'espèce de croire ?
- les communautés humaines qui restent sont les religieuses
- la croyance n'est pas frappée de péremption
- Rousseau ... idée de la religion civile nécessaire
- il faut que la loi soit doublée d'imaginaire
- Europe remplacée par un galimatia procédural
- l'Euro est sans devise, sans figure et sans date
- les USA se sont donné les moyens d'exister, un condensé de mythologie dont un vers de Virgile
- avoir des mains propres mais pas de mains
- quand on adhère, on se retranche
- secte ... couper... tout acte de croyance coupe
- pas de définition de la secte mais de la dérive sectaire
- l'Europe n'existera que lorsqu'elle se donnera un adversaire
- le boudhisme s'est construit contre l'indouisme
- pour avoir un nous, il faut un eux
- première occurrence du mot europe, IXe s. , deuxième, bataille de Lépante
- pour qu'il y ait un objet croyance, il faut que l'objet puisse être nié
- chez les hébreux prérabiniques, tout le monde avait des dieux. C'était une condition a priori de l'existence collective


L'otarie, les rêves, le genou et l'homéopathe... sans oublier la sécurité sociale

Lu sur un forum de atoute.org

Mon épouse souffre depuis plusieurs années de gonarthrose du genou gauche suite sans doute d'une ablation du ménisque interne il y a 20 ans.
Petit à petit elle n'a plus supporté les traitements pour cette maladie, je pense surtout aux anti inflammatoires. 
Nous en sommes venus à envisager l'opération. Une prothése unicompartimentale lui sera donc posée en octobre.
Mais d'ici là il faut tenir la douleur.
Elle a voulu essayer l'homéopathie( ne commencer pas à rire, s'il vous plait...).
Ainsi depuis 6 mois elle prends des granules et des gouttes une fois par mois...
Comme j'avais un peu de temps cet aprés-midi j'ai accompagné mon épouse chez son homéopathe pour son rendez-vous mensuel.
Et, pour la première fois de ma vie j'ai vu... un type , qui est docteur en médecine, entre deux mégots, la faire parler de ses rêves.
Ca a donné ceci: « Alors Madame, parlez moi de votre dernier rêve.
Et bien, Docteur, j'ai rêvé que ma petite-fille se faisait mordre par une otarie...
Mais Madame c'est passionnant. En effet j'ai sur mon ordinateur un cas d'école d'une personne qui avait mal aux genoux, qui rêvait d'otarie et qui avait eu la tuberculose. Vous n'avez pas eu la tuberculose? Ou vos grands parents peut-être? Cherchez bien dans votre famille?
Si j'ai une cousine...
Donc je vais vous donner une dose de D... en 10000K parce que c'est ce qui a soigné ce cas d'école. Voilà cela fera 50€ ( conventionné honoraires libres). Je ne prends pas la carte vitale parce que la machine est en panne aujourd'hui ».

Maintenant vous pouvez rigoler  et en plus j'ai payé   et en plus cette consultation me sera remboursée    moins un euro. Elle est pas belle la vie... 

lundi 19 novembre 2012

" L'école a pour vocation la dissidence, ce qui ne se conçoit qu'à étendre l'espace du lisbile et à élargir celui du discutable. "

Alain de Libera, Penser au Moyen Age, Seuil, p. 108

Les recensements depuis 1836, et l'ordre de la destruction de leurs résultats

"
Les recensements ont eu lieu tous les 5 ans depuis 1836, jusqu'en 1911 
(sauf en 1871), mais il faut savoir qu'avant de dépendre du ministère de la 
culture, les archives dépendaient du ministère de l'éducation nationale 
et qu'un ministre de la III° république (dont on oubliera le nom) a 
ordonné la destruction des listes de recensement sauf la plus ancienne 
de 1836; cet ordre n'a pas été appliqué partout à la lettre, mais il l'a 
bien été en Haute-Vienne, qui conserve en général les listes de 
recensements de 1836, puis celles postérieures à 1886.
Mais ces listes étaient établis en double exemplaire, et le second 
exemplaire non soumis à  la réglementation nationale a pu être parfois 
conservé, c'est notamment le cas pour Limoges dont les Archives 
municipales conservent les listes de 1841 à 1881."
 
Merci à JP qui m'a communiqué ce courriel dont j'ignore l'auteur 

dimanche 18 novembre 2012

Que l'amour est aveugle

Robert Burton,  anglais du XVIIe siècle, dans son traité
médico-psychologique intitulé "Anatomie de la Mélancolie", éd. Folio, p.
313
 
Que l'amour est aveugle.

Tous les amoureux admirent leur maîtresse, même si elle est difforme de sa
personne, laide, ridée, boutonneuse, le teint blême, rougeaud, jaunâtre,
tanné, cireux, qu'elle a la face aplatie et bouffie d'un bateleur, la mine
étroite, maigre et pincée, le visage couvert de taches, les traits de
guingois, secs comme un coup de trique, qu'elle est chauve, qu'elle a des
yeux de boeuf, chassieux, ou hagards, qu'elle a une face de chat écrasé,
ou la tête de travers, lourde, pendante, les yeux enfoncés, cernés de
jaune ou de noir, ou qui louchent, la bouche qui va d'une oreille à
l'autre, un nez crochu à la Persane, un museau de renard, le nez rouge ou
un grand nez épaté à la chinoise, ou un nez en forme de promontoire, des
dents de lapin, pourries, noires, irrégulières, ou marron, le front en
avant, une barbe de sorcière, l'haleine qui empuantit tout alentour, la
goutte au nez, un goître sous le menton ou le menton en galoche, l'oreille
tombante, le téton en cruche à eau, ou à l'inverse pas de tétons du tout,
les mains ulcérées de croûtes, la peau noirâtre, la carcasse vérolée, le
dos voûté, qu'elle boîte, la jambe cagneuse, qu'elle a la taille fine
comme une vache à lait, les chevilles qui débordent des chaussures,
qu'elle sent des pieds, qu'elle est couverte de vermine, qu'elle est
contre nature, un vrai monstre, un gnome raté, que tout son être est
répugnant, sa voix rauque, qu'elle est une bonbonne, un laideron, un
limaçon, un barrique, un grosse truie, un épouvantail à moineaux, un
squelette ambulant, une maraude, et qu'à tes yeux elle est une merde en
plein soleil que rien au monde ne te ferait trouver attirante et qui ne
t'inspire que haine et dégoût ; tu voudrais lui cracher à la figure, te
moucher dans son corsage, elle est le véritable tue-l'amour, une garce,
une péronnelle, un bouc, malhonnête avec ça, obscène, vulgaire, servile,
ordurière, sotte, ignorante, acariâtre, disciple de Grobien : mais tu
l'aimes, et tu ne vois pas tout cela.







 

Le Minitel, mode d'emploi


Une image pour générer des profils de personnes




mardi 13 novembre 2012

Le dictionnaire de l'informatique de Pierre Berger

http://www.diccan.com/dicoport/AHDico.htm

L'AFCET

L'Association Française de Cybernétique Economique et Technique, était la correspondantes française de l'IFIP. Elle a disparu. Les tentatives de rénovation n'ont toujours pas réussi. Google semble ignorer l'AFCET. Les informaticiens ont perdu la mémoire. Des gens heureux !

Une citation de Sénèque

"De la tranquillité de l'âme" (milieu du Ier siècle ap. J.-C.) C'est
incontestablement le chef-d'oeuvre de Sénèque.

***
"Tu veux savoir ce que je conseille, mon cher Sérénus, contre cette
mélancolie et cette peur permanente de la mort qui nous rend si malheureux
?
Le mieux serait de s'obliger à l'activité, en prenant part aux affaires
publiques et en se créant des obligations sociales. (...) Le plus bel
emploi que nous puissions faire de notre temps sur la terre est de le
consacrer tout entier à la tâche de se rendre utile à ses concitoyens et à
l'humanité, et le meilleur moyen d'y parvenir et de se jeter tout de suite
en pleine action et d'administrer, selon ses facultés, les intérêts
collectifs et les intérêts particuliers. (...) On n'est pas seulement
utile à la république en défendant des accusés et en faisant des discours
sur la paix et sur la guerre : exhorter la jeunesse et, dans un temps si
pauvre en maîtres de morale, inspirer aux coeurs la vertu, arrêter les
égarés qui se ruent à l'argent et à la débauche, c'est travailler au bien
public. (...) Voilà, mon cher Sérénus, le véritable moyen de conserver la
tranquillité de l'âme, ou de la retrouver quand on l'a perdue. "

***

A lire en début de conseil de département !
Je conseillerais à Fr. Hollande de lire le chapitre "De l'inconvénient des
situations élevées" ... ("ce que nous prenions pour une cime n'est que le
bord d'un abîme, et le faîte où les citoyens nous ont placé, il faut bien
savoir que l'on ne pourra en descendre qu'au prix d'une chute").

SC



mercredi 7 novembre 2012

Le Limousin chez Houellebecq

Je lis La carte et le territoire.
Châtelus-le-Marcheix, Saint-Goussaud, Laurière, Jabreilles-les-Bordes en Creuse sont maintenant dans la littérature ! ben couillon !
 
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