"Mais à la suite de mesures de rationalisation et de la fermeture du département de langues classiques et modernes, il se retrouve professeur associé en communications. Comme tous les enseignants touchés par la rationalisation, il lui est permis d'enseigner un cours par an dans sa spécialité, quel que soit le nombre des inscrits, parce qu'on a souci de maintenir le moral du corps enseignant. Cette année il a décidé de donner un cours sur les poètes romantiques. Le reste de son service se fait en première année de communications, cours 101 : "Techniques de communication", et en deuxième année, cours 201, "Techniques de communication, niveau avancé".
Bien qu'il consacre chaque jour des heures à sa nouvelle discipline, il trouve que le principe sur lequel elle repose, tel qu'il est exprimé dans la brochure de Communications 101, est ridicule [...]
Enseignant plutôt médiocre, il lui semble que dans cet établissement d'enseignement, dans sa nouvelle formule émasculée, il est moins à sa place que jamais. Mais c'est le cas de certains de ses collègues d'antan, encombrés de formations qui ne les ont pas préparés aux tâches qu'on leur confie ; autant de clercs, à l'époque post-moderne chrétienne que nous vivons.
Comme il n'a aucun respect pour ce qu'il doit enseigner, il laisse ses étudiants indifférents. Ils le regardent sans le voir quand il fait cours, ils ne savent pas son nom. Leur indifférence le blesse plus qu'il ne voudrait l'admettre. Il ne s'en acquitte pas moins à la lettre des obligations qu'il a envers eux, envers leurs parents et envers l'État."
Disgrâce, p.11-12, Points, J.M. Coetzee, Prix Nobel 2004
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