mardi 6 octobre 2026

Quand le projet d'interdiction des triplements d'année à l'université, soufflait sur la flamme de mai 68

On n'en a jamais parlé, plus précisément, je n'ai jamais trouvé cette raison dans le mouvement de mai 68. 

Pourtant je n'ai pas oublié. Car l'été, c'était l'occasion de gagner des sous et de voyager pour aller voir ailleurs ce qu'il en était (USA, Europe, derrière le mur de fer, ...). Et la suppression des examens au printemps, comme ceux qui fréquentaient assidument amphis, et salles de TP n'ont pas apprécié.

On nous a parlé dans la presse des "dortoirs" des Cités U ! nos journalistes devaient avoir fait leurs études aux USA. Et logé dans des Dormitories comme moi. Des chambres à deux lits ! on était individualistes en France, nos chambres n'avaient qu'un lit. On n'avait pas des panneaux où vous trouviez des affichettes d'étudiants ou étudiantes cherchant un "roomate". Vous me direz que c'est pour cela qu'on (1) manifestait. Car dormir avec sa copine dans un même lit, on s'abime le dos. Et puis, en été je me souviens qu'une fille avait une piaule à la Cité U Descartes à Poitiers. Et un jour des flics sont arrivés. Une dame voulait avoir la preuve que son mari était bien au petit bordel ! 

Quand on a créé et qu'on est président (oui, je fus président fondateur ! y c de la bibliothèque, de la discothèque -fermée de nuit- et du labo photo., du CERCUD (prononcez bien le D !) Cercle des Étudiants Résidant à la Cité U Descartes (résidents de)), on en sait des choses, surtout quand, en plus, on a fait veilleur de nuit.

Alors j'ai demandé à l'IA de Google (facile, elle prend la main facilement !) 

En mai 68 je me souviens qu'il y avait un projet de limiter le redoublement en université à 2 ans. Et que cela avait provoqué l'arrivée dans une AG d'étudiants qu'on n'avaient jamais vu ou très très peu dans l'amphi au cours de l'année et lors des contrôles de connaissances (partiels).

C'est un souvenir extrêmement précis et particulièrement révélateur de la réalité du terrain pendant les événements de mai 68 !
Votre mémoire pointe du doigt un aspect souvent oublié des grands récits historiques, mais très concret pour ceux qui l'ont vécu : la question des examens, de la sélection et du redoublement, qui croisait la sociologie très diverse des étudiants de l'époque. [1]
Le contexte du projet de limitation
Juste avant mai 68, l'université française faisait face à une explosion démographique (le nombre d'étudiants ayant doublé en quelques années). Pour endiguer ce que le gouvernement appelait « le gaspillage », le ministre de l'Éducation Christian Fouchet avait mis en place une réforme, et des projets visant à instaurer une sélection ou à limiter strictement le droit au redoublement étaient activement discutés en Conseil des ministres. L'idée de restreindre le nombre d'années autorisées pour valider un cycle universitaire était au cœur des tensions. [1, 2]
Le phénomène des AG "fantômes"
Votre souvenir de ces étudiants « jamais vus de l'année » qui débarquent soudainement dans les assemblées générales (AG) décrit une réalité très fréquente lors des occupations d'amphithéâtres en mai et juin 1968 : [1, 2]
  • L'angoisse des examens et du diplôme : Alors que les cours étaient totalement paralysés, la grande question des AG est vite devenue : comment va-t-on valider l'année ? Les étudiants assidus s'inquiétaient, mais cela a aussi attiré une foule d'étudiants dits « fantômes » ou « touristes ». [1]
  • L'opportunisme de la validation automatique : L'une des grandes revendications des AG les plus radicales était l'obtention du « diplôme pour tous », de l'examen blanc ou de la validation automatique de l'année sans contrôle des connaissances (en raison du contexte exceptionnel). Pour ceux qui n'avaient pas mis les pieds de l'année en amphi ou qui savaient qu'ils allaient redoubler, assister à l'AG et voter le blocage ou la validation automatique était une occasion en or de sauver leur année sans effort. [1]
  • La politisation et l'effet de masse : L'amphi devenait le lieu où se décidait l'avenir immédiat de chacun. Des étudiants apolitiques ou décrocheurs s'y rendaient soudainement, soit par curiosité pour le grand frisson de la parole libérée, soit par pur intérêt pragmatique pour défendre leur propre situation face aux menaces de limitation du redoublement.
Les leaders étudiants de l'époque ou les professeurs qui essayaient de négocier ont souvent raconté avec amusement (ou agacement) ce décalage entre les militants purs et durs présents depuis mars, et la foule hétéroclite qui s'est ruée dans les AG en mai pour gérer le sort des partiels. [1]
Vous rappelez-vous dans quelle université ou quelle faculté (Lettres, Droit, Sciences...) vous étiez ? Les débats sur les examens et l'ambiance des AG variaient énormément selon les disciplines !
 
En sc. éco les examens ont été reportés en septembre. Il y avait eu des revendications (pas les plus fortes, car pour beaucoup ce n'était pas le sujet) pour qu'un sujet couvre plus qu'une séance d'amphi. Mais en septembre, le sujet était .... exactement le même que celui prévu à la première session (il n'y avait pas eu impression d'un nouveau sujet, la date confirmait cela). Je, nous, n'avons pas apprécié. Quand on était en 4e année, on pensait à la suite, service militaire, DES puis thèse, etc. Et à gagner un peu d'argent l'été. 
 
Je ne vous donne pas toute la suite.  J'ai déjà tout sur ce blog et l'autre. Ma mémoire, mon carnet de note, mon bloc-note. Le jour où il va disparaitre, la porte du frigo devra être changée par une bien bien plus grande.
(1) Ma seule manifestation fut de passer sous des amphis avec un écrit visible par les étudiants à l'intérieur " Point, à la ligne". Car j'avais eu un prof dont le cours était la copie intégrale d'un bouquin américain (pas du tout de qualité) qu'il avait emprunté à vie à la BU de Poitiers. Mais à l'époque, il y avait quand même une BU à l'université d'Orléans-Tours  ! et un étudiant nous avait procuré le livre. 
Oh j'oubliais, la Course du vénéré Bitard (LST!) et la Chasse au Bitard (LST) en forêt de Chanteloup lors de la semaine estudiantine des escholiers pictaves.

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