lundi 26 janvier 2015

Saoul comme une grive

Actuellement les grives viennent en troupe dans le jardin et se réconfortent des boules de graisse.
Mais je n'en vois pas de saoules.

 http://www.dicoperso.com/term/adb0aea5acabad5a,,xhtml


dimanche 25 janvier 2015

se faire "brillanter les ongles" avec une dent de loup

De mon correspondant dans le monde des livres :
Je lis dans un roman de Pierre Louÿs que les femmes de la Belle époquefaisaient "brillanter leurs ongles" en les frottant avec une dent de loup. Ah ! voilà le comble du snobisme pour aujourd'hui ! Il doit être bien plusdifficile de se procurer une dent de loup que des crèmes de beauté hors deprix ! Sur le loup comme remède :http://fr.wikipedia.org/wiki/Loup_%28rem%C3%A8de%29


samedi 24 janvier 2015

La contrepèterie, méthode de la langue khmer

en Khmer, "la contrepèterie y constitue une méthode tout à fait banale pour fabriquer un mot à partir de deux autres : ainsi, à partir de phân ("poussière") et de cheh ("brûler"), on forme pheh chân ("cendre"). Ce qui permet, au passage, de risquer une hypothèse inédite sur l'origine des Khmers : ils sont arrivés à pied par la Chine."

Jean-Pierre Minaudier, Poésie du gérondif, p. 90

José Artur

Etudiant, puis jeune enseignant, je me suis souvent endormi en écoutant le Pop Club de José Artur.

J'ai pu voir et entendre José Artur l'an dernier à Nantes à l'occasion de l'anniversaire de France Inter

https://saintyrieixlaperche.wordpress.com/2013/12/07/je-me-souviens-des-debut-de-france-inter-a-st-yrieix/

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2015/01/24/mort-de-jose-artur-animateur-du-pop-club_4562889_3382.html

Ecoutez des indicatifs du Pop club

"La lecture d'une grammaire peut constituer un véritable roman policier"

" La lecture d'une grammaire peut constituer un véritable roman policier. Qui diantre est le coupable, l'accusatif ou le génitif ? Parfois le suspense monte, insoutenable, sur plusieurs chapitres ; l'accord du verbe avec le complément d'objet direct se fera-t-il jusque dans les subordonnées ? A l'issue d'une haletante démonstration dont la conclusion est que "toutes les voyelles brèves du khalkha sont en réalité des schwas épenthétiques " (les garces !), le lecteur convenablement excité éprouvera une volupté proche de celle du tchékiste démasquant un nid de saboteurs hitléro-trotskystes dans une usine biélorusse en 1937."

Note :
Le khalkha est la langue officielle de la Mongolie. La formule entre guillemets, qui fait référence au phénomène des schwas que j'ai déjà décrit, est un résumé approximatif, tendancieux, malintentionné et pour tout dire stalinien d'un passage de l'ouvrage de Juha Janhunen (éd.) dont j'implore le pardon la corde au cou et la tête recouverte de centres : The Mongolic Languages.... "

J.P. Minaudier, Poésie du gérondif, Le Tripode, page 89

vendredi 23 janvier 2015

Les Ecoles Supérieures du Professorat et de l'Education (Espé), au rapport

" Un an après leur création, un rapport des inspections générales de l'EN et de l'Enseignement supérieur, publié le 8 octobre, parle

- d'une "mise en oeuvre laborieuse et complexe"
- pointe les rapports assez formels entre les Espé et les praticiens :

peu de suivi des formateurs universitaires,
des tensions entre universitaires et formateurs de terrain. "

Lu sur le bulletin de la Mgen reçu ce jour.

Quoi, ceux qui ont monté ce machin, ne savaient pas ?

Ça fait quelques années que, dans les facs, les profs font tout ce qu'ils peuvent pour NE pas enseigner (si ce n'est en doctorat), alors se coltiner l'enseignement en lycée ou collège, vous rigolez.


Toujours l'art de se voiler la face et de créer des plaçous.

C'est comme si on demandait aux Enarques de venir faire des cours de création d'entreprise, en illustrant par leur propre vécu.


Le philtrum et la glabelle

http://fr.wikipedia.org/wiki/Philtrum

http://fr.wikipedia.org/wiki/Glabelle

Démarchage téléphonique des candidats potentiels pour recruter 300 professeurs des écoles de Seine-Saint-Denis !

On vous l'a répété. On ? ben oui, les médias, les ministres... tout va bien.

Dans les universités il faut des taux de réussites normalisés par le ministère, sinon pas d'habilitations, pas de fric...Alors, la gestion par objectifs ainsi définis ça marche.

La grande garderie nationale.

Chers parents, chers médias, chers ministres, allez faire un tour à la sortie des écoles, collèges, lycées. Ecoutez, regardez.

Mais où avez-vous mis vos enfants ?  je vais vous faire faire des détours, ce n'est pas écologique.

http://lefenetrou.blogspot.fr/2015/01/est-ce-que-lecole-laique-est-aujourdhui.html

Si le blablaware prospère, l'hypocrisie aussi.

Évitez de rapprocher les discours de certains il y a 2 ou 3 ans avec leur discours actuel.


jeudi 22 janvier 2015

" Dois-je être sanctionnée pour cela? "


"Il y a quelques années, j'ai forcé un élève à entrer dans la cathédrale de Strasbourg, lors d'une sortie scolaire. Cet élève était musulman, en voie de radicalisation, et refusait d'y entrer.

Dois-je être sanctionnée pour cela?

Il s'est passé, la semaine dernière, un événement qui échappe peut-être à ceux qui ne sont pas enseignants, mais qui pour nous, est d'une extrême gravité. Je ne vais pas résumer les faits pour la énième fois, cherchez "professeur mis à pied à Mulhouse", vous trouverez tout. Oui, ce matin encore, j'ai entendu à la radio que les enseignants protestent contre la sanction prise contre un professeur qui aurait "mené son cours de manière inadaptée". Un simple fait divers. Mais, comme toujours, ce n'est pas aussi simple.

Je reviens à ma petite histoire: il y a maintenant 6 ans, je travaillais à Mulhouse dans un établissement proche du collège Villon, en zone APV (prévention violence à l'époque). Je garde un bon souvenir de la plupart de ces élèves, ce n'était pas une zone de non-droit, ne tombons pas dans la caricature (justement). Cependant, s'y côtoyaient en grand nombre toutes sortes de nationalités, de cultures, de religions. Comme tous les professeurs qui y étaient, et qui pour certains y sont toujours, nous avions comme priorité de permettre à tous ces jeunes de vivre ensemble, de s'accepter, de comprendre les principes de la laïcité et de la république. Ce n'était pas simple tous les jours, nous n'avions pas toujours réponse à tout, mais somme toute, tout allait à peu près bien. Nous combattions l'ignorance et les préjugés avec nos armes d'enseignants: le savoir, la culture, le débat, le bon sens.

L'un de ces élèves, à l'époque, était en voie de radicalisation. Nous l'avions plusieurs fois remis en place pour des remarques faites aux filles, des allusions déplacées à sa religion... nous le suivions de près. Lors d'une sortie à Strasbourg, une visite historique et architecturale de la cathédrale était au programme. Tous les élèves sont entrés, y compris des musulmans, mais ce jeune homme a refusé d'y mettre les pieds. Il était persuadé qu'il allait se faire foudroyer par son dieu car c'était un péché d'entrer dans un lieu de culte adverse. Je suis restée seule avec lui sur le parvis, à discuter, à débattre, à argumenter. Lui prouver que cette visite n'avait rien à voir avec la religion. Lui expliquer que dans ma vie, j'ai visité des mosquées et des synagogues, dans le but de m'instruire. J'ai fini par le menacer d'un coup de pied aux fesses.

Il est entré.

Il a visité la cathédrale.

Il a survécu.

Ce jour-là, j'ai semé une toute petite graine. Une petite graine de tolérance. A-t-elle poussé, ou pas? Je n'en sais rien... sans doute que non. Mais j'ai fait mon boulot d'enseignante. Pas forcément diplomatiquement, mais je l'ai fait. Je ne veux pas de médaille, ni de bravo, ni de félicitation, cela n'avait rien de génial ou d'héroïque. C'était mon travail, point.

Nous sommes des milliers à le faire. Tous les jours. 
En toute bonne foi.

Alors voilà. Depuis les attentats, le ministère nous bombarde d'outils de travail pour parler de laïcité, de démocratie, de liberté de la presse. Nous avons reçu une interview de Charb, des tas d'images satiriques sélectionnées par le ministère, avec pour consigne d'en parler autant que possible. Ce n'est pas simple dans beaucoup d'établissements. Beaucoup de collègues savaient qu'il y aurait des discussions violentes, parfois des incidents. Certains n'ont pas osé le faire. D'autres ont tenté de semer leur graine.

Le collègue a utilisé ces images. Il les a montrées, il en a parlé, il a débattu. Il a suivi les consignes, sans doute avec cette forte conviction de planter une petite graine de tolérance, d'ouverture, d'esprit critique. Tout n'a pas plu. C'est certain, pourquoi est-ce que tout devrait plaire à tout le monde? Peut-être que le collègue a fini par être maladroit, par se sentir impuissant... pourquoi pas? Il est humain. Le débat est humain, le désaccord est humain, la polémique est humaine. Seulement, ce collègue, suite au tollé de quelques familles, a été mis à pied. Pour faute grave. 4 mois. Puni pour avoir déplu à des élèves? Ce collègue n'a été entendu ni par son inspecteur, ni par le recteur. Les familles et les élèves, si. Débat?

Ce qui se passe est très grave. Veut-on nous interdire, à nous, jardiniers de l'âme, de planter des petites graines? Sous prétexte que certains n'aiment pas les brocolis, mais préfèrent les poireaux, va-t-on nous interdire de leur proposer des brocolis? Donne-t-on à présent le droit aux élèves de refuser d'analyser un document, de refuser de débattre un sujet qui ne leur convient pas? Nous refuse-t-on le droit à la maladresse, nous refuse-t-on le droit aux faiblesses humaines?

Je n'étais pas dans la salle avec ce professeur. Je ne le connais pas personnellement. Peut-être aurait-il dû être inspecté, suite à ces événements, ou convoqué en haut lieu pour se justifier. Je n'en sais rien, je n'étais pas là.

Mais quelle leçon donne-t-on ainsi à nos élèves?

Quelle graine plante-t-on dans leurs esprits?

Vendredi, je serai gréviste."


http://motsdesifi.canalblog.com/archives/2015/01/21/31356582.html

"J'assume, Madame !", une évolution du vocabulaire


http://motsdesifi.canalblog.com/archives/2014/11/17/30979755.html

extrait :

""Ben oui, j'ai pas lu mon livre, j'assume, madame!" "J'ai pas fait mon exercice, il était trop long, j'assume!" "J'ai pas appris mon cours, j'assume." Ah... traitons-les donc en adultes, ces petits, si prêts à prendre leurs responsabilités, et voyons ce que cela peut donner face à la sanction logique de leur forfait: "Quoi, madame, un zéro, mais pourquoi?" "Non, mais pas moyen que je le refasse trois fois, mon exercice!" Hé bien oui, ils ont avoué, ils ont assumé, avec une désarmante confiance en eux, alors pourquoi donc leur professeur ingrat les sanctionne-t-il? In-com-pré-hen-sible!
A partir de ces études de cas, nous pourrions en déduire la définition suivante: 3.Fait de revendiquer un acte haut et fort, afin d'en être totalement disculpé. Synonyme: "Oui, je l'ai fait, et je t'emmerde!"
C'est si beau, ces moments où l'on assiste en direct à la construction de notre belle langue française. J'en suis toute émue."

Est-ce que l'école laïque est aujourd'hui l' "école privée" ?

Un fait :

- les instituteurs de l'école publique des enfants d'un ami préparent depuis plusieurs mois une classe découverte de 3 jours, financement,préparation des enfants (il s'agit de la dernière section de maternelle).

- les mères des filles musulmanes ont dit que leurs filles ne devaient pas découcher. Et donc n'iraient pas.

- En conséquence, en appliquant un taux décidé par l'I.P. la classe est annulée.

- je me suis bien fait préciser qu'il n'y avait pas, derrière ce refus,une question financière- étonnante version de l'égalité dans l'enseignement public.

- et dire que je suis enseignement public, comme d'autres sont communistes de père en fils. Il est vrai que je suis limousin et que chez nous, le privé c'était, dans les milieux bourgeois, la menace pour ceux qui ne bossaient pas au lycée. Et en maternelle et primaire c'était la pression de bonnes sœurs. Ainsi ma sœur est allée à l' "école libre" en maternelle, ma mère sage-femme à l'hôpital où les bonnes sœurs étaient nombreuses, ayant cédé à leur pression. Ma sœur rentrait avec la croix, comme le petit écolier de L.U.,et non seulement avec des "bons points" comme à l'école publique.Et pendant ce temps, nos municipalités de gauche (je ne sais ce que font celles de droite ou du centre) financent l'école privée catho pour les enfants des musulmans s'intéressant à l'éducation de leurs enfants. Mesure que d'ailleurs personne ne conteste, la considérant comme efficace et économique par rapport à bien d'autres.

P.S.

Je lis des articles de musulmans français ayant fait des études et racontant que leurs parents les ont mis dans des écoles catho en France*. Je ne lis nulle part que ces écoles catho les ont fait changer de religion.

- J'apprends que dans un département d'établissement public universitaire, TOUS les enseignants (sauf 1) ont mis leurs enfants dans le privé jusqu'au bac.
Et plusieurs correspondants, enseignants retraités, me disent qu'ils font le même constat.Bien sûr, on ne lit pas ça dans la presse. Les médias français sont silencieux. Il est des choses qu'on ne dit pas dans notre république où le blablaware se pratique sans contraintes !
Et je constate que bien des couples d'enseignants ayant fait toutes leurs études dans l' "enseignement public" mettent leurs enfants dans l' "enseignement privé".

* Par exemple dans "J'étais un 'sale Arabe' mais je suis français" (article de L'Orient-Le Jour" repris dans Courrier International de cette semaine dont le gros titre est "Les fractures françaises"

" le discours ethnologique dégénéré "

" le discours ethnologique dégénéré, omniprésent dans les médias depuis une génération, sur les ethnies forcément féministes, pacifiques et écologiques, leur " rapport au monde plus authentique que le nôtre ", leurs chamans à la " sagesse immémoriale " qui " nous font retrouver le sens de l'existence ", leur " lien ancestral privilégié à la Pachamama ", et autres carabistrouilles New Age d'une insondable niaiserie qui sont l'équivalent intellectuel exact du tourisme de masse (un " tourisme chamanique " est du reste en train d'apparaître en Amérique Latine et en Mongolie). "

J.P. Minaudier, Poésie du gérondif, Le tripode, pages 16-17

"Computers are Not Omnipotent"

Centre de Recherche en Informatique de l'Université Paris 1 
Pantheon-Sorbonne has the honor of inviting you to the talk of

*David Harel*: *"Computers are Not Omnipotent"*

*Monday, 2 February 2015, 10h, **
**Address:  Centre Pantheon (12, place du Pantheon), Salle 1.*
---------------------------------------------------------------------

To register for the talk, please, send an *e-mail with subject [Talk 
Harel]* to irina.rychkova@univ-paris1.fr

---------------------------------------------------------------------
*Abstract*:
In 1984, TIME magazine quoted the chief editor of a certain software 
publication as saying:

"Put the right kind of software into a computer, and it will do whatever 
you want it to. There may be limits on what you can do with the machines 
themselves, but there are no limits on what you can do with software."

This talk will survey results obtained over the last 80 years by 
mathematicians, logicians and computer scientists, which disprove this 
ignorance-based statement in a sweeping and fundamental way. We shall 
discuss problems that are provably non-computable, as well as ones that 
are hopelessly time- or memory-consuming (requiring far more time than 
has elapsed since the Big Bang, or requiring a computer would not fit 
into the entire known universe). Time permitting, we will also take a 
somewhat more amusing look at these facts, and relate them to the 
(im)possibilities of true artificial intelligence. The topic is very 
closely linked to some of Alan M. Turing's most important work.
-----------------------------------------------------------------------
*Short BIO of the speaker:*
David Harel is a pioneer in the field of computer science. During his 
academic career, he worked in several areas of computer science, 
including computability, logics of programs, automata theory., software 
and systems engineering, object-oriented analysis and design and visual 
languages.

Over the past 30 years Harel made a number of contributions bridging the 
gap between informal system descriptions and executable programs. He is 
widely known as an inventor of statecharts -- a visual modeling language 
for complex discrete event systems. He is also a co-inventor of live 
sequence charts (LSCs), the idea of reactive animation (2002) and 
behavioral programming (2010)  - the fast growing area of computer science.

David received a PhD from the Massachusetts Institute of Technology 
(MIT) in 1978. He is an author of more then 250 scientific publications, 
including 10 books. Since 1980 he has worked at the Weizmann Institute 
of Science in Rehovot, Israel, where he held the positions of department 
head and dean of the Faculty of Mathematics and Computer Science.

His awards include the ACM Karlstrom Outstanding Educator Award (1992), 
the Stevens Award in Software Development Methods (1996), the Israel 
Prize (2004), the ACM SIGSOFT Outstanding Research Award (2006), the ACM 
Software System Award (2007), the ACM SIGSOFT Impact Paper Award (2008), 
the Emet Prize (2010) and the ABZ Platinum Gold Medal from ETH Zurich 
(2013).
He has received honorary degrees from the University of Rennes (2005), 
the Open University of Israel (2006), the University of Milano-Bicocca 
(2007), the Technical University of Eindhoven (2012) and Bet Berl 
College (2014). He is a Fellow of the ACM (1994), the IEEE (1995), and 
the AAAS (2007), and is a member of the Academia Europaea (2006), the 
Israel Academy of Sciences and Humanities (2010), the US National 
Academy of Engineering (2014), and the American Academy of Arts and 
Sciences (2014).

" C’est une maladie de l’esprit qui se gagne comme la petite vérole"

On entend aujourd’hui par fanatisme une folie religieuse, sombre et cruelle. C’est une maladie de l’esprit qui se gagne comme la petite vérole. Les livres la communiquent beaucoup moins que les assemblées et les discours. On s’échauffe rarement en lisant : car alors on peut avoir le sens rassis. Mais quand un homme ardent et d’une imagination forte parle à des imaginations faibles, ses yeux sont en feu, et ce feu se communique; ses tons, ses gestes, ébranlent tous les nerfs des auditeurs. Il crie : « Dieu vous regarde, sacrifiez ce qui n’est qu’humain ; combattez les combats du Seigneur ! » et on va combattre.

Le fanatisme est à la superstition ce que le transport est à la fièvre, ce que la rage est à la colère.

Celui qui a des extases, des visions, qui prend des songes pour des réalités, et ses imaginations pour des prophéties, est un fanatique novice qui donne de grandes espérances ; il pourra bientôt tuer pour l’amour de Dieu. [...]

Il n’est d’autre remède à cette maladie épidémique que l’esprit philosophique, qui, répandu de proche en proche, adoucit enfin les mœurs des hommes, et qui prévient les accès du mal; car dès que ce mal fait des progrès, il faut fuir et attendre que l’air soit purifié. Les lois et la religion ne suffisent, pas contre la peste des âmes ; la religion, loin d’être pour elles un aliment salutaire, se tourne en poison dans les cerveaux infectés. [...]

Les lois sont encore très impuissantes contre ces accès de rage : c’est comme si vous lisiez un arrêt du conseil à un frénétique. Ces gens-là sont persuadés que l’esprit saint qui les pénètre est au-dessus des lois, que leur enthousiasme est la seule loi qu’ils doivent entendre.

Que répondre à un homme qui vous dit qu’il aime mieux obéir à Dieu qu’aux hommes, et qui en conséquence est sûr de mériter le ciel en vous égorgeant ?

Lorsqu’une fois le fanatisme a gangrené un cerveau, la maladie est presque incurable. [...] "

Voltaire, Dictionnaire philosophique portatif (1764),
article "Fanatisme", section II.
 
Site Meter