Ce blog traite d'éducation, d'enseignement supérieur, du Limousin et du Périgord, de Nantes et alentours, de société, de ce que nous lisons, il pose des questions, attend des réponses, informe. Espérons que personne ne dira "quoras auras-tu'chabat de platussar ?" quand auras-tu fini de faire du blablaware ? "When will you stop quacking?" (blog joint :http://quoras-tu-chabat.hautetfort.com/)
dimanche 12 mai 2013
Notre Vialatte quotidien : l'homme d'aujourd'hui n'a plus d'autre sens que comme client
"Le temps est aigre, Paris revêche. La civilisation s'effrite sous un ciel gris. On a fait de nouveaux timbres-poste avec une petite République à peine visible dans un coin, et un chiffre énorme, aveuglant. C'est le prix de la chose. Le nouveau prix. C'est l'important. "Payez, vous serez considérés. " C'était la devise du commerçant. Il faut bien se fourrer dans la tête que l'homme d'aujourd'hui n'a plus d'autre sens que comme client. On en distingue plus entre les lettres qu'entre plis urgents et plus dits "non urgents". C'est une hypocrisie de la poste. Seul l'expéditeur peut savoir si son pli est urgent ou non. La poste n'aurait le droit de parler que de plis acheminés à la vitesse normale et de plis qu'elle traite au ralenti. On comprendrait avec un tel langage, qu'elle demande des prix différents. Mais qu'elle s'arroge le droit de juger de l'urgence des plis, c'est un trait de mépris du public ; l'urgence ne dépend pas du prix qu'elle fait payer. Agir comme elle le fait, c'est dire à ses clients : les lettres du riche sont urgentes, les lettres du pauvre ne le sont pas. Où est là-dedans la démocratie ? Et c'est pourquoi, sur les timbres nouveaux, la République est toute petite, presque honteuse, indiscernable, effacée derrière le gros prix. "
Alexandre Vialatte, chronique 890, 14 février 1971

La société mercantile date de la plus haute antiquité.
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