jeudi 26 mai 2011

Capes : les épreuves écrites sont entièrement supprimées !

De notre veilleur de l'Educ Nat :

" Arrêté du 27 avril 2011 du Ministre de l'EN (je ne le découvre qu'aujourd'hui !) :

Pour le CAPES INTERNE (toutes les sections disciplinaires), les épreuves écrites sont entièrement supprimées. Seules subsistent les épreuves orales, dans les mêmes conditions qu'avant.

Je vous recommande le Capes d'anglais (800 postes, 500 candidats)

"Les concours de recrutement se portent bien", Luc Chatel.

On progresse ! on progresse ! "

Extra ! les vieux instits vont être fort demandés... par exemple, pour rédiger les mots pour les parents.

Une critique d'Athalie au Grand T à Nantes, une critique de The Tree Of Life au ciné

Un correspondant nous écrit :

Voici donc les comptes rendus promis. Le premier concerne "Athalie" de Racine (vu au Grand T, jeudi soir) et le second le film "The Tree ofLife", vu au Katorza hier soir.

Athalie était grandiose ! J'ai adoré. Musique baroque somptueuse (J.B. Moreau) par Guillaume Humbrecht, un 1er prix de conservatoire. Voix superbes. Eclairage à la bougie (toute la salle !!!), la troupe n'était composée que de femmes (c'est normal : Racine avait composé la pièce pour des écolières) et les femmes tenaient les rôles d'hommes. Tous les personnages portaient les grandes toges noires des écolières des maisons d'éducation du Grand siècle, on les différenciat à leur coiffe (l'odieuse reine Athalie avait une couronne de rubis, le grand prêtre un chapeau de curé, etc.) et surtout, surtout... - la chose a dérouté le public - la pièce était rendue en prononciation restituée (selon les leçons du grand
Eugène Green, le promoteur de cette nouvelle façon de jouer). Les acteurs déclamaient donc les alexandrins raciniens avec la prononciation conventionnelle de la scène du XVIIe siècle. En gros, cela ressemble un peu à du québecois, si vous voulez ("r" roulé, aucune lettre nasalisée, les -s du pluriel sont prononcés, ainsi qu'à peu près toutes les lettres muettes). Les alexandrins étaient dit impeccablement, sans erreur (ce qui, on le sait, n'est même plus toujours le cas à la Comédie-Française).
JAMAIS les volontés de Racine n'auront été aussi bien respectées !
Moi-même, j'étais abasourdi par une telle perfection ! C'est là qu'on
voit que nous sommes dans un pays riche, voire très riche, pour se permettre de tels spectacles. Et en province !!!! C'est inouï !

Évidemment, le public a été dérouté. Au début, la salle était au 3/4 pleine, et environ 1/4 des gens est sorti pendant le 1er acte. Forcément, le français du XVIIe siècle en prononciation restituée... ça déroute !
Cela reste pourtant parfaitement compréhensible.

Il faut que vous sachiez que suite aux travaux d'Eugène Green (un comédien-linguiste), il est de plus en plus courant de voir des pièces classiques représentées en prononciation restituée. Cela révolutionne la scène française depuis environ les années 2005. En fait, on prononce le français exactement comme il était prononcé par les acteurs du temps de Racine. Attention : il s'agit d'une prononciation conventionnelle. Elle est proche de la façon dont parlait Louis XIV (par ex.), mais s'y ajoutent des conventions de prononciation propres à l'éloquence de la scène (idem pour le barreau et pour la chaire) : par ex. on roule le -r- , qui n'était déjà plus roulé à Paris au XVIIe siècle, de même qu'on prononce les -s du pluriel, alors que ce n'était déjà plus le cas depuis environ le XIVe
siècle, à Paris.
Tout ce savoir découle d'une science qu'on appelle la "phonétique historique du français", qui est une matière très lourde (et généralement détestée !) des étudiants en lettres, et qui donne lieu à une grosse épreuve écrite au Capes et à l'agrégation de lettres. C'est une des branche de l'histoire de la grammaire.



Hier soir, je suis donc allé voir "The Tree of Life" de Terence Malick, avec Brad Pitt et Sean Penn. Pour la première fois de ma vie, je vais me permettre d'édicter une fatwa : je défends à XXXXXXXXX et à YYYYYYYYYYY d'aller voir ce film ! Pourquoi ? parce que je ne crains pas seulement que vous vous y ennuyiez... j'ai peur pour votre santé : vous allez attraper unulcère ! (ou pire encore !)

Le film est une LONGUE prière de 2h19 ! Tout y est chrétien, sans exception ! C'est incroyable ! On est à la messe. A la messe sur grand écran.

Là encore, j'ai vu des gens (une bonne 30aine) sortir de la salle après 20 mn de film, manifestement excédés.

Le film ne raconte aucune histoire. Il n'y a pas vraiment de narration. C'est particulièrement étrange : il s'agit d'une succession d'images, parfois sans rapport les unes avec les autres (la mer, le désert des Pères, les montagnes, la planète saturne, les temps préhistoriques, une caverne, le ciel, etc.), qui visent à montrer les manifestations de la gloire de Dieu, la grandeur de la Création, sur fond de musique sacrée (tout y passe : du Lacrimosa jusqu'à la Messe en si...) On voit la main de Dieu en train de façonner la terre (les volcans, les mers), l'univers et le système solaire, etc. Les rares paroles des acteurs sont presque
toujours des citations bibliques, ou alors sont dans un style prophétique ou proverbial (> du Livre des Proverbes).

Le film m'a en grande partie rappelé un autre film (halluciné)récent : "Lovely Bones" ("Charmants ossements" ?...), où on voyait une jeune fille de 14 ans assassinée par un pédophile dès le début du film, puis les 2h suivantes racontaient son accession au paradis, dans un défilés d'images saisissantes, faisant comprendre que la jeune fille était submergée par de successives et puissantes vagues d'amour et de bonté, jusqu'à l'éblouissement final, dans un champ de blé.

Si j'ai bien compris le but du film (et je pense l'avoir bien compris), le seul intérêt est là : démontrer l'infinie bonté de Dieu, l'infinie perfection de sa création, et ses desseins grandioses. Tout a une cause.
Une cause parfaite. L'ordre du monde est divin. Tout est bien. Il n'y a rien à craindre. Les choses ne peuvent pas être plus parfaites. Et nous, les hommes, sommes aimés au-delà de l'imaginable, au-delà de ce que nous pouvons intellectuellement concevoir.

C'est évidemment un film américain tout plein de foi protestante, c'est-à-dire d'une forme du christianisme beaucoup plus mystique (plus "illuminée", plus messianique) que ce que nous connaissons avec le catholicisme européen. Le film fait aussi l'apologie de l'éducation traditionnaliste et familiale chrétienne : le père a tout pouvoir dans la maison (les enfants tremblent devant son autorité), sa femme n'a rien à dire (elle n'est là que pour donner de l'amour aux siens, et c'est tout), la flopée de marmots jouent à la balle dans le jardin, avec le chien, et se prennent des coups de règle sur les doigts s'ils ne récitent pas bien la prière, ou s'ils osent demander le pourquoi les décisions du père.

Au-delà du choc des images (certaines sont vraiment éblouissantes, surtout avec la musique sacrée), il y a tout de même deux choses bien dans ce film :

1) Il y a de longues scènes centrées sur les petits garçons qui jouent. Et
c'est vrai qu'ils sont adorables à contempler, si pleins de vie. (Je comprends mieux pourquoi le réalisateur a auditionné 1000 enfants avant de tourner le film).

2) On voit une maison de verre ! C'était un truc très à la mode aux USA, dans les années 1960. C'est un truc TYPIQUE de l'esprit protestant américain : il n'y a pas de frontière entre la vie privée et la vie publique (demandez à DSK ! ah ! ah !), on ne doit rien avoir à cacher à ses voisins, on ne doit pas vivre derrière une palissade, toutes les relations reposent sur la confiance et la transparence (demandez à B. Madoff ! Ah ! ah !). Je n'ai jamais vu de maison de verre en Europe, où le catholicisme apprend plutôt à se planquer et à s'humilier devant Dieu.
On ne le sait pas, mais c'est de la mode des maisons de verre que viennent (certains) gratte-ciel tout en verre, à Manhattan. Surtout pour des sièges de société. On doit symboliquement tout montrer, ne rien cacher [aux actionnaires].

Je terminerai mon message par une citation du film, la 1re phrase :

"Il existe deux voies. Celle de la nature, et celle de la grâce. Ceux qui marchent sur la voie de la grâce n'ont rien à craindre. Il ne peut leur arriver aucun mal, aucune douleur, aucune peine. Car Dieu est avec eux. Il se souviendra d'eux au jour du Jugement, et ne les abandonnera pas."

L'énorme bourde du jurry d'agrégation d'histoire et l'omérta

Notre envoyé spécial nous informe :

Énorme bourde du jury de l'agrégation d'Histoire, aux épreuves écrites du concours, la semaine dernière. Le jury a fait plancher les candidats sur un texte du secrétaire du chancelier de France Jean de Gerson (début du XVe siècle), qui s'avère être un FAUX. Le document a été écrit par un vendeur de manuscrits véreux, au XIXe siècle.

C'est évidemment un énormissime scandale. Du jamais vu. Un séisme. Compte tenu de la nature de l'épreuve, les copies sont évidemment in-no-ta-bles ! (puisque les candidats ont commenté un texte fictif, avec des noms de personnages de fantaisie).

Je vous recopie un article de la revue en ligne Historia :

"Il n'y a absolument aucun doute sur l'énorme bourde du jury cette année en médiévale. Vérification faite, dans son livre Le concile de Constance au jour le jour, P. Glorieux introduit le texte sans cacher son caractère fictif. Le dernier paragraphe de son introduction, à la p. 8, dit ceci : "malgré toutes les recherches il n'a été possible jusqu'à présent de retrouver ni texte original ni références ou cotations quelconques. Aucun catalogue ne les mentionne et les répertoires classiques gardent aussi le silence à leur propos. C'est d'ailleurs pourquoi, devant cette carence, je me suis permis de prêter ma plume au secrétaire de Gerson. Parcat lector".
Aucune ambiguïté...
Des sources bien informées m'ont dit que le jury a été alerté par des médiévistes depuis un certain temps déjà et qu'il a réagi avec beaucoup d'arrogance : il préfère essayer d'étouffer l'affaire, donc ne pas faire de communiqué pour l'instant en espérant que la chose va passer inaperçue... Des membres du jury seraient intervenus auprès d'autres universitaires pour exiger l'omertà, menaces de rétorsions à l'appui...
Bravo la probité universitaire ! C'est vraiment une honte."

Communiqué d'un journaliste de France Culture, spécialisé dans l'Histoire.

" Alerté par un mail d'un agrégatif, j'ai tenté de contacter dès ce lundi matin plusieurs membres du jury de l'agrégation, dont Catherine Vincent, mais aucun ne m'a – à la fin de cette journée – répondu. Les historiens que j'ai pu joindre ont confirmé que le texte donné à l'épreuve d'agrégation n'était pas un authentique document médiéval, mais ont tous demandé l'anonymat. Même le candidat qui a attiré mon attention sur cette histoire n'a pas souhaité donner son nom. Plusieurs explications se conjuguent probablement. Un souci de ne pas fragiliser le travail intense des candidats à l'agrégation qui ont passé cette épreuve. Une volonté de ne pas accabler les responsables de la bourde dans un contexte de malaise collectif dans la recherche et l'Université. Mais sans doute aussi – et c'est plus grave – des injonctions informelles pour taire l'affaire, au moins jusqu'à la fin du déroulement de l'épreuve."

Et

" La Présidente du jury de l'agrégation d'Histoire est révoquée, par décret du Ministre de l’Éducation Nationale.

Un I.G. a été nommé en remplacement. "


Notre commentaire :

- BHL va peut-être fonder un club des Intellectuels Rois de la Bourde
- Ah ah ! les épreuves d'agrég moins fiables que Wikipedia ah ah !
- Umberto Eco pourrait nous faire un bon roman à succès, un Nom de la Rose II des pratiques universitaires

Le lorio et le compère-loriot

Je sais maintenant quel est l'oiseau que nous avons entendu pendant notre séjour à Bourdoux.
J'ai pu vérifier en écoutant son chant sur la Toile (merci à l'auteur du site) :
http://www.web-ornitho.com/Chants.chant.cris.des.oiseaux.de.france.et.europe.htm

Fernand m'a dit que c'était un loriot. Mais je ne voyais que des geais ou des pics. J'apprends qu'il est normal qu'on ne le voie pas.

http://www.oiseaux.net/dossiers/gilbert.blaising/loriot.d.europe.html



Et je suis tout content de savoir ça !

Quant au compère-loriot c'est autre chose :
http://auriol.free.fr/Perso/Nom_Auriol/compere-loriot.htm

samedi 14 mai 2011

Trois jours à Paris pour visiter ses villages
































Petit plaisir nantais

Pierrre Bergounioux à Nantes, le 17 mai 2011

http://www.up.univ-nantes.fr/1305193595257/0/fiche___actualite/&RH=1228238620935

et une expo de ses sculptures.

Souvenirs d'école

C'est super de retrouver ces souvenirs d'école
Saviez-vous que depuis 1922 les académies et les rectorats conservaient les photos de classes (groupes) prises chaque année.

Cliquez sur le lien suivant pour retrouver vos photos (primaire et secondaire
uniquement)

Précisez: la Ville, l'école concernée et l'année
http://www.pedagonet.com/photos/photoscolaire2.htm

C'est extra de se revoir. Même avec quelques années de moins, on se reconnaît finalement très bien.

Education nationale, la honte !

Un principal au collège de St-Yrieix (on ne disait pas lycée) s'appelait Monsieur Bourreau !

A la fin de l'Empire, le collège était sur son déclin : un prof de latin se fait apporter son déjeuner par sa bonne pendant la classe, tel autre se régale de marrons que font cuire ses élèves sur le gros poêle de fonte, les externes font grèves pour aller ramasser nids et noisettes

Merde d'artiste

http://lewebpedagogique.com/terminale-philo/quand-lart-denonce-le-consumerisme/

Sursum corda ! ou haut-le-coeur ?

On vous en a déjà parlé sur ce blog. Mais qui le lit ?

Mémoires

http://passouline.blog.lemonde.fr/2011/04/28/stendhal-ne-pas-me-gener-et-ne-meffacer-jamais/#xtor=RSS-32280322

"Crains qu'un jour, un train ne t'émeuve plus"

G. Apollinaire

Où me mènent mes recherches sur la fin de la vapeur sur la ligne Limoges Brive par St Yrieix !

"Crains qu'un jour, un train ne t'émeuve plus"

G. Apollinaire

Où me mènent mes recherches sur la fin de la vapeur sur la ligne Limoges Brive par St Yrieix !

Philo à Nantes : le centre atlantique de philosophie

http://www.caphi.univ-nantes.fr/_Denis-Moreau_

Le melon

A le Renaissance :
" Ainsi le melon doit se déguster en entrée, accompagné de sel ou de jambon qui corrigera sa nature aqueuse et corruptible, et de vin cuit qui compensera sa froideur"
Histoire des peurs alimentaires, p. 314
 
Site Meter