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dimanche 2 juin 2019

Je me souviens de Michel Serres


 » En 1968, pour impressionner mes étudiants, je leur parlais de politique. Et pour les faire rire, je leur parlais de religion. Aujourd’hui, c’est l’inverse. »

Michel Serres.

« Que nul n’entre ici s’il est illusionniste. Inversement, toute philosophie, tout discours et tout texte qui évitent ce lieu gardent les coudées franches pour tromper indéfiniment et paraître à chacun ne jamais se tromper. Le critère de vérité c’est le risque d’erreur. Le seul chemin vers l’invention, c’est le consentement total à se tromper, devant les autres. Tout le reste n’est que pouvoir. »

Michel Serres in La naissance de la physique dans le texte de Lucrèce, Editions de Minuit, 1977
 
Je l’ai découvert lors d’une conférence organisée par à la faculté des lettres de Nantes dans les années 70 par le professeur Jean-Louis Gardies.


Serres nous a fait une conférence sur la fable Le loup et l’agneau. Il a montré que La Fontaine avait construit sa fable sur la structure d’ordre. Il a commencé très pédagogiquement à expliquer ce qu’est une structure en maths. Des relations entre des objets. En maths on ne sait pas quels sont ces objets et quelle est la signification de ces relations. Quand on choisit un ensemble d’objets (des employés par exemple) et une relation (est chef de, par exemple), si tous les théorèmes de la structure sont vrais, alors on a un modèle de la-dite structure. Et il nous a montré les différents modèles de la fable ( (plus fort-plus faible, modèle biologique, amont-aval, modèle spatial, parent-enfant, modèle généalogique, etc.).
A la fin un auditeur lui a demandé « Qui nous dit que La Fontaine a construit sa fable ainsi ? » Serres lui a répondu. « prouvez-moi le contraire ? ou quelque chose approchant.
J’ai toujours le texte de cette conférence qui avait été publié à l’Université Libre de Bruxelles sous le titre  » Le jeu du loup « . On ne le trouve pas sur la Toile. A été publié dans
Savoir, faire, espérer : les limites de la raison. Volume publié à l’occasion du cinquantenaire de l’École des sciences philosophiques et religieuses et en hommage à Mgr Henri Van Camp (Publication des Facultés universitaires Saint-Louis, t. 5). 1976
J’ai ses Hermes. Beaucoup moins pédagogiques et brillants que sa conférence.  Et son :

Mais sur la Toile on  trouve cité des milliers de fois son livre Petite poucette.

Ah pour être connu…il faut faire dans le sens du vent. Pourtant « en même temps  » Serres a pu dire… (voir plus loin)

J’écrivais en 2015

« Grâce aux NTIC, le temps est d’amour » Ben couillon ! C’est du Michel Serres ! depuis qu’il est à l’Académie, il fait dans le moderne. Ben couillon !et quand on sait que  « sans amour on n’est rien du tout » ! (E. Piaf) On m’écrit :  » Michel Serres : « Un allumé qui se prend pour un phare » … ce n’est pas de moi, c’est de René Pommier (il y a au moins 10 ans déjà !  »


 » Ce que je voudrais moi, c’est inviter les Français à faire la grève, chaque fois qu’une publicité sera en anglais on n’achète pas le produit, chaque fois qu’un film ne sera pas traduit dans le titre, on ne rentrera pas dans la salle de cinéma. On ne rentre pas dans un shop, on entrera dans une boutique. Et dès lors que les publicitaires et les commerçants auront 10 % de moins de chiffre d’affaires, ne vous en faites pas, ils reviendront au Français. La classe dominante n’a jamais parlé la même langue que le peuple. Autrefois ils parlaient latin et nous, on parlait français. Maintenant la classe dominante parle anglais et le français est devenu la langue des pauvres ; et moi je défends la langue des pauvres. Voilà, c’est pour ça que je demande qu’on fasse la grève. J’en ai marre que la SNCF nous fasse des «smiles». J’en ai plein le dos de cette affaire. Je suis d’accord qu’il y ait une langue de communication, il y en a toujours eu une. Autant ce genre de choses commence à mettre la langue française en péril et c’est dramatique. Il y a plus de mots anglais sur les murs de Toulouse qu’il y avait de mots allemands pendant l’occupation. Par conséquent qui sont les collabos ?   » Michel Serres
La Dépêche du Midi


2018 : Défense et illustration de la langue française aujourd’hui, (avec Michel Polacco), Paris, Le Pommier

lundi 1 février 2016

Pédagogie. Nihil nuevi sub sole !

http://www.lemonde.fr/campus/article/2016/01/25/quand-les-etudiants-concoivent-leurs-cours_4852910_4401467.html#xtor=RSS-3208


J'ai fait ça il y a au moins 20 ans (c'était avant les blogs) en "Année Post Premier Cycle"
 (APPC) à l'IUT pour un groupe d'une vingtaine d'étudiants.

Un cours par 2 étudiant. Je leur donnais toute ma doc, mes transparents, mes livres, etc. 

Mais ils pouvaient faire ce qu'ils voulaient. Bien sûr, je répondais à leurs questions. 
Et ils avaient au moins un étudiant attentif et qui posait des questions : moi !
Ce qui faisait au moins trois personnes par séance qui savaient de quoi on parlait.
Ce qui est une excellence performance maintenant.



Ça a marché un an. L'année suivante quand j'ai demandé à la nouvelle promo s'ils voulaient,

 ils m'ont dit non. Ils savaient pas les anciens que c'était bien mais que ça demandait du travail !  
et savaient aussi que je n'avais pas le soutien des collègues. Bien vu !

Alors je ne manquais pas de montrer pour certains cours que j'utilisais certains transparents et
exemples donnés par des étudiants de l'année précédente.


mercredi 20 janvier 2016

" Du temps qu’on allait encore aux baleines "

 Paul Fort

Du temps qu’on allait encore aux baleines
Si loin qu’ça f’sait, mat’lot, pleurer nos belles
Y avait sur chaqu’route un Jésus en croix
Y avait des marquis couverts de dentelles
Y avait la Sainte Vierge
Et y avait le Roi !

Du temps qu’on allait encore aux baleines
Si loin qu’ça f’sait mat’lot pleurer nos belles
Y avait des marins qui avaient la foi
Et des grands seigneurs qui crachaient sur elle
Y avait la Sainte Vierge
Et y avait le Roi

Et bien, à présent, tout le monde est content
C’est pas pour dire mat’lot, mais on est content !
Y a plus d’grands seigneurs ni d’Jésus qui tiennent
Y a la république et y a l’président
Mais y a plus de baleines !

http://www.georgesbrassens-gb.eu/Documents/Henri_ROLAND/Henri_Roland_Les_Baleines.mp3

http://www.georgesbrassens-gb.eu/Documents/Alain_BARRIERE/Alain_Barriere_Les_Baleines.mp3

samedi 5 décembre 2015

"" A cette époque Internet c'était le marché, la Toile c'était de la toile de bâche, on "chattait" devant les étals,"

" A cette époque Internet c'était le marché, la Toile c'était de la toile de bâche, on "chattait" devant les étals, au cul des vaches, au-dessus des cages à poules et des cageots de légumes. Une fois le marché fini, fallait attendre la semaine suivante pour avoir du réseau, sinon il fallait changer d'opérateur en allant sur un autre marché, dans une autre bourgade [...] "

Philippe Torreton, Mémé, L'Iconoclaste, page 106

dimanche 1 mars 2015

"Nos seuls remparts contre la mort sont la culture, c'est-à-dire la mémoire, et l'art"


"Un écrivain n'a pas de réponse politique à opposer à cette implacable
usure du temps ; en revanche, il en a une, singulière, qui lui est fournie
par son art, et Byron donne l'exemple de ce que pourrait être cette
réponse, quand aux cités détruites, aux débris mutilés, à la puissance
évanouie, il oppose la lettre de Servius Sulpcius, "sa page toujours
vivante" (his yet surviving page), où est conservée la leçon morale d'un
pareil pèlerinage. Nos seuls remparts contre la mort sont la culture,
c'est-à-dire la mémoire, et l'art, qui est la feuille où, tel un
entomologiste qui garde aux ailes fugitives des papillons leurs couleurs
diaprées, nous fixons nos amours mortes et nos illusions abolies. [...] La
fonction de l'écriture est une fonction résurrectionnelle, pascale. [...]
Oui, nos mots, nos pauvres mots, sont pareils à ces cierges qui brûlent
dans la nuit de Pâques où les tombeaux s'ouvrent et où la mort est
vaincue".

Gabriel Matzneff, La Diététique de Lord Byron, éd. Folio, 1984, p. 86-88.

dimanche 15 février 2015

Défense et illustration de Liliane Bettencourt

À la barre, le petit-fils de Liliane Bettencourt, Jean-Victor raconte cette anecdote.


« Un jour, ma grand-mère me dit :
- Ta mère m'embête car j'ai donné un million à Banier !
- Non, plutôt un milliard.
- Ah, bon... Ça fait quand même beaucoup... »


Moi, je vais prendre la défense de Liliane !

Tout d'abord, je rappellerai qu'elle a fondé (elle a financé) la première chaire d'informatique au Collège de France. Ce n'est pas notre République qui l'a fait ! Ah ah !

Ensuite, je vous rappellerai cette anecdote. Un professeur sadique de génie mécanique a un jour posé en examen (il paraît même qu'il y a une maison pour ça à Paris !) - quoi, un prof qui se prend pour un procureur  ! qui met en examen ! et que font les associations de parents d'élèves ? - un sujet consistant à calculer la hauteur d'une cheminée. Et figurez-vous, oui je dis bien, figurez-vous, que plus de 50 % des étudiants ont donné une hauteur de plus de 3 kilomètres (3000 mètres, des mètres, pas des grammes). Ils ne se sont même pas dit que "ça fait quand même beaucoup". Et tout ça par la faute d'un enseignement qui ne met pas l'élève au centre, qui fait que les élèves se mettent la tête dans les livres et n'ont jamais regardé une cheminée. Ou la faute à cet industriel français qui rêvait avec les écologistes d'une industrie sans usine ... en France (pas en Chine ou en Inde).

Enfin, je n'oublierai pas que l'Oréal a fait sauvé Cadum. Je suis un des bébés Cadum illustre inconnu, comme aurait dit Alexandre Vialatte. Et je n'oublierai pas aussi Dop dop dop et le berlingot que j'ouvrais d'un coup de dents (j'ai encore le goût sur la langue). 




Qui prendra la défense de Liliane ? à part les requins qui en veulent à notre patrimoine, car le patrimoine de Liliane est notre, n'est-ce pas.

S'il n'y en a qu'un ce sera moi. Et pour pas un radis !

vendredi 12 décembre 2014

Bruno Lussato

J'apprends qu'il est décédé par un article de mon blogueur quotidien :
http://perinet.blogspirit.com/archive/2014/12/09/wistiki.html

Je m'en souviens bien. J'avais été reçu chez lui au rond-point des Champs-Elysées. En face de chez Dassault ("Jour de France") Je venais le voir pour peut-être lui proposer un ouvrage à publier. Reçu par un noir en livrée. J'ai attendu dans une pièce où étaient déposés des tableaux de maîtres, certains à demi-déballés, entre autres des Miro. Des roses à profusion. Tapis de haute laine. Je me souviens de mes souliers crottés que je ne savais où cacher.

Il tenait la chaire des Organisations au CNAM. Je me souviens que j'étais tout d'abord allé au CNAM pour le rdv. On m'y a dit "Vous n'y pensez-pas !". Il vous faut aller au Rond-Point". Ah ! quel rond-point ?!

Plus tard je l'ai fait intervenir à La Baule lors d'un congrès des informaticiens municipaux. Il m'avait dit qu'il ne demandait pas à être rémunéré puisqu'il parlait à des municipaux. Il voulait seulement le meilleur hébergement de La Baule. Je me souviens que, quand l'organisateur du CNPT (est-ce que ça s'appelait ainsi à l'époque ?) lui a présenté sa chambre dans le plus prestigieux hôtel de la Baule, il lui a demandé " Quelle est votre chambre ?" et a répondu "C'est la votre que je veux" !

Je pensais avoir pas mal de choses sur mon blog sur lui. En fait, je ne retrouve que ça récent :

http://lefenetrou.blogspot.fr/2007/04/parsifal-lopra-de-munich.html

http://lefenetrou.blogspot.fr/2011/02/musee-international-du-stylo-et-de.html

Je n'ai pas gardé ses ouvrages. Plus de place à la maison.

Souvenirs de l'époque :
http://lefenetrou.blogspot.fr/2008/11/un-fil-dariane.html
http://lefenetrou.blogspot.fr/2007/05/lhistoire-dapple.html


Google m'en apprend plus.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bruno_Lussato
http://www.brunolussato.com/
http://www.brunolussatoinstitute.be/FR/Institute/
http://archive.francesoir.fr/actualite/politique/mort-bruno-lussato-43440.html

mercredi 3 décembre 2014

Nounours, Nicolas et Pimprenelle

L'émission de télévision que regardaient tous les enfants français dans les années 60. Quand la télé était en noir avec une seule chaîne.

Nounours, Nicolas et Pimprenelle

https://www.youtube.com/watch?v=ty64YA7_fDE

https://www.youtube.com/watch?v=MX4f3aTJETE

https://www.youtube.com/watch?v=C-vtPlY-8UY

https://www.youtube.com/watch?v=ytK63wCQ3f4

https://www.youtube.com/watch?v=ALkoR8nJgyo

https://www.youtube.com/watch?v=fMklZHKS_mM

et plus tard en couleur (vous serez d'accord avec moi, c'est beaucoup moins beau et ça fait moins d'effet !)

https://www.youtube.com/watch?v=L8B0IdYJMt4

mardi 5 mars 2013

Quand la gare d'Orsay à Paris accueillait le Grand Magic Circus de J. Savary

"La gare fut alors utilisée successivement comme centre d'expédition de colis aux prisonniers pendant la guerre, puis comme centre d'accueil des prisonniers à la Libération. Elle servit de décor à plusieurs films (dont le Procès de Kafka adapté par Orson Welles), de havre momentané pour la compagnie de théâtre Renaud Barrault puis pour les commissaires-priseurs, pendant la reconstruction de l'Hôtel Drouot.
L'hôtel ferma ses portes le ler janvier 1973, non sans avoir joué un rôle historique puisque c'est dans la salle des Fêtes que le général de Gaulle tint la conférence de presse qui annonçait son retour au pouvoir."
lit-on sur le site du Musée d'Orsay, rien sur le Grand Magic Circus !

Je commençais à m'inquiéter de ma mémoire, même si je sais que la toile d'araignée est pleine de trous. Ouf, j'ai trouvé :

" Ensuite un photographe italien pour qui je (MONA HEFTRE:) posais m'a emmenée voir de Moïse à Mao à la gare d'Orsay. Il m'a dit: "Tu devrais rencontrer Savary, je sais qu'il cherche une actrice pour son film, quelqu'un comme toi peut lui plaire". Quand on est artiste, on est éternellement en train de chercher du boulot, donc j'ai rencontré Savary qui m'a dit qu'il viendrait me voir pendant un strip-tease, ce qu'il a fait avec Colette Godard, comme je vous l'ai dit. Il m'a engagée dans Good Bye Mister Freud qu'il avait écrit avec Copi. Il se trouve que Copi était quelqu'un que j'adorais vraiment; je l'avais déjà rencontré ailleurs, et l'idée qu'il y ait Copi me plaisait. Je me suis très bien entendue avec lui tout le temps. Les répétitions étaient déjà bien commencées; quand je suis arrivée Copi m'a dit: "Allez viens, on va improviser un truc tous les deux". La première avait lieu dans trois semaines, il n'y avait déjà pas assez d'argent, mais Savary a trouvé ça magnifique et a voulu garder la scène. Je me suis intéressée d'un peu plus près à Savary, je trouvais qu'il avait des qualités et puis voilà au fil du temps , des mois, il a fini par me séduire, parce qu'il est séduisant... Il avait 32 ans et il était quand même beau gosse [rires]."

samedi 9 février 2013

Les rameaux de buis

http://lecheminsouslesbuis.wordpress.com/2009/04/05/des-rameaux-pour-la-fertilite/

Le bâton de lit


"Par-dessus, lit de plumes, draps de toile et couverture en laine de mouton sont bien étirés grâce au bâton de lit qui permet de refaire le lit aisément et de taper édredons, traversins et oreillers en plume."
http://www.lecture-et-patrimoine-mussy.fr

La table de nuit (ou table de chevet) et son pot de chambre (ou Jules)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Table_de_chevet
http://monvillage.blog50.com/archive/2010/02/16/le-pot-de-chambre.html

Extrait d'un dictionnaire :
http://www.russki-mat.net/find.php?l=FrFr&q=jules&c=lem

Pourquoi Jules ?

" Le pape saint Jules était invoqué contre la constipation!  C’est sûrement grâce à lui que l’on doit le surnom familier de  » jules » pour désigner un pot de chambre! Il était aussi le patron des vidangeurs des fosses d’aisances… Saint Jules ( fête le 19 août) fut un martyr à la fin du IIe siècle. Sénateur romain, il arrêta le bras ( ce qui lui valut d’être bastonné jusqu’à ce que mort s’ensuive) de l’empereur Commode, qui était en train de battre sa femme; les femmes battues par leur mari en firent leur patron. Jules César, fut le premier à imposer ce prénom aux Gaulois."
http://binjimeunblogfr.unblog.fr/2012/10/19/jules/

Jules me fait penser à Raimu
http://fr.wikipedia.org/wiki/Raimu

 et à la chanson Le fils-père :
Il était beau, il s'appelait Jules
Il n'avait pas encore fauté
Quand certain soir, au crépuscule
Par le désir il fut hanté.
Juste à ce moment une brunette
Qui descendait de l'autobus
Lui dit : "Viens-tu dans ma chambrette ?
J'habite au quartier Picpus..."

http://dutempsdescerisesauxfeuillesmortes.net/paroles/fils_pere.htm

samedi 4 février 2012

Jean-Louis Baudelocque

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Louis_Baudelocque

Je recherchais ce nom depuis que j'ai commencé à rédiger mes mémoires. Et aujourd'hui je lis, de retour de Venise, Paul Morand, Venises, L'imaginaire, Gallimard. Et je trouve :
"A présent, les vierges vont attendre les garçons dans leur lit ; au début du siècle,= nous n'avions que des prostituées, et encore fallait-il avoir accès au bordel ; cela dépendait de la taille du client ; le premier de nos camarades de classes à y entrer fut Baudelocque - le fils du célèbre accoucheur - qui nous dépassait de deux têtes [...]. C'était encore l'Italie du jeune Beyle, de ses "deux ans sans femme" ; il voulut y remédier : à dix-huit ans, la vérole. "

Ma mère s'est longtemps demandé où était passé son Baudelocque 'Art des accouchements, 1781. Je vois encore la couverture. Il me faudra le retrouver.

" Il est le plus célèbre des médecins accoucheurs de son époque. Père de l’obstétrique et auteur de L’art des accouchements, il fit de l'obstétrique une discipline scientifique."

vendredi 25 février 2011

Une erreur de plusieurs milliards

"Un jour de « stage » j'ai entendu le chef pousser un cri d'horreur :
« Quoi ? Regardez Raymonde (c'était le prénom de ma mère) il y a une erreur de plusieurs milliards !»
Ma mère stupéfaite aussi regardait une carte perforée ou son résultat sur une feuille.
Moi, j'étais content de constater que d'autres pouvaient aussi se tromper et de plusieurs milliards !
Le chef et ma mère sont sortis du bureau en refermant la porte. Je n'entendais rien mais voyais le chef apostropher les mécanographes. L'une d'entre elles avait commis l'énorme erreur et pas de quelques centimes comme moi, mais de plusieurs milliards !
Aucune, bien sûr, n'avait l'air au courant mais chacune devait douter d'elle-même.
Le chef est revenu dans le bureau avec un sourire crispé et a demandé à ma mère de rectifier l'erreur, pas à moi.
Le soir suivant, lorsque ma mère est rentrée du bureau, bien à l'heure car Léontine veillait, elle nous a raconté qu'une erreur de plusieurs milliards s'était encore produite !
Et le soir suivant. Le chef finissait par penser que la coupable le faisait exprès pour saboter cette grande et noble société. D'après lui il ne pouvait s'agir d'une faute d'inattention car elle aurait été de quelques francs voire des milliers mais pas des milliards et pas tous les jours !
Un soir, le chef était resté avec mère après le départ des employées et ils avaient discrètement écrit au crayon sur les cartes du lendemain des numéros correspondant à chacune d'elle.
Je ne sais pas pourquoi ils ne pouvaient identifier facilement la provenance de chaque carte perforée mais il devait y avoir une raison pour qu'ils utilisent ce truc pour y arriver.
Enfin la responsable avait été démasquée ! Il s'agissait en fait d'une grosse dame équipée d'une très forte poitrine et qui, à chaque fois qu'elle se penchait pour actionner son chariot appuyait avec sur les touches, sans s'en rendre compte.
Ce fut l'hilarité générale sauf pour la dame qui devait être morte de honte…La pauvre, je la comprenais moi."

mémoires extraites de
http://achar.canalblog.com/archives/2005/02/index.html

Merci à l'auteur aujourd'hui disparu.

Mémoires d'un parisien

http://achar.canalblog.com/archives/2005/02/index.html
un peu limousin
 
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