vendredi 25 février 2011

Comment les moutons et agneaux nous arrivent d'Australie et Nouvelle Zélande

Il m'a été dit et répété que des agneaux sur pieds de Nouvelle Zélande venaient se faire tuer à Thiviers. Et en repartaient en morceaux labellisés (oui, labellisés, label veut dire étiquette in frenche, mais c'est tellement plus attrape gogo in ingliche). Alors légende urbaine, hox in ingliche ?
J'ai cherché à savoir. Voici ce que j'ai trouvé sur la Toile. Je sais j'aurais dû aller voir sur place. Mais j'en suis loin.

" Une augmentation des importations de moutons et de caprins vivants de l'Australie et de la Nouvelle Zélande n'est pas probable. Les coûts d'assurance sont élevés étant donné le taux de mortalité pour les animaux vivants et les compagnies de transport sont peu disposées à prendre en charge la responsabilité de l’alimentation et des soins durant le transport.
Pour la période 1999-2003 entière, les États-Unis ont importé seulement 12 moutons d'Australie et 2 moutons de la Nouvelle Zélande. La plupart des importations des Etats-Unis d'animaux vivants, y compris les moutons, sont effectuées à partir de pays limitrophes des États-Unis (le Canada et le Mexique). Le Canada, le fournisseur principal, offre des géniteurs de haute valeur.
Washington, D.C., le 15 juin 2004
L’Honorable Robert B. Zoellick
Représentant du Commerce des Etats-Unis "

"La Nouvelle-Zélande fournit 70 % de la viande d’agneau entrant dans le commerce mondial et 40 % de tous les volumes commercialisés sont absorbés par l’Union européenne. En revanche, pour le mouton, animal de réforme, la moitié
des exportations mondiales sont effectuées par l’Australie, qui expédie surtout vers les pays du Moyen-Orient et du Maghreb (plus de 70 % des envois effectués en vifs) mais aussi vers l’Asie du Sud-Est et l’Afrique du Sud."
"Mais la vraie révolution dans les exportations, c’est le développement récent des envois en « chilled », technique de conservation sous atmosphère contrôlée qui permet de conserver de la viande simplement réfrigérée pendant 12 à 16 semaines sans détérioration apparente et de pouvoir la présenter comme produit non congelé. Cette durée est suffisante pour permettre un acheminement économique en Europe par bateau, alors que le transport aérien, incontournable pour des produits frais, reste trop coûteux. L’intérêt du « chilled » sur le plan commercial et
financier est extrêmement fort. Alors que la viande néo-zélandaise congelée est considérée en Europe comme un produit assez banal et n’obtient qu’un prix réduit, il en va bien différemment pour les bons morceaux de « chilled » qui arrivent à concurrencer les bons produits frais européens. A certaines périodes de l’année, une pièce de « chilled » peut facilement se vendre 140 % du prix qu’elle aurait obtenu si elle avait subi la congélation. Le faible surcoût de la conservation sous atmosphère contrôlée par rapport à la congélation est donc plus que compensé, il est rentabilisé."
http://www.ficow.be/ficow/website/Upload/Mar2.pdf

Peut-être que l'histoire des animaux sur pieds... vient de ce que de nos jours, selon la prédiction dite de Malraux, nous sommes en plein siècle religieux. Il faut que la viande soit Hallal (trois ou 2 l, je ne sais, alors ne soyons pas pingre) ou kasher. Alors on a pu penser que nous avions des abattoirs suivant les rites des religions musulmane et juive (assez proches... et c'est bien connu les combat de famille sont fratricides, voyez nos guerres de religion !). D'ailleurs en faisant des recherches via google, je suis tombé sur plein de pages traitant des importations de viande Hallal (donc pas de bêtes vivantes). L'abattage peut se faire en N-Z et Australie selon ces rites.
Voir par exemple
ttp://www.oujda24.com/fra/index.php/marocains-du-monde-/683-la-moitie-de-la-viande-de-mouton-est-halal-en-belgique.html

Peut-être même que des régions comme le Limousin et le Périgord (je ne veux pas me faire trucider alors je vois large) ont trouvé là un débouché. J'ai aussi entendu dire...et j'ai même lu dans la presse....chut. Pourquoi pas. Là où il y a un marché, il y a de la vie !

Alors, et le cochon cul-noir ? il est pénard ! Vous savez c'est une histoire de sabot. Pas de galoche. (1) Mais il n'est pas sûr qu'il soit passé au chloroforme avant son trépas. Si on l'assomme c'est que c'est un sacré gaillard qui ne se laisse pas trucider facilement. Et j'ai souvent entendu le nom de Dieu lors de l'opération. Et je ne suis pas sûr que ça faisait partie d'un rite religieux.

(1) Ca tombe bien, un de mes envoyés spéciaux en terres de culture, vient de m'écrire :

Je vous fais un point sur les interdits alimentaires religieux :

- Si vous êtes juif ou musulman :

Vous avez le droit de manger tout animal MAMMIFERE qui a un sabot, un sabot fendu, et qui rumine. Mais dès qu'un animal s'écarte de l'une des ces trois règles, il est dit "impur" : le porc même s'il a un sabot fendu, ne rumine pas, donc il est impur.

(Pour rappel, dans la parabole du fils prodigue, le fils indigne, après avoir abandonné ses principes, en est réduit à devoir garder des cochons et, comble de l'humiliation, la nécessité l'a contraint à manger leur nourriture).

Pour les oiseaux il est interdit de manger ceux qui n'ont pas des oeufs en forme d'ove (comme l'oeuf de la poule) et ceux qui ne sont pas domestiques. Les juifs et les musulmans ne peuvent pas manger les oeufs de cailles, ni les petits oeufs bleus des canards sauvages colvert, par ex. (je dis cela parce que moi je les mange, et que j'en suis très friand !)

- Si vous êtes chrétien :

Jésus Christ nous a racheté, et a aboli la loi du Moïse (cf. ci-dessus).
Les apôtres abandonnent donc ces règles en disant que ce "testament" est devenu "ancien"/"caduc" depuis la venue du Messie, qui apporte la loi nouvelle : le nouveau "testament".

Pour le Nouveau Testament : il n'y a aucun animal interdit de consommation. Seul "ce qui SORT de la bouche de l'homme" est susceptible d'être impur (et non plus ce qui y "entre"). Le blasphème se trouve en particulier visé. Mais il n'y a plus d'interdit alimentaire aussi strict que dans l'Ancien Testament.

Nous voilà moins bêtes ! "

que nos pieds ?

Et c'est ainsi qu'Allah est grand aurait dit Alexandre Vialatte.

1 commentaire:

JoëlP a dit…

Bien documenté sur les moutons. Il faut lire La course au mouton sauvage de Murakami. Le mouton japonais est tout à fait étonnant. Le frenchy est une bonne langue quand il s'agit de parler de bouffe. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Course_au_mouton_sauvage

 
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