mercredi 31 janvier 2007

Go (le jeu de)

Nous avons découvert le jeu de go lors d'un périple au Japon vers 1969.

Quelques années plus tard, lors d'une rencontre avec les enseignants du centre de formation de Bull (rue des vinaigriers à Paris), nous apprenions que, lors des formation à l'analyse/conception de bases de données, ils faisaient jouer au Go. Bull avait d'ailleurs édité un petit livret d'introduction au Go.

Pendant quelques années, nous offrions un cadeau de Noël à nos étudiants :
- les règles du jeu de go
- le mode de fabrication (pas cher, acheter haricots noirs et haricots blancs)
et un petit devoir :
spécifier ce jeu en utilisant les maths ensemblistes.

C'était l'ancien temps... nous n'avons pas suscité de vocations. Mais je viens de retrouver le jeu ramené du Japon (les pions (ce n'est pas le terme officiel !) sont "magnétiques", bien commode). Je vais m'y mettre (bonne résolution de futur retraité).

Allez sur le site de la fédération française http://ffg.jeudego.org/informations/officiel/presentation.php

Sic et Non

... de Pierre Abélard, né au Pallet près de Nantes. Nous y relevons :

"par le doute, nous en arrivons à la recherche, et par la recherche, nous percevons la vérité"

(cité par M. Clanchy, Abélard, Grandes bibliographie, Flammarion, 1997)

Le coup de gueule de Claude Hagège

Peut-être vous souvenez-vous de cet "Apostrophes" (c'était à une époque où B. Pivot passait en "prime time" coco) où Claude Hagège, à l'occasion de la sortie de son livre "L'homme de parole", dialoguait avec Raymond Devos, ...

Nous avons retrouvé sur la Toile l'article de C. Hagège, linguiste, professeur au Collège de France, paru dans Le Monde.

Quelques extraits :

"
Un assassinat est imminent, celui du français comme langue scientifique et commerciale. En effet, un amendement à la (bénéfique) loi de programme pour la recherche est en voie d’être soumis discrètement (en séance de nuit, aux effectifs réduits !), avant la fin du mois de février, à l’Assemblée nationale. Cet amendement conduirait à la ratification du protocole de Londres sur les brevets d’invention. De quoi s’agit-il ? Tout simplement d’un texte qui imposerait l’anglais comme langue des brevets, annulant l’obligation d’une traduction en français. Y a-t-il, dira-t-on, de quoi perdre le sommeil ? Oui ! Il y a même de quoi se battre avec la dernière énergie ! Pourquoi ? Pour de multiples raisons.

La première est que si la balance française des brevets est en déséquilibre, ce n’est pas par défaut d’anglais, mais à cause de l’insuffisance de l’effort de recherche et de l’esprit d’invention, qu’on devrait éveiller résolument dès le début de l’école primaire.

Même si l’on " oublie " que la ratification d’un texte imposant l’anglais est illégale, puisqu’elle viole et l’article 2 de la Constitution (sur le français, langue de la République) et la loi Toubon, et même si l’on " néglige " de rappeler que le passage par la Commission des affaires étrangères, ici esquivé, est obligatoire, un fait demeure. Il s’agit d’une atteinte de plus, et énorme cette fois, à la souveraineté de la France s’exprimant dans sa langue et, par conséquent, le prestige de la France et son influence dans le monde sont ici gravement menacés, sinon ridiculisés."


" La mondialisation n’est pas un concept sérieux. Nous l’avons inventé pour faire accepter notre volonté d’exploiter les pays placés dans notre zone d’influence " (J. K. Galbraith, illustre économiste).

La boule nantaise

J'avais peur que la vente du café du coin qui disposait d'une salle de boule nantaise fasse disparaître la boule nantaise du quartier.

J'ai constaté que la municipalité fait construire une salle de boule nantaise. Et j'ai appris que l'amicale des boulistes va créer une "école de boule nantaise" pour assurer la relève des vieux joueurs.

Allez sur le site

http://elpresidente01.free.fr/
http://www.bzh5.com/falsab/FICHES/boulenant.htm

Bon, je sais, ce n'est pas le "nantais booling", mais les vieux n'ont pas encore fait appel à un "communicant". Qu'ils économisent leur caisse et consultent le dicomoche. Ils feront aussi bien que le cabinet Johnson-Johnson & Johnson and Co.

Utilisez, collaborez avec le dicomoche

Allez à :

http://www.dicomoche.net/

Voici un extrait :

J'ai reçu ce qui suit de La Poste :
"A cause d'un incident technique, il se peut que vous rencontriez des divergences entre le code postal de destination de votre colis et le site de traitement, entre le 26 novembre et le 1° décembre. Toutes les autres informations liés à votre colis ne sont pas impactées."

En rentrant ce soir (le vélo c'est bien pour lire les affiches), j'ai lu : "sexy attitude", on avait déjà "la rock attitude", "les étudiants nouvelle génération", etc. Soyez "in", ne dites pas :
"Eh ! con" (Toulouse) mais "Con, Eh !"
"Ben couillon" (Poitiers) mais "Couillon ben !"
"Vingt dieux la belle église ! " (le veilleur de nuit de la cité U Rabelais de Poitiers dans les années 60) mais "Dieux vingt église belle !"
"le maire de Nantes" mais "le Nantes maire"
... on a rappelé le latin, mais en latin, il y a des déclinaisons !

C'était notre cours de marquetinge et de pub.

Vous pouvez aussi lire Molière (d'aucuns disent qu'il nous manque un Molière de nos jours, mais les textes de Molière sont toujours d'actualité).
Mais là, c'est au moins du Bac + 6 !

Au fait, êtes-vous allé voir le film Molière ?

mardi 30 janvier 2007

Vous aimez les fanfarons et fanfaronnades...

A l'université où j'ai passé quelques années, va se dérouler le concours 2007 des fanfares étudiantes. Ce concours s'est déroulé à Nantes il y a pas mal d'années sur les marches de la Bourse (devenue depuis Fnac)

http://concours2007.free.fr/pages/fanfares.html


En attendant, à Nantes, se déroulent les Folles journées . Des concerts gratuits ont eu lieu dans les locaux universitaires mais à des horaires où, dans mon établissement, il y a encore des enseignements. "On" a oublié ceux du technique.

Mais le cul des bus urbains m'informent que France Musique retransmet les concerts. Je vais faire comme les étudiants, aller en cours avec des écouteurs aux oreilles. On n'arrête pas le progrès ... technique.

Une société sans papier ... et sans encre ?

qu' "ils ont dit"...
zéro défaut, zéro stock, zéro papier !

Que les nettoyeurs des rues parisiennes (par exemple) , du métro fassent grève quelques jours et vous verrez !
On a déjà vu !

"Quel est le produit qui coûte en moyenne plus de 1 500 euros le litre ? (...) l'encre pour imprimante (...) il est parfois plus économique d'acheter (une imprimante neuve) que de changer les cartouches vides ..."

Développement durable, qu'ils disent, qu'ils disent...

Un article de Nicolas Blasquez dans Le Monde d'aujourd'hui. Il présente des alternatives ...

Le rappel à l'ordre de l'ARCEP

C'est quoi l'ARCEP ?
L'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes.

Elle a rappelé à l'ordre qui ?

les FAI ?

C'est quoi les FAI ?

les Fournisseurs d'Accès à Internet.

C'est-à-dire, free, wanadoo, etc.

Pourquoi ?

pour leur pratique du slamming.

C'est quoi le slamming, ils font de la poésie les FAI, le slamming c'est faire du slam ? ce sont des grands corps malades ?

Le "slamming" est "l'écrasement à tord", c'est quand un FAI indélicat désabonne un client de l'ADSL dans le but de le raccorder, sans son autorisation, à son propre réseau.
C'est ce que nous apprend le Monde d'aujourd'hui. "Mais cette pratique peut aussi survenir à la suite d'une erreur, lors de la saisie d'un numéro au moment de la commande en ligne d'un nouveau service, ou bien après une mauvaise manipulation technique."

site de l'ARCEP www.arcep.fr.rubrique questions/réponses

Ils ne veulent pas faire d'informatique...

Ce titre relevé dans les Communications of the ACM de novembre 2005 (je suis un peu en retard dans ma lecture des revues !) :

"The recent decreases of enrollment in computer science programs signal a chasm between our historical emphasis on programming and the contemporary concerns of those choosing careers."

Quid en Inde, en Asie ?


"Computer science" ? l'informatique est-elle la "science des ordinateurs" ?

Il arrive que les Français inventent des mots utiles (il est de bon ton de se moquer des termes proposés à la place de termes anglais) . Ainsi "informatique". Les Allemands et de plus en plus de pays utilisent "informatique" au lieu de "computer science".

lundi 29 janvier 2007

Rosa, rosa, rosam, rosae, rosae, rosa

Je viens de mettre la main sur ma grammaire latine. "Méthode moderne d'humanités latines de Gaston Cayrou, Enseignement secondaire (Garçons et Jeunes filles)", Librairie Armand Colin. Je l'ai utilisé en 3e B, 2nde C et 1ière C.
Un texte dense, pas de couleur, pas d'images ou photos si ce n'est des cartes de géographie en annexe. Sans doute que les futurs livres modernes lui ressembleront. Pour que les élèves puissent enfin se concentrer, on évitera de les perturber ou de les forcer à apprendre à ne pas écouter (c'est bien ce que vous faites quand vous allez au super (hyper, mega, tetra) market, enfin, tentez de faire, non ?)

Je me souviens des discussions au lycée (au début de mes études secondaires, "il" s'appelait un collège. On n'arrête pas le progrès !). Et un jour, "on" l'a appelé un lycée) entre latinistes et modernes. D'accord le latin c'est fait pour exercer son esprit, mais alors pourquoi ne pas faire des maths. J'ai fait C, maths/latin. C'est depuis quelques années que devant les écrits de bacheliers que je me dis que le latin, ce n'était pas mal.

Des informaticiens ont d'ailleurs créés des "grammaires de cas", certes différents des cas du latin, mais pas tant que cela.

Mais peut-être qu'apprendre plusieurs langues vivantes n'aurait pas été mal non plus.

Mon père m'a dit que le limousin avait aussi des cas mais moins que le latin. Je n'ai jamais appris le limousin (on disait le patois) et je le regrette.

Ce n'est pas facile que de faire des programmes d'enseignement ! Pour une "matière" donnée c'est un peu plus facile.

Au fait... il n'y avait pas de carte scolaire à l'époque ou alors nous l'ignorions. Nous allions, fils de bourgeois, d'instit, d'artisan, de commerçant, de fonctionnaire, de paysan au même lycée du canton. Une grande différence entre nous venait de ce que ceux de la ville n'étaient pas en pension au lycée.


Quand je suis arrivé à Nantes, j'ai découvert les écoles publiques et les privées, catholiques. Et je suis allé de surprises en surprises ... le terme hypocrisie étant le plus approprié pour qualifier ce que j'ai observé. Arrêtons des propos qui peuvent facher.

Vous êtes la personnalité de l'année !

Le philosophe Slavoj Zizel, dans un article du Monde de samedi, intitulé "Démocratie ou barbarie numérique. A l'ère d'Internet, les métamorphoses du moi ne font que lâcher la bride à des instincts meurtriers" , nous rappelle que le magazine Time a attribué le titre de personnalité de l'année 2006 à vous, à chacun d'entre nous qui utilisons ou créons des sites web. Un papier qui fait réfléchir. On en reparle ?

Sus à la cloque du pêcher !

Je viens de recevoir le magazine des Jardiniers de France. Il me prévient. Il faut que je " surveille attentivement le moment précis, en février, où les bourgeons s'allongent, où leurs écailles s'écartent mais sans laisser paraître aucune pointe de vert. Ce stade dépassé, inutile de traiter : la bataille est perdue cette année !"

dimanche 28 janvier 2007

Il n'y a plus de pêcheurs...

en eau douce, c'est ce que j'ai constaté depuis de nombreuses années. On est loin du temps où la pêche était le loisir bon marché. Je me souviens des concours de pêche. Tous les quartiers étaient réveillés au son du clairon : pécheur lève toi, pécheur lève toi bien vite... Puis c'était le défilé des pêcheurs (oh ! à pied ! pedibus cum jambis !) et la séparation en groupes qui se dirigeaient vers les différents étangs de la ville (étang profond, le Chevrier, Baudy, ...). On gagnait une stère de bois, un canard, etc.

Le Monde de jeudi nous apprend que le "permis de pêche (va être) moins cher pour séduire les plus jeunes". Il n'y aura que 5 catégories alors que certains départements en avaient créé une dizaine. Pour les 12 à 18 ans, le permis ne sera facturé quenviron 10 euros, le tarif adulte tournant autour de 60 euros. Plus d'exonérations pour conjoints et enfants mineurs. Ce qui fait 60 + 60 + 10 (père, mère, un enfant) = 130 euros ! Et quid si on change de département, pendant les vacances par exemple ?

Les pêcheurs (je ne parle pas de ceux qui péchaient à l'électricité) étaient les premiers écolos. Ils ont vu disparaître les goujons, les écrevisses. Ils ont vu la multiplication des "plans d'eau" sur les terrains privés un peu partout. L'eau s'est réchauffée, les truites ont disparu. Mais je suis sûr que la bureaucratie de la pêche a fait des progrès (voir la conférence de Pisani). Le Monde nous apprend que le Conseil de la pêche va être remplacé par l'Onema, l'Office National de l'Eau et des Milieux Aquatiques. La pêche a totalement disparu du titre !

Question

Y-a-t-il toujours des soleils (perche-soleil, lepomis gibbosus, de la famille des centrachidés, les deux nageoires dorsales étant fusionnées comme chez le black-bass) dans l'étang Baudy ?
Les soleils c'est la Grande Barrière de Corail du petit arédien !

L'ouverture de la pêche à la truite est le 10 mars. A Nantes, c'est la truite de mer que l'on a pu pêcher au barrage d'Arzal...

Les oreilles et le cochon


Photo prise à Santiago

En périgourdin, ma mère appelait le cochon, les oreillas, les oreilles. Dans le dictionnaire Français/ Occitan Limousin, Marche, Périgord, Y. Lavalade, donne comme traduction lo porc, lo ganhon, le tesson, lo gorret ... pour le cochon de St-Yrieix lo cuou negre, lo porc picat (tâcheté)/

Pierre Desproges et Châlus

Châlus a un château où Richard Coeur de Lion a été mortellement blessé le 6 avril 1199. Richard a son tombeau (avec d'autres Plantagenets) dans l'abbaye de Fontevraud (Centre culturel de l'Ouest), splendide abbaye à côté de Saumur.

A Châlus, j'espère qu'il reste encore un artisan travaillant le feuillard de chataigner pour en faire des fauteuils.

A Châlus, il y a aujourd'hui un collège Pierre Desproges. Il est vrai qu'il a fait connaître Châlus à toute la France. Voir le blog de quelqu'un qui fréquenta lui aussi Châlus http://blog.legardemots.fr
Desproges, lui, a son tombeau au Père-Lachaise, en face de celui de Michel Petrucciani.

Allez sur le site officiel de Pierre Desproges. Lisez quelques citations. Il nous manque Pierre Desproges. L'anti-langue de bois. http://www.desproges.fr/

Un site qui cite Desproges ...
http://dolgoroukiinc.hautetfort.com

"une notion qui empoisonne les mathématiques"

Quelle logique pour les démonstrations mathématiques calculatoires ?
Gilles Dowek - Professeur à l'École Polytechnique
Jeudi 19 avril au LINA, fac des sciences de Nantes
================================================


On utilise de plus en plus souvent des calculs (et des ordinateurs) pour
démontrer des théorèmes comme
"La cinq centième décimale de pi est un 2", "le nombre 22976221-1 est
premier", "le pont P supporte
une charge m", "toute carte est coloriable avec quatre couleurs", "le
réseau cubique face centré est une
manière optimale d'empiler des oranges", ... La logique "axiomatique"
traditionnelle n'est pas adaptée pour
exprimer de telles démonstrations et il devient nécessaire de la faire
évoluer pour donner, ou re-donner,
une place au calcul dans les démonstration logiques. Cette idée est
présente, au moins implicitement, depuis
le début des années 70, dans plusieurs travaux de logique et
d'informatique, qui ne sont pas toujours reliés
les uns aux autres. Ce retour du calcul permet aussi de résoudre des
problèmes internes à la logique et
nous montre qu'il est peut-être possible de se passer d'une notion qui
empoisonne les mathématiques depuis
deux millénaires : la notion d'axiome.
Gilles Dowek a écrit des livres de "popular science" sur la Logique.

Cuou negre






Enfin, la photo originale du rédacteur de ce bloc-notes.
C'est un cul noir. Un natif du pays des cochons cul-noir ...
L'assiette est une production du pays des cuou negre. La peinture est de Marquet, procelainier. http://fr.wikipedia.org/wiki/Cul_noir_limousin
http://www.inapg.inra.fr/dsa/especes/porcins/culnoir.htm

Pour en savoir plus sur l'auteur, vous pourrez consulter la NSA [lire Dan Brown, Digital Fortress], l'ex STASI [voir le film Das Leben der Anderen (en français La vie des autres) , film allemand réalisé par Florian Henckel von Donnersmarck, sorti en 2006. Il est récompensé par 7 Lolas au Prix du Film allemand 2006. Il a obtenu le prix du meilleur film européen 2006. Il sortira en France le 31 janvier 2007] , etc. et leurs grandes oreilles.

La nénette et sa morue






La nénette désalait la morue (la moluda, la merluça en limousin) dans une cuvette qu'elle posait sur un banc en face de sa boutique (L'épicerie de Paris) qui faisait face à ma maison. Sa clientèle appréciait le service.
Mes parents faisaient de la salade de morue avec des pommes de terres et du cerfeuil. Fort agréable au début de la saison chaude.

Pendant des années, la morue a disparu de mes assiettes. Les cantines m'ont cependant offert du cabilleau (de la morue fraîche).

La morue n'a pas disparu des repas des Portugais. Voici des photos prises dans un grand magasin de Lisbonne.

Le mesnagier de Paris

Collection Lettres gothiques, Le livre de poche, 1994, 850 pages, texte en vieux français et en français moderne

Je me rends compte que je vous cite des livres qui ont plus de 10 ans d'âge ! si je faisais un article "scientifique" je me ferai reprocher de ne pas avoir une bibliographie "up-to-date" !

"Vers 1393, un bourgeois de Paris, riche et vieillissant, écrit pour sa très jeune épouse un ouvrage qui mêle l'instruction religieuse et morale, des conseils d'économie ménagère et (ce qui a fait sa gloire) des recettes de cuisine très nombreuses et très détaillées." (4ième de couverture)

Si vous avez appliqué une des recettes de ce bourgeois, écrivez-nous ce que vous en pensez.

Situation critique

... un copain prof de médecine m'a prévenu : j'espère que nous n'aurons pas de problèmes intestinaux car il sera difficile de trouver un spécialiste pour s'occuper de nous (pour les opthalmo, c'est 3 mois d'attente par chez nous. C'était si difficile que cela de prévoir ?

On vous l'a écrit : on ne planifie plus. Peut-être que l'on n'en est pas capable. Alors on regarde le bout de ses godasses. Mais parfois on lève le nez... (nous sommes encore des animaux. Au fait, personne n'a répondu à mon questionnement au sujet du "poulet végétal" vendu par mon Casino !) ... ça pue. Et on apprend que si on a un trou du... , je glisse, excuses, un trou dans la couche d'ozone, c'est la faute à notre bétail. Le Limousin va devoir payer pour ses veaux (dont le "veau de St-Yrieix) et boeufs qui pètent sans se gêner et sans se rendre compte qu'ils nous mènent à la catastrophe.

... un de mes libraires préférés "fait à la fois la médecine et l'informatique". Il m'a offert un petit livre qu'il réserve habituellement aux médecins. Son titre "L'art de péter, Essai théori-physique et méthodique" . On y apprend que Furetière dans son Dictionnaire universel, écrit que " dans le Comté de Suffolk, un vaffal devoit faire devant le Roi, tous les jours de Noël, un faut, un rot, & un pet." Mais rien sur le pet des autres animaux. Sur ce sujet allez lire http://www.aleph-idris.com/quatre/origine.htm

Pierre Bayle a aussi écrit un dictionnaire, le Dictionnaire Historique et critique. Roland Oberson, un ancien prof de neurologie, spécialiste de Pierre Abélard, a écrit un ouvrage intitulé "Personnages de l'affaire Abélard, Introduction et notes" (L'âge d'homme, éditeur, 2002) qui reprend les extraits de ce dictionnaire et qui traitent de l'affaire Héloïse et Abélard. On y lira l'entrée "Sur les obscenités".

L'art d'avoir toujours raison

Un petit livre de Schopenhauer, dans la collection Mille et Une Nuits, 2000 (100 pages, je sais que 100 pages même format 10 x 15 cm ça peut faire peur à un étudiant "nouvelle génération" (coco, "de nouvelle génération" ç'est trop schnock !)) mais on ne sait jamais ...

Extrait

"Stratagème 33
"C'est peut-être vrai en théorie, mais en pratique c'est faux." Grâce à ce sophisme, on admet les fondements tout en rejetant les conséquences ; en contradiction avec la règle a ratione ad rationatum valet consequentia (la conséquence tirée de la raison première valide le raisonnement). Cette affirmation pose une impossibilité : ce qui est juste en théorie doit aussi l'être en pratique ; si ce n'est pas le cas, c'est qu'il y a une erreur dans la théorie, qu'on a omis quelque chose, qu'on ne l'a pas fait entrer en ligne de compte ; par conséquent, c'est également faux en théorie."

Question

Candidats à la présidence, vos staffs vous ont-il donné à lire Schopenhauer ?
Mais est-ce nécessaire ?

Promenade

à St-Yrieix la perche http://www.promarchi.com/sy_vv_web/mainsylogos.html

Le mai

Le mai (ou arbre de mai) est dressé en Limousin et Périgord (sans doute ailleurs en occitanie) en l'honneur des élus. Une pancarte portant l'inscription "Honneur à notre élu(e)" est apposée. On dresse l'arbre devant la maison de l'élu et ce dernier, en remerciement, doit régaler généreusement ses électeurs.


Question :

Cette pratique existe-t-elle dans votre région ?

Baisso te montagno



  • Baisso te mountagno,
  • Levo te vallun
bis
  • Per me laisse veire
  • Lo mio Jannetoun
bis
  • Denguerro n'ei pas jour
  • qu'ei lo luno raillo
  • Denguerro n'ei pas jour
  • qu'ei lo luno d'amour
  • que raillo que raillo
  • Lo ne mai lu jourque raillo que raillo
  • Que raillo toujours.
La traduction sera fournie sur demande.
La musique peut vous être elle aussi envoyée par l'Internet.
allez aussi sur le site de l'Eicola dau Barbichet http://barbichet.org/webbarbichet/Chants/Chants.htm

Question


Alors quelle différence entre une vièle à roue, une cabrette, un piano et ... une partition de musique, un fichier, une suite de bits...
Ca brule...on approche du concept d'information.

samedi 27 janvier 2007

"Vive l'impôt"

Etonnant, j'ai écrit récemment "vive l'impôt" et je retrouve dans ma bibliothèque un livre que j'avais acheté quand j'étais étudiant : "Vive l'impôt, de Jean Rivoli, collection Société, Seuil, 1965

Jean Rivoli est un pseudo. Je pense que l'auteur est un ou plusieurs hauts fonctionnaires qui, soumis à l'obligation de réserve des fonctionnaires, n'ont pas signé de leur nom patronymique. Les universitaires ont ce privilège qui fait partie des libertés académiques, de ne pas être soumis à cette obligation. En usent-ils ? Ou assistons-nous à la démission des clercs ?

Un livre à lire. Un chapitre est intitulé "L'éternelle réforme fiscale" et un autre intitulé "L'impôt et le Ve plan". ... ajourd'hui, on ne planifie plus, on regarde le bout de ses godasses. Et ceux qui travaillent dans le commerce ont de grands manadjeurs qui ont une loi simple : chaque année augmenter le chiffre d'affaires de x %. Il paraît que les % et la progression géométrique vont être au programme des classes primaires (ils ne l'étaient plus, ou ... On attend la réponse). Bientôt des bennes à ordures à la porte de tous les magasins ...

"Les cocus du vieil art moderne"

Salvador Dali, Les Cahiers Rouge, Grasset, 1956

Encore un autre livre retrouvé dans ma bibliothèque.

Quelques extraits :

"Quand je regarde le ciel étoilé, je le trouve petit. Ou bien c'est moi qui grandis, ou bien c'est l'univers qui retrécit. A moins que ce soit les deux à la fois."

"Partisans de l'ultra-neuf, snobés par les parvenus du pseudo vieux-vieux, les critiques dithyrambiques ont été abusés par la technique"

" On observera, en effet, que si dans le pied de porc les os sont à l'intérieur de la viande et dans la langouste la viande à l'intérieur du squelette, dans le cas de la côtelette les os sont moitié à l'intérieur, moitié à l'extérieur ..."

Quelques livres sur le Limousin

Recherchant les Mythologies de Roland Barthes (afin d'y relire celle sur l'abbé Pierre), je suis tombé sur quelques livres :

- La vie quotidienne en Limousin au XIXe siècle de Georges-Emmanuel Clancier, Hachette, 1976
Clancier est l'auteur de Le pain noir dont Serge Moati (celui qui anime une émission le dimanche soir sur la Cinq) a tiré pour la télé un film à succès.

- L'albine, scènes de la vie en Limousin et en Périgord vert, de Fernand Dupuy, Fayard, 1977
F. Dupuy, instituteur fut résistant FTP, membre du PC, maire de Choisy-le-Roi et député du Val de Marne.

- Mémoires de Léonard, ancien garçon maçon, de Martin Nadaux, Lucien Souny, édition établie par M. Agulhon, prof au Collège de France, 1998
Nadaux est né en 1815 en Creuse. "Il part à pied pour Paris afin d'y travailler comme aide-maçon. Il adhère quatre ans plus tard à la Société des droits de l'homme, fréquente les écoles gratuites, enseigne la lecture et l'arithmétique à ses camarades, devient compagnon, puis maître compagnon. A la veille de la Révolution de 1848, il conduit les travaux de la mairie du Panthéon. (...) en 1850 il prononce la phrase célèbre "A Paris, lorsque le bâtiment va, tout va". "

et ce livre récent :

Y. Lavalade, J. Peyramaure, Tournures limousines, Viradas lemosinas, Lucien Souny, 2001
d'où nous avons extrait :

" Le, la, "N'a rien de péjoratif. (...)". Dans ma famille nous disions en effet , "as-tu vu le papa, la maman"

"Une bêque l'a béqué", une guêpe l'a piqué

"Faire frouillou" , échouer

Retour de marché

Je suis allé acheter au marché des radis noirs ronds, des huîtres de Quiberon et des kiwis produits à côté de Nantes. Je n'ai pas fait la queue pour acheter des pissenlits sauvages. Ils sont en avance cette année.
Je constate, que le samedi (peut-être c'est différent le dimanche matin), il y a bien peu de jeunes, disons des moins de 50 ans. Il y en a un peu plus que quand je vais au super-marché de ma ville de naissance en Limousin (où j'entends parler anglais et néerlandais). Le Limousin est à visiter pour voir ce que sera la population du reste de la France sous peu.

Je m'inquiète. Il y a déjà le "qui paiera nos retraites ?", il y a aussi le "si les jeunes ne vont pas au marché, les jardiniers qui me fournissent radis noirs, tomates de divers types, vont disparaître. "On" a déjà fait disparaître ma marchande de fromages de chèvres qui n'était pas "aux normes".

Tiens, les "normes"... le système métrique est bien le système de la norme internationale. Les USA l'appliquent-ils ? Et pourtant, ils ont perdu un gros paquet de dollars quand une sonde s'est écrasée ...du fait de confusion entre pieds, pouces et bouts de nez avec mètre et centimètres !

Je fais un peu de droit à chaque retour du marché. J'écoute France culture. A 12 h 55, un commentaire d'arrêt nous est fait. Etonnant le raisonnement juridique. Les juristes font tout ce qu'il faut pour ne pas être remplacés par un ordinateur. Tentez de prévoir la décision de la Cour de Cassation, ou du Conseil d'Etat... Ca vaut bien "Gagnez des millions !"
Et on vous a déjà dit qu'en France ils sont plus protégés que dans les pays "anglo-saxons". Ils n'ont pas peur de la concurrence des spécialistes de la common law venant de leurs anciennes colonies.

Calcul

Carnet du Monde,
Sylvia Zappi écrit une nécrologie de Xavier Langlade. On y apprend que X. Langlade qui fut journaliste à Rouge quotidien, fut aussi correcteur au Figaro ... L'auteur écrit qu'il est mort le 15 janvier dernier à l'âge de 59 ans et qu'il est né le 19 avril 1946.

Les révolutionnaires français sont hors du temps ! Quand ils sont dans le temps... voir Pol Pot.

Comme me l'a dit un jour un collègue "étranger" : en France, vous êtes très bons pour faire la révolution chez les autres.

Le papier nous rappelle aussi le "mouvement du 22 mars". Ca nous rappelle que nous avons au grenier (on n'a pas de grenier, c'est bien triste. Alors on appelle grenier, un placard) affiches, tracts, etc. que nous avons conservés de mai 68. Nous allons mettre tout cela sur notre site. A bientôt. N'en déduisez pas que nous sommes satisfaits du "Crs Ss". Il manifestait une inculture affligeante. Mais y-aurait-il eu mai 68 sans Crs ?

L'as-tu lu mon ptit lu...?

Les petits LU est le nom affectueux qui était donné à Nantes aux ouvriers de chez LU. Mais on s'égare ... on veut vous parler de ce que nous venons de lire au réveil dans Le Monde de hier.

Voici une scène racontée par F. Marmande :

"La scène se passe à l'université Lyon-II une après-midi étouffante de juin 1976 (...) Le livre au programme de cet oral (Tristes tropiques, de Claude Lévi-Strauss) tône entre nous comme un reproche. (...)
En matière de pédagogie, on ne peut pas dire que les professeurs apprennent grand-chose - si, une : ils apprennent à détecter, comme un pourceau la truffe, les livres que l'étudiant n'a pas lus (1) (...) Au bout d'un trop long moment, je décide (...) de tirer ce garçon d'affaire, me sauver moi-même, sauver le cosmos au passage :

"Pardonnez-moi de vous poser cette question, je ne suis pas flic,, mais de vous à moi, ce livre ? L'avez-vous lu ?"

Avec un regard aussi clair que perdu, noyé encore dans le lait de l'adolescence, il cherchait trop à me faire plaisir ; au vout d'un long silence désemparé où je voyais ma question rebondir sur ses synapses telle une bille sur un flipper :

"...l 'avez vous lu, vez-lu, vous lu ?"

D'un seul coup :

"Heu, pas personnellement"

Il fut illico reçu (et non pas "derechef", qui n'a pas du tout ce sens). "


Tristes tropiques, de Claude Lévi-Strauss, est disponible dans la collection Terre Humaine/Poche. Il commence par cette phrase souvent citée (compteurs de citations, thermomètres du "publish or perish planétaire) faites + 1 immédiatement !) :

"Je hais les voyages et les explorateurs"

Un livre d'aventures et de réflexions, toujours d'actualité, même si n'est pas en vitrine des libraires.

(1) F. Marmande n'a pas dû enseigner aux mêmes endroits que moi ! aux mêmes étudiants. Ou n'enseigne plus depuis longtemps... Nous vous avons donné les statistiques de notre BU : nombre d'étudiants de première année inscrits à la bibliothèque : 2, (deux, two, to, daou, dois, zwei, dos)
Lévi-Strauss, c'est le nom d'un fabricant de pantalons !

vendredi 26 janvier 2007

Théorème de Rigal n° 3

" Une donnée n'est pas donnée"

Démontrez ces trois théorèmes.

Théorème de Rigal n° 2

"Une donnée n'est pas donnée"

Les trois théorèmes de J.L Rigal

J.L. Rigal fut professeur à l'Université Dauphine.

Théorème n° 1

"Une donnée n'est pas donnée"

Faut-il interdire Wikipedia aux étudiants...?

Ca se discute ...voir
http://slashdot.org/article.pl?sid=07/01/26/1752250&from=rss

Merci à Seb qui m'a communiqué l'information.

Alors, c'est quoi une information ?

Un message de la TAN

" Monsieur,

après vérification, les expressions inscrites sur le bus Haitien, en
accord avec la Semitan, et rédigées en Créole sont les suivantes :

"La blessure s'efface mais la cicatrice reste"
"il était une fois"
"ce n'est pas parce que tu cours vite que le jour se lèvera plus tôt"
"l'histoire ne s'efface pas"
A ce jour ces inscriptions n'ont soulevé aucune polémique. "



Notre informateur va nous adresser une photo de la phrase
qui l'a/nous a choqué. Bien sûr, ce n'est pas une des phrases
citées par notre correspondant de la Semitan (Semitan qui est
une des rares institutions auxquelles nous avons écrit via leur
site Toile à nous avoir répondu...et de plus, sans long délai.)

Nos lecteurs seront informés. Transparence des boîtes ...



Cumul de mandats

Ca y est, j'ai compris. Le cumul des mandats politiques (une vraie spécialité française) permet aux journalistes du Monde de ne pas se faire signaler par le correcteur d'orthographe de MS word le fait qu'ils ont répété plusieurs fois le même mot.

Ainsi, par exemple, François Hollande, dans un petit article, est désigné par "Le premier secrétaire du Parti socialiste" puis "le député de la Corrèze", puis M. Hollande, puis "le patron du PS "(on aime bien en France utiliser le terme patron, depuis que l'on n'a plus de CNPF mais un MEDEF) etc.

C'est clair, l'informatique impose le cumul des mandats. C'est scientifique !

Vous n'êtes quand même pas contre le progrès ? et puis ça fait un morceau de discours que l'on peut servir plusieurs fois: "Monsieur le président, maire, député, secrétaire général, cher confrère, cher (prénom de la personne), cher (surnom amical de la personne) , cher ami, ..."

"Merde d'artiste", "Merda d'artista", Artist'shit".

Les candidats à l'élection présidentielle nous parlent de la "valeur travail". Voici de quoi alimenter (humour facile ! ) le débat.

Et pour ceux qui parlent de concept (tout est concept, coco de nos jours) et de contenu (le contenu des media et autres expressions bien formées).

Une anectode avant de venir au sérieux.

Quand j'étais en primaire, un jour un instit a demandé "Quel métier voulez-vous faire plus tard ?" Un élève venait de répondre "expert comptable" (normal son père était comptable !), le suivant répondit "expert coiffeur" (normal son père et sa mère étaient coiffeurs). Aujourd'hui, ils répondraient "coiffeur concepteur" ou "comptable concepteur".


Savez-vous que Piero Manzoni, artiste italien (1933-1963), a réalisé en 1961, des boîtes de conserve portant une étiquette écrite en plusieurs langues indiquant qu'il s'agit de "Merde d'artiste", "Merda d'artista", Artist'shit".

Une de ces boîtes a été vendue 220 000 Francs à Sothebys. La Tate Galerie à Londres en a acheté une.

Une de ces boîtes a eu des fuites lors d'une exposition. L'expert a considéré que la perte de valeur de l'objet qui était assuré se mesurait à la quantité de matière perdue (les analyses ont montré qu'il s'agissait bien de merde, mais on n'a pas précisé s'il s'agissait de merde d'homo sapiens ou d'un quelconque animal. )
Une acheteuse américaine ayant vécu la même mésaventure s'est vu répondre qu'elle avait acheté le concept et non le contenu.

En 1994, la boite n° 31 a été offerte en cadeau au Musée Pompidou, lors de l'achat à un galeriste parisien d'une toile de Pierre Manzoni. Interrogé à ce sujet, l'ancien directeur du musée a dit que "ce cadeau est un acte civique du galeriste" qui a enrichi le patrimoine national.

Un artiste parisien a ouvert en public une de ces boites avec un ouvre-boite. Il avait acheté la boîte fermée 200 000. Aujourd'hui, la boite ouverte est devenu un objet d'art qui est évalué 400 000 francs (vous convertirez en euros, de tête. Vive le calcul mental !). La boite contenait une deuxième boîte, qui a été laissée fermée. Les rayons x avaient déjà montré que d'autres boîtes contenaient une deuxième boîte. L'artiste interrogé explique que Manzoni n'a pas fait "de la merde", car il y a un "ordre" : une boîte incluse dans une boite, ce n'est pas de la merde mise comme ça dans une boîte.

En termes mathématiques, et surtout dans les années 60, on aurait dit qu'il y a une structure. En informatique nous avons eu "l'analyse structurée", "la programmation structurée" etc. Aujourd'hui, la mode est "à l'objet", mais ça commence à se démoder. Retour en force des "modèles" et surtout du méta. Attention, lecteur non initié, mon ami le jardinier ! par "Méta" on n'entend pas le métaldéhyde plus connu sous la marque déposée en 1953, Méta. Ce Méta qu'on utilisait en camping (il brûle sans laisser de résidu) ou encore pour tuer les limaces au jardin.

Le meta (qui nous vient du grec) en question est celui que l'on trouve dans métaphysique.

Bibliographie :
Michel Onfray, Antimanuel de philosophie, Bréal, ISBN : 2-84291-741-3, 2001, Chapitre "A quel moment une pissotière peut-elle devenir une oeuvre d'art ?" Vous y trouverez page 88, une photographie couleur d'un ensemble de boites de Manzoni (1958)

et sur le web...http://home.sprynet.com/~mindweb/page14.htm

C'est pas du l'art, c'est du chiotte. Mais à 2,8 millions d'euros

Le droit d'auteur est celui qui a été retenu en Europe pour les logiciels.

Le Monde d'aujourd'hui nous apprend que "l'artiste Pierre Pinoncelli est jugé pour avoir mutilé, au Centre Pompidou, un ready-made de Marcel Duchamp. Par son geste est-il devenu le coauteur de l'oeuvre ? "

Un coup de marteau sur un urinoir a été évalué à 200 000 euros par la Cour.

Flute, notre université aurait dû accrocher dans un musée d'art moderne, la tablette des amphis dont j'ai mis des photos sur ce blog (voir message Concentration (suite). On est trop bête. Et c'est ainsi qu'on devient pauvre.

Je vous conseille le petit livre de philo écrit par Michel Onfray, l'antimanuel de philo, vous y apprendrez tout sur la pissotière.

" (...) dans l'esprit de Platon - et dans l'esprit platonicien, celui des individus qui s'en réclament -, une Belle chose définit un objet qui participe de l'idée de Beauté, qui en découle, en provient. Plus elle est lointaine, moins elle l'est. Cette conception idéaliste de l'art traverse vingt-cinq siècles jusqu'à Duchamp [Duchamp a envoyé en 1917 de manière anonyme une pissotière à un jury artistique américain]. La pissotière met à mort cette vision platonicienne du monde esthétique. (...)

Mais depuis l'urinoir, la Beauté est morte, le Sens l'a remplacée. A vous de quérir, chercher et trouver les significations de chaque oeuvre, car toutes fonctionnent à la manière d'un puzzle ou d'un rébus. " Michel Onfray, Antimanuel de philosophie



Vous pouvez aussi lire du même auteur Traité d'athéologie, Livre de poche

Quand le CNAM occupait la télé le samedi a-m

J'ai suivi mes premiers cours d'informatique, non en fac, mais à la télé. Mes parents ont acheté la télé quand j'ai quitté la maison (ils ont attendu ce départ pour faire l'achat). Ma première année de fac s'étant passé à 40 kms de la maison, je rentrai un dimanche sur deux. Et le samedi a-m, je suivais les cours d'informatique du professeur Namian à la télé, cours qui étaient filmés dans l'amphi du CNAM à Paris.

Je me suis acheté les cours rédigés de Namian. Je viens de les donner à un étudiant qui a été intéressé. Il fut le seul.

Maintenant, j'ai free et une tetra chiée de chaînes ... mais pas de cours. J'ai beaucoup d'information ? J'attends vos réponse.

Il y a quelques années, en Angleterre, j'avais vu des cours de Z (spécifications de logiciel, méthode créée par un Français, maintenant professeur au Polytechnique de Zurich) à la télé anglaise le matin en me rasant, c'était des cours de l'Open University anglaise.

Mais que font nos blablateurs professionnels. L'éducation vous dis-je, l'éducation nous sauvera...

qu'ils disent, qu'ils disent...

Mais il reste les cours avant 7 heures chaque matin sur France Culture. On a encore France Culture, payée par nos impôts. Vive l'impôt !

vous êtes en train d'amputer les facultés de vos gamins.

Pierre-Gilles de Gennes, prix Nobel de physique 1991

"Quand on est devant la télé, on ne peut prendre de notes comme on le fait lorsqu'on est devant un conférencier ou devant un livre difficile. Je crois qu'il
y a un basculement de civilisation parce que l'on va vers des classes de jeunes qui n'ont plus l'habitude d'un mécanisme similaire à une retranscription.

En informatique, la tentation d'imprimer beaucoup et de réfléchir peu est inquiétante.

Les enfants qui jouent au Nintendo auront peut-être de meilleurs réflexes que nous mais ils n'ont aucun acquis au niveau de l'observation car l'accent est
mis sur ce que vous devez voir. Votre oeil est guidé et vous n'apprenez pas à chercher sur une photo, dans une vision ou dans un paysage, le truc qui est bisattre et qu'il faut
déceler. Du point de vue de l'observation, vous êtes en train d'amputer les facultés de vos gamins.
Par rapport à la leçon de choses, l'ordinateur fait perdre deux facultés. Non seulement le sens de l'observation qui est escamoté, mais aussi la possibilité de manipuler l'objet, de le démonter. L'informatique n'est pas la seule à incriminer. La civilisation urbaine nous coupe de la nature par exemple. L'informatique est le coup final. Les enfants ne regardent plus rien et ne touchent plus rien. C'est un peu comme le cerveau qui fonctionnerait dans un bocal de phénol et qui
collecterait simplement des signaux. Le trait commun de tout ce que nous venons de dire est la "passivation". On reçoit des stimuli mais mais on ne les crée pas vraiment, même si
on connaît les petits codes qui permettent de faire tourner virtuellement les objes. Le danger réside dans cette différence entre passif et actif. Nous sommes déjà dans un situation
où les gestionnaires de la société sont coupés des objets réels. Ils ne sont ni serruriers, ni maçons, ni artisans. L'informatique accroît le manque de perception. (...) Le problème des étudiants aujourd'hui, c'est qu'ils ne lisent pas de livres. (...) L'informatique d'acquisition de données nous fait ganger beaucoup de temps dans les labos. Les choses deviennent moins évidentes dans la création de modèles scientifiques pour rendre compte
du réel, par exemple un phénomène de climat ou une instabilité hydrodynamique bizarre..."

extrait de Charles-Xavier Durand, La nouvelle guerrre contre l'intelligence, t. 1, Les mythologies artificielles,
François-Xavier de Guibert éditeur.

jeudi 25 janvier 2007

co(q)uilles ?

Un collègue m'adresse copie du message reçu d'un étudiant.

"désoler du retard
voici mes copie
le retard est dut a un probleme technique lors du devoir
lanceAb s'etant eteint et ne voulant se ralumer lors de
la génération des document"

avec ce commentaire du collègue :
"de l'usage du bon français...KesseConRizgol ;-) :-)"

Bof, c'est un courriel ...
Et je trouve que ce n'est pas trop mal. Il y a plus de
mots correctement écrits que de mots mal écrits et l'
étudiant ne conjugue pas les noms et adjectifs,
utilise correctement le verbe être et la phrase
est bien construite.

Il reste encore de jeunes collègues (surtout
 ceux qui sont des collègues
immigrés dans notre pays) qui se désolent
de ce qu'écrivent beaucoup
d'étudiants. Confiance !

Le tampon

Le texte de Pisani me fait penser à ce que j'avais lu le siècle passé dans le Monde. Une commission de simplification administrative avait pris des décisions "basiques" comme on dit aujourd'hui. L'une appliquait le même principe de celui de Pisani (en fait, il s'agit de réfléchir à ce qu'est l'information. On s'en approche petit à petit, de message en message) :

dans les centres des impôts, des employés tamponnaient (le tampon est un instrument de la puissance administrative. Si vous allez en Russie, vous entendrez le tampon quand vous ferez la queue à l'arrivée de l'avion) toutes les déclarations de revenus (et non les déclarations d'impôts comme le répètent nos journalistes et hommes politiques) qui arrivaient au courrier. Le tampon portait la date du jour de réception.
La commission avait calculé le nombre de tampons par an. Et proposait de ne tamponner que les déclarations qui arrivaient après la date limite.

Le Monde nous apprenait que la mesure avait été reportée et la commission dissoute.

Et c'est ainsi que se contruit la grandeur d'un pays.

« état néant »

Je sors d'une présentation par un des candidats à la présidence ... de notre université. Le candidat a traité, entre autres choses, de la simplification administrative. Vous pouvez aller sur
http://faisonsleprogramme.blogspot.com lire les questions que j'ai posées aux deux candidats. Justement l'une a trait à la simplification administrative.

Je trouve le courriel avec un fichier attaché adressé par une collègue.

J'y trouve cet exemple :

" Quand j’étais directeur de cabinet du Ministre de l’Intérieur, j’avais 27-28 ans, je recevais des lettres de préfets qui, en réponse à une circulaire, envoyaient tous les mois un état. Et au bout de quelques mois, j’avais constaté que 90% des réponses en étaient à « état néant ». J’ai donc, avec l’autorisation de mon patron, envoyé une circulaire aux préfets en disant : renversons la logique. Ne m’envoyez pas d’état néant, ne m’envoyez d’état que lorsqu’il y a quelque chose, c'est-à-dire que je ne recevrai plus ces papiers. La décision a été prise, les préfets ont été contents. Mon successeur a remis en place la circulaire.

La bureaucratie est auto-générative, elle se développe naturellement sans nécessité si des groupes comme le vôtre ne se mettent pas en tête d’interroger, non pas pour que disparaissent des contraintes nécessaires, mais pour que disparaissent des contraintes non nécessaires. Et vous verrez que le boulot est énorme. "

Edgar Pisani (réunion du Cluster West)

Ancien ministre de l'agriculture, il parlait d'agriculture. Nous avons relevé encore cette phrase :

"Mais est-on sûr que les OGM ne représentent pas une menace ? Non pas une menace alimentaire comme on l’a cru au départ, mais une menace pour l’environnement. Car lorsque l’on met des OGM ici, les petites bêtes vont à côté, où il n’y a pas d’OGM. Alors faudra-t-il que tout soit OGM ? La forêt sera-t-elle OGM ? Donc, il faut penser à l’environnement, non pas parce que l’on est écologiste et non pas tout faire dépendre de l’écologie, je le disais tout à l’heure à l’un de vous. L’écologie est une dimension fondamentale de la gestion du destin de l’espèce."


Au fait, combien sur deux départements, y avait-il d'enseignants présents à la réunion dont je vous ai parlé au début (nota : le jeudi a-m, il n'y a pas d'enseignement face aux étudiants)? je n'ose l'écrire ici. Je serais peut-être considéré comme un individu portant atteinte au crédit...non de la France mais au moins de mon institution. Il y en avait au moins deux ... de plus de 60 ans !

Quand on sait que les étudiants ne se pressent pas aux urnes lors des élections universitaires...on vous l'avait dit, les enseignants sont des anciens étudiants. Ceux de 60 ans, eux, n'ont pas connu les élections quand ils étaient étudiants.

Mais il y a eu des questions au candidat et la séance s'est terminée à 19 heures. C'était fort intéressant ... si on était intéressé.

"Une dérive préoccupante"

", liée à l'immaturité du cadre conceptuel dans lequel s'effectue la modélisation aujourd'hui réside dans la commercialisation des boîtes noires. L'informatique est l'outil principal pour la construction de modèle évidemment. Or, on ne peut assumer une responsabilité que si l'on comprend ce que l'on fait. Les auteurs de logiciels de simulation ou d'outils de conception sont protégés par des copyrights, mais n'engagent pas leur responsabilité quant aux conséquences de leurs méthodes et de leurs algorithmes que pourtant ils ne révèlent pas. Nous vivons dans une véritable pollution par les boîtes noires qu'il convient de dénoncer vigoureusement (...) "

N. Bouleau Enquête sur le concept de modèle in Pascal Nouvel, Science, histoire et société, PUF, ISBN : 2 13 05619 5

"Trop de loi tue la loi"

Deux pages très bien faites (espérons que nos étudiants accepteront de les lire dans le cadre de l'enseignement d'Informatique et Organisation sociale).
Les thèmes traités :
  • la fabrique du droit
  • définitions de loi, ordonnance, décret, etc.
  • la jungle législative. On lit "Reproche est souvent fait à la loi de ne pas se limiter aux principaux (une co()uille, principes, à moins que le vocabulaire ait changé depuis mes études) généraux du droit et de vouloir trop en dire." Tiens ! une critique faite à bien des spécifications de logiciels (quand elles existent). Voir ce qui a été écrit dans ce blog sur les "machines à voter".
  • Les Autorités Administratives Indépendantes (AAI). J'apprends qu'il y en a 39. Je disais à mes étudiants que les AAI étaient rares (je ne pouvais leur en citer que trois). C'est que la CNIL fut la toute première ! Je lis dans l'article (Bruno Lasserre, rapport au Premier ministre : "Mais attention à ne pas multiplier à l'excès ces instances, notamment dans le cas où le politique ne veut plus assumer la difficulté et l'impopularité de tel ou tel type de décision". Courage, fuyons...
Des statistiques intéressantes sont fournies. On le savait : des codes de plus en plus épais. Qui peut les maîtriser ? C'est comme les livres Java, C++, etc. gros comme des pavés du quartier latin. Qui les maîtrise ? Il existe pourtant des langages dont la définition tient dans quelques pages. L'un s'appelle Occam, du nom de l'Occam du rasoir. Nous en reparlerons.

Impôts ? que disent les candidats ? Pour les interroger, prenez le "code des impôts" et demandez-leur de réserver 3 ans dans leur calendrier pour vous répondre. On n'a pas de pétrole, pas de gaz...mais des usines à gaz juridiques.

Stop pub

On apprend que les émetteurs de prospectus vont cofinancer le traitement des déchets.

Est-ce que ceux qui déposent des tas de prospectus dans les couloirs de notre établissement font cofinancer le salaire du personnel de ménage de notre établissement ?

Nous attendons la réponse.

"Moins je sais, mieux je me porte", suite

Nous apprenons que Cyclamed, le système de recyclage de médicaments, va être bientôt interdit. Le Sénat a dû voter hier.
Il est intéressant de savoir pourquoi. Quand on sait (lire l'article du Monde, page 12, du 24-01-07),
on comprend que ce système pouvait faire que les "bénéficiaires" de nos gaspillages de médicaments ne se portent pas mieux ....

éphémère, modes, vitesse...

"Dans un présent caractérisé par l'éphémère, les modes, la vitesse, le changement, l'abbé Pierre fait surgir une autre temporalité, une constance, une éternité"

Denis Bertrand, cité par H. Tincq (Le Monde du 24 janvier 07)

Jean-François Deniau

est décédé. J'aimais bien écouter et lire cet homme qui fut l'un des rédacteurs des premiers traités européens et qui eut bien d'autres activités. Allez sur son site :

http://www.jeanfrancois-deniau.org/

mercredi 24 janvier 2007

C'est assez désolant


" Je viens de voir ton blog. Au sujet du vote électronique, J. Paul Gibson a fait
un exposé le troisième jour sur ce sujet. Il est irlandais et a étudié les votes
électroniques irlandais, puis, beaucoup de systèmes de votes un peu partout.
C'est assez désolant, car il y a beaucoup d'erreurs et on ne peut rien vérifier
après coup. Même les standards ne sont pas bien définis, avec des
recommandations qui ne peuvent pas s'implémenter. "

m'écrit un participant à la conférence B 2007.


B est une "méthode" de spécification formelle
de logiciels que nous enseignons.

Voici des références de papiers de J. Paul Gibson relatifs au e-voting :

A Critical Analysis of the Council of Europe Recommendations
on E-voting Standards
, Margaret McGaley and Gibson, J. Paul,
published in the proceedings of the
2006 USENIX/ACCURATE Electronic Voting Technology Workshop
(EVT'06), Vancouver, Canada, July 31st -
August 4th 2006.

E-voting: a safety critical system,
Margaret McGaley and Gibson, J. Paul,
Technical Report: NUI Maynooth, Computing Science Department, NUIM-CS-TR2003-02,
2003.



Refinement: a constructive approach to formal software design for
a secure e-voting interface
, Dominique Cansell,
Gibson, J. Paul, and Dominique Méry.
Accepted by the 1st International Workshop on
Formal Methods for Interactive Systems
(FMIS 2006), Macau SAR China, 31st October 2006.
For publication in the ENTCS.

mardi 23 janvier 2007

Des insectes dans les urnes

Il y avait les urnes transparentes. Ridicule, voyons ! soyons in. Mettons des "boites noires", des machines à voter à la place de ces boites en plastique, ridicules, qui ne font pas propre avec toutes ces enveloppes mal entassées ! et faisons parler de notre ville, la ville électronisée, moderne, moderniste, cyberville, blabla blabla.

Il y a quelques années, j'avais donné en projet à un groupe d'étudiant, les textes officiels sur le "vote électronique" et des documents sur les machines homologuées. Il s'agissait pour les étudiants de réaliser un logiciel effectuant tout ou partie (à spécifier) de ce que font ces machines.
Ce fut pour moi l'occasion de me rendre compte que les étudiants, non habitués aux procédures du vote "manuel", passaient à côté de bien des questions essentielles.

J'avais essayé de motiver des collègues sur le sujet, sans succès. J'ai fini par détruire le dossier que j'avais constitué sur la question.

Et puis notre université a mis en place le vote électronique. Alors quelques "informaticiens" se sont posé des questions. Bien.

Dans notre département informatique, nous avons un module intitulé "informatique et organisation sociale" où nous traitons ce type de questions qui n'intéressent guère nos étudiants. Mais nous sommes quelques uns à résister !

Aux USA, ça fait plusieurs années que des associations comme l'ACM (Association of Computing Machineries) , celle qui a créé le Prix Turing (le Nobel de l'informatique), qui est une association savante dont les membres sont dans le monde entier, a pointé du doigt les risques et faiblesses des "machines à voter".

Aujourd'hui, je reçois le dernier numéro de Science & Vie où je trouve un article intitulé "Elections, Gare au vote électronique".

Très bien fait. Lisez-le, faites le lire. Et alertez vos élus municipaux. A noter que c'est le plus souvent les chercheurs et enseignants en informatique qui ont fait de telles alertes. Ils savent ce dont sont capables les informaticiens !

J'en profite pour signaler l'association CREIS (Centre de Recherche et Enseignement en Informatique et Société).

Et aussi l'excellent site de la CNIL. Allez voir ce que l' "on" sait sur votre machine.

"L'absentéisme et le faible intérêt des élèves doivent nous alerter..."

... sur l'inadaptation d'un modèle idéalisé..."

C'est le titre d'un article de François Dubet dans le Monde d'aujourd'hui. Nous y relevons cette phrase. Nous ne saurions mieux dire :

" Il est probablement plus difficile d'attendre moins de l'école mais de l'exiger de tous que de ne renoncer à rien mais de ne rien exiger."

lundi 22 janvier 2007

Book Aid International

A voir

http://www.bookaid.org/cms.cgi/site/index.htm

it would be a shame !

Je viens de recevoir ce message :

"Dear All
Does anyone know of a home for old Computing Journals?
The subects they cover include `Scientific Computing',
`Software Engineering', `Information Systems' etc. etc.

They have been left here by retiring/leaving staff - it
would be a shame to put them out with the waste paper!"

La question que j'ai posé aux candidats à la présidence...
de notre université, d'autres se la posent.

Mais que font nos universités ?

et maintenant celui-ci

"I have a similar problem and our library said that they can forward a list
to other libraries, in the way that they do if they are removing books
from stock, to see if another library would want them.

Unfortunately you may not get much of a response as most libraries seem to
be throwing away such material and going digital.

Also, someone here had an arrangement to send mainly old and complimentary
text books overseas to institutions struggling to acquire resources."

Roger


Conservatoire des Mémoires Etudiantes et Universitaires

Voulant vérifier ma mémoire, j'ai recherché via Google, de l'information sur les GTU ... et je suis tombé sur http://www.cme-u.fr

"Moins j'en sais mieux je me porte" !

Citation relevée par Seb ce matin dans un bus nantais décoré par la SEMITAN.

Etonnant, n'est-ce pas !

Qu'en pense la Conseil d'Administration de la SEMITAN et tous ceux qui répétent que notre avenir est dans l'éducation, dans la formation, l'école, blabla bla.

La concentration (suite)








Je
n'ai pas vu de telles tablettes dans les amphis visités dans diverses universités d'Europe et d'ailleurs. Et vous ?

A ce qu'on s'.... ici ! ...rde ici, ...rde ici, ...rde ici !

Vivement le wifi qu'on puisse jouer en réseau !

On n'arrête pas le progrès.

Dans les écoles payantes je n'ai pas vu de telles oeuvres d'art. Comportement fort décevant...

Le fou et le professeur

Un livre de Simon Winchester, "Une histoire de meurtre, de démences, de mots et de dictionnaire", traduction fr. publié chez JC Lattès, ISBN : 2-7096-1993-8

Henriette Walter dans son dernier livre que nous avons cité, parle du professeur Murray.
Ce livre est l'histoire de l'Oxford English Dictionary.

Un livre de "Popular science"

Lire aussi :

Le dernier théorème de Fermat, de Simon Singh, toujours chez JC Lattès.

Nostalgie


vendredi dernier, un appel téléphonique. Un ancien du lycée Darnet (Darnet, l'inventeur en France du Kaolin à St-Yrieix, invention qui allait donner naissance à la porcelaine de Limoges) m'annonce qu'il a réuni 100 anciennes et anciens (nés après guerre, 45-48) du lycée l'an dernier au Chalard. Il lui manque quelques noms sur les photos de classe.

C'est grace à l'Internet qu'il a pu réussir son exploit.

Je pense que la grande majorité des lycéens de Darnet du baby-boom sont devenus fonctionnaires. En effet, il y avait bien peu d'emplois sur place. La solution était de faire des études. Et l'une des voies la plus démocratique était le concours administratif, ou les concours de l'enseignement.

A vérifier.

On a rdv le 23 juin à Lubersac.

J'aimerais aussi comparer avec la situation actuelle des élèves du même lycée sortis bacheliers il y a 10 ans.

Hiver 1954

Ce matin, nous apprenons le décès de l'abbé Pierre. Et l'hiver 54 nous est rappelé.
J'avais alors 8 ans. Je me souviens de cet hiver :
- les canalisations d'eau de St-Yrieix étaient gelées,
- beaucoup avaient éclaté
- mon père utilisait une lampe à souder pour maintenir un robinet en état dans la cour
- les corvées d'eau

Mais comme nous n'étions pas habitué au chauffage central, à l'eau chaude au robinet, sans doute avons nous mieux résisté que si cela arrivait aujourd'hui.

C'est sans doute en 55 que tout le réseau d'eau du centre ville a dû être reconstruit. Je me souviens de rues défoncées.

Je me souviens des débuts d'Emmaüs. Le ramassage des vieux cartons, chiffons. Je pense que c'est le souvenir de cette époque qui me fait réagir devant le gaspillage colossal actuel (et pourtant, on cause, on cause écologie. Blabla...Mais une écologue nous a dit ce we que ce n'est pas avec des économies de bouts de chandelles que l'on résoudra les problèmes. C'est la "faute au système", disait-on en 68. J'aime bien le concept de système. Mais il ne faut pas qu'il serve d'alibi à l'inaction.

Une société sans papier ? Allez dans les labos d'informatique. Observez les poubelles. Vous m'avez dit "sans papier" ? blabla blabla, blablaware


Hier c'était la galette des rois d' Artisans du Monde. Agissons. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Déjà écrit ici.

dimanche 21 janvier 2007

Formathèque


Je reviens de ma permanence à Formathèque, le salon des formations qui se déroule en janvier tous les deux ans à la Beaujoire à Nantes.

Je suis frappé par le fait que, depuis plusieurs années, les lycéens qui viennent sur le stand de l'IUT sont accompagnés par leurs parents. Ce sont les parents qui nous posent des questions. C'est à peu près la même chose aux journées Portes ouvertes de notre établissement. Dans l'ancien temps, si nos parents nous avaient seulement accompagnés, cela aurait été sans doute une cause de crise familiale ! Etonnant quand on répète qu'il faut apprendre l'autonomie, blabla blabla...
Ceci dit, on comprend que les parents s'inquiètent pour l'avenir de leurs enfants. J'invite les parents alors à venir voir le comportement de leurs enfants une fois qu'ils sont recrutés dans nos établissements. Je suis pour les portes des amphis, des salles de TD ouvertes ...

Nous avons été questionnés sur formation et emploi.

J'étais lycéen à une époque où il n'y avait pas de formathèques, de plaquettes en papier glacé. Il y avait le BUS (Bureau Universitaire de Statistiques). Le prof d'histoire nous proposait des documents sur différents métiers, réalisés par cet organisme officiel. Mais je n'ai jamais entendu parler de "classes préparatoires", "grandes écoles" au lycée. Comment ça s'est passé pour moi (et ce fut de même pour mes camarades d'une petite ville du limousin) :

- Je voulais faire un métier qui se passe à l'intérieur et à l'extérieur. J'avais repéré une documentation sur Géomètre expert (formation à Livet à Nantes. Ce fut la première fois que j'entendais "parler" de ce lycée)...
- J'aimais beaucoup les sciences nat (il faut aussi aller à l'extérieur chercher de quoi monter des TD). Ce doit être une des rares matières où j'ai obtenu prix ou accessit à la distribution des prix annuelle. En terminale, j'ai appris qu'il fallait pour cela faire SPCN (Sciences Physique Chimie Naturelles) en fac des sciences .
- Deuxième bac en poche (en première, j'ai eu un bac C, latin-maths, en terminale, le deuxième bac fut le bac philo), je suis parti à vélo camper en Auvergne où j'ai rencontré une prof de sciences nat qui m'a dit qu'il y avait très peu de postes au CAPES, peu d'emploi dans l'industrie (la recherche pétrolière avait perdu son importance (étonnant quand on connait la suite), etc.).
- Je m'étais inscrit au CNED pour me mettre au niveau de la terminale "Maths élémentaires" pendant les vacances afin de faire SPCN. La même formation servait aussi pour Sciences Economiques.
- J'avais bien aimé le cours d'histoire sur la crise de 29, alors j'ai opté pour Sciences Eco.
- J'ai fait ma première année à Limoges (Ecole de droit rattachée à la fac de Poitiers). A l'époque,
Sc. éco n'était pas indépendant de la fac de droit. J'ai donc eu des cours de droit civil, droit constitutionnel. Nous ne connaissions pas les profs de Poitiers. Nous entendions des rumeurs sur ces profs que nous allions rencontrer pour les oraux. Par exemple, nous savions qu'il fallait avoir une cravate de telle ou telle couleur pour passer devant tel prof. Peut-être un canular, nous ne le savions pas.
- J'ai décidé alors de faire la deuxième année à Poitiers. De toutes façons, en troisième année, il fallait aller à Poitiers.
- J'ai alors profité de la Cité U. J'en ai apprécié le confort, le fait que l'on travaillait en commun dans les salles de travail qui avaient été réclamées par l'UNEF. Je crois me souvenir qu'elle avait obtenu la création de GTU (Groupes de Travail Universitaire, un deuxième année aidant les premières années au sein de ces groupes fonctionnant dans les cités U). Je me souviens des mois de mai où ça bossait dur. Les carabins étaient les premiers à l'ouvrage le dimanche matin. Parfois vers 5 ou 6 heures du mat, un poussait un grand cri de défoulement. Quand on voulait se défouler, il y avait aussi les tables de ping-pong. Plusieurs citadins restaient le dimanche car nous venions de loin, peu d'argent et aussi parce que plusieurs avaient souvent de meilleures conditions de travail en Cité U qu'à la maison. J'ai créé l'Association des résidents de la CU. J'ai obtenu sans difficultés que la CU soit abonnée au Canard Enchaîné, au Monde, au journal local. Je n'ai pas été peu fier quand j'ai pu faire venir l'expo des dessins du Canard à la Cité U. Ce fut l'occasion de bonnes rencontres.

A la Cité U, je me suis fait des amis. On se retrouve toujours. L'un est prof des universités en économie, l'autre est économiste travaillant dans les pays en développement, l'autre est docteur en physique et médecin, prof , l'autre est à la RATP, etc. Nous étions copains aussi avec notre femme de ménage qui nous a invités à déjeuner un dimanche chez elle. (A noter que dans les années 70, l'ambiance avait changé. Des étudiants se prenaient pour des riches dans un hôtel de luxe. Les femmes de ménage regrettaient l'ancienne ambiance).
Au RU, il fallait compléter les tables. On était servis à table. Les filles ne devaient pas aller chercher l'eau (sinon, tout le monde tapait sur le pôt à eau de la table). Résultat : on rencontrait des étudiants de toute formation et la mixité était assurée ou presque.

- Considérant que la formation que j'avais reçue pouvait me servir pour être Ministre de l'économie ou encore passer des concours (Impôts, Douane, etc.) , je ne me voyais pas dans une entreprise. Alors je me suis inscrit à l'IAE une fois la licence sc éco obtenue (elle se faisait en 4 ans) et en même temps en DES (j'allais écrire, notre DEA actuel. Mais les DEA sont maintenant des masters recherche... lesquels doivent devenir des Master tout court. On n'est pas à court de noms de nos jours !).
- Comme dans ma ville il y avait des discussions sur la ligne de chemin de fer (à supprimer, à maintenir ?), que j'avais fait un stage "connaissances de la Suède " (j'avais posé ma candidature suite à un article du Monde) au cours duquel je m'étais interessé au "socialisme suédois" (qui posait la question du secteur public et du secteur privé). C'était quand Pompidou disait qu'il voulait pour la France, ce que faisait la Suède mais avec le soleil en plus, j'ai choisi le sujet "Déficit et options tarifaires dans le chemin de fer".

Aucun prof ne proposait de sujet. L'encadrement était totalement inexistant.

Un prof en cours nous avait dit : je ne sais pas si mon cours vous sera utile, mais je suis sûr que si vous apprenez à taper à la machine, cela vous servira.

J'ai acheté sur ma bourse une machine à écrire et ai trouvé un petit document qui donnait des gammes à faire pour apprendre à taper avec tous ses doigts. Il fallait taper sur des stencils. On corrigeait les erreurs avec du vernis à ongle. Il n'y avait pas Word ou Latex ! Je me suis acheté un Petit Larousse d'occasion. J'avais les outils de base pour rédiger un mémoire de DES.

Pour la théorie, j'ai écrit à quelqu'un qui obtint le prix Nobel en 1988, Maurice Allais. Je n'en avais jamais entendu parler pendant les 4 ans de licence. Il m'adressa copie de ses écrits.
Un article de Marcel Boiteux (alors président de la société internationale d'économétrie, directeur ou Pdt d'EDF) était cité, repris dans plusieurs thèses. Il comportait quelques lignes de mathématiques très très élémentaires. Mais c'était très très erroné ! Pourtant c'était passé devant plusieurs jurys ! ALors j'ai écrit à Marcel Boiteux. Il m'a répondu : vous êtes le premier à m'avoir écrit sur ce papier. L'original est paru dans La rouge et la noire (j'ai appris que c'était la revue des Polytechniciens) sans co(u)quilles. Il a été republié dans la Revue de sciences économiques (je cite peut-être mal le titre de cette revue) avec des co(u)quilles. "

- Les stages au sein de la scolarité n'existaient pas en fac. J'ai, toujours en lisant Le Monde, trouvé un stage à la direction de GDF à Paris, où j'ai travaillé sur la tarification (toujours la tarification dans le secteur public, question qui se pose toujours : à quel prix l'IUT doit facturer ses prestations, à un autre établissement du secteur public, à une entreprise privée, etc. Là j'ai appris à utiliser un crayon et une gomme. J'ai vécu une augmentation tarifaire (ça se fait souvent pendant les vacances !) et les discussions pour le gaz de la mer du nord.

- Moniteur à l'IAE, j'ai pu avoir une information de première main. Les IUT recherchaient des enseignants de ce qu'on appelait alors l'Analyse (on formait des analystes-programmeurs), matière qui ne s'enseignait pas à l'université. Une formation avait lieu à Toulouse (pour des titulaires d'un DES d'informatique. Il y en avait très peu en France à l'époque), une autre à Montpellier (pour les titulaires d'un DES de maths ou d'économie). Nous avions le statut d'assistant des universités. C'était un cas sans doute unique : des élèves maîtres dans l'université. Nous faisions cours aux "Années spéciales" (appelé ensuite APPC). A Montpellier, les Années Spéciales étaient souvent des "pharmaciens"...). "Economiste" je n'avais pas les cours d'économie, gestion, compta. Je n'avais pas d'anglais, pas de techniques de communications. Mais je (et je n'étais pas le seul) n'avait jamais autant travaillé. Les soirs, nous nous réunissions pour rédiger en polycopié les cours de la journée. Je dit cela aux étudiants de l'IUT. En IUT, il y a beaucoup de travail, et aujourd'hui les programmes sont beaucoup plus chargés qu'il y a 30 ans. Or leur comportement...

- Avant d'aller à Montpellier, j'ai obtenu un stage Armée Jeunesse que j'ai fait au Centre d'Essais des Landes (CEL) à Biscarosse. On logeait au bord du lac dans d'anciens locaux de Latécoère. J'étais en stage au service Informatique de gestion. Un autre étudiant était au service Informatique scientifique. J'avais été frappé d'apprendre que des programmeurs écrivaient du Fortran (j'avais découvert le Fortran quand mon copain en thèse de physique m'avait invité à suivre un cours destiné aux thésards de son labo) sans comprendre les formules écrites par des polytechniciens (c'est ce que m'a dit l'autre étudiant). Depuis j'ai compris ce que cela voulait dire. Mon sujet de stage : un député avait dans une question orale à l'Assemblée, demandé le coût des essais du Missile Pluton. On m'a demandé de calculer ce coût. J'étais en plein dans le problème de la facturation privé/ public, et public/public. C'est là que j'ai découvert les conséquences d'une mauvaise abstraction. On ne m'avait jamais fait prendre conscience de cela. Pendant toute ma carrière j'ai souvent pris l'exemple vécu au CEL. Les données qui sortaient de l'ordinateur étaient inutilisables pour calculer les coûts. J'ai recherché la cause qui venait d'une mauvaise abstraction. J'étais tout prêt à écouter les cours que j'allais suivre à Montpellier.

- A Pâques, tout le monde voulait rester dans le Midi. J'ai dit : je ne veux pas dépasser la Loire ... et je me suis retrouvé à l'IUT de Nantes. Amusant, si je trace une droite reliant ma ville de naissance et mon lycée à Montpellier et si je la prolonge au nord, elle passe par Nantes. La carrière, c'est mathématique !
A noter aussi que les salaires d'un assistant étaient à l'époque plutôt bas. Aussi personne ne voulait aller à Paris par exemple.

- J'ai fait mon stage à l'Agence ICL de Nantes (ICL était l'entreprise anglaise fabriquant des ordinateurs. L'ordinateur de la Caisse d'Epargne, l'ordinateur de la Mairie de Nantes étaient des ICL). Mon encadrant était l'ingénieur qui faisait un cours à l'IUT sur "la méthode CANTOR" (Cantor - la théorie naïve des ensembles - allait me suivre avec la méthode de spécification formelle Z, puis B de J.R. Abrial). Pendant mon stage j'ai suivi son cours de Cantor à la Caisse d'Epargne de Rennes et ai suivi ses analyses dans des entreprises. A Rennes, la C.E. était proche de l'Agence Bull. Je suis allé leur demander s'ils avaient des cours d'analyse et de programmation. Ils m'ont parlé de LCP et de Warnier.
J'ai ensuite enseigné Cantor à l'IUT. Cantor allait de l'étude de l'existant à la programmation.

- Je me souviens de mon premier td de programmation (c'était en Cobol). Je fus alors plus rapide dans la lecture de la doc Cobol que les étudiants, mais au bout d'une semaine... Je n'avais pas grand chose à leur apporter.
J'ai alors pris contact avec J.D. Warnier de Bull. Warnier avait écrit un livre où il utilisait la théorie des ensembles et un peu de logique pour construire des algorithmes. L'équipe éducation de Bull avait l'esprit mai 68. Ils sont venus nous former pendant des vacances à l'IUT alors que nous étions équipés d'un ordinateur IBM partagé avec l'ENSM (qui est devenue l'ECN).
Nous avons pu alors enseigner vraiment la programmation. On a enseigné LCP jusqu'à tout récemment. J'ai suivi les travaux de Warnier dont LCS (Lois de Construction de Systèmes) qui était en avance sur les publications à venir sur le Modèle relationnel n-aire de Codd.

- Je devais enseigner l'organisation (j'avais eu un cours d'OST à l'IAE). J'avais appris que pour créer la R.O (recherche opérationnelle), on avait réuni des mathématiciens et aussi des physiologues habitués à raisonner sur des systèmes. Je me suis inscrit en psycho où j'ai suivi (fac des sciences) des cours de psycho-physiologie (et des TD fort intéressants), de psycho-pharmacologie. Je me suis retrouvé licencié en psycho.

- Je n'avais pas eu de cours sur les langages (le cours de Cobol avait consisté à apprendre une ou deux instructions à chaque séance !). Je me suis inscrit au certificat de linguistique générale à la fac de Lettres.

- Je n'avais pas eu de cours de logique, alors j'ai suivi les cours de la licence de logique de Nantes (il y en avait très peu en France). J'ai particulièrement apprécié le livre du professeur J.L Gardies (Esquisse d'une grammaire pure, Vrin), pour moi un chef d'oeuvre.

- Les cours d'analyse informatique s'appelaient aussi "Méthodologie". Or ce sont les philosophes qui font de la méthodologie. J'ai suivi le cerficat d'histoire des sciences et d'épistémologie qui comprenait un cours sur Histoire des algorithmes et des algèbres.

- Comme je venais de Sciences éco, je ne pouvais être assistant titulaire. Les matheux eux le pouvaient. Alors j'ai passé un Capet sans trop en connaître le programme. Je me suis retrouvé alors sur statut du secondaire.

- Puis ...

Ce que j'ai appris c'est qu'il y a du fondamental et du non fondamental. Le fondamental c'est ce qui souvent est le plus réutilisable. Et je me suis spécialisé petit à petit (on devient feignant en vieillissant) dans ce que l'ordinateur ne pourrait jamais faire à ma place : spécifier un problème.

J'ai appris aussi l'autonomie, faute d'encadrement. Je regrette bien sûr de ne pas avoir eu des cours comme peuvent en avoir mes étudiants. J'ai perdu beaucoup de temps à chercher des sources de formation. Mais j'ai vécu aussi une époque où il y avait très très peu de livres. J'ai participé à la création de matières d'enseignement. J'ai écrit des livres. J'ai créé des conférences à Nantes dans un domaine où il y en avait très peu. J'ai choisi les conférenciers, je me suis ainsi formé. J'ai mis la famille à contribution pour coller des enveloppes, préparer les salles des conférences. J'ai rencontré des gens formidables qui m'ont communiqué leurs écrits avant même qu'ils soient publiés. Je me suis fait des amis.

Finalement, j'ai pu me passer de formathèque.

Quant à orienter les étudiants ... Ce que je peux dire à un bachelier : ne va pas dans une formation si tu n'as pas envie d'étudier dans cette formation. Ne pas "prolonger ses études" si on n'aime pas écouter un formateur. Il faut apprendre les bases, poser des questions aux profs quand on ne comprend pas (ce qui suppose de formaliser la question. Il ne suffit pas de dire "je ne comprends pas"). Il faut profiter des écrits, être un lecteur attentif, exigeant.

Ce texte n'est pas bien rédigé. Mais peut répondre à des questions qui nous ont été posées ce matin à Formathèque.

Et nous sommes dimanche, il ya autre chose que le clavier dans la vie !

Concentration

Enfin, on commence à en parler !
Dans le Monde d'il y a quelques semaines, un article sur la syntaxe et l'orthographe des étudiants. Le Monde intitule son article (je cite de mémoire) : L'enseignement de l'orthographe refait son entrée à l'université. Je ne l'avais vue enseignée jusqu'à présent que dans le primaire et le secondaire...

Les informaticiens se moqueraient-ils de la syntaxe et du vocabulaire ? Etonnant n'est-ce pas ? Eux qui ont pour Saint patron, Saint Taxerror.
Le pape a conseillé Isidore de Séville ("le docteur le plus savant de la fin des siècles"). Mais il a été mal conseillé.

Le Monde de l'éducation, titre son numéro de janvier 07 :

"Contre la baisse de l'attention". Je n'ai pas vu de banderole dans la manif des enseignants qui a eu hier à Paris avec ce slogan. J'ai dû la rater !

Et cette pensée forte, sans doute résultat d'études scientifiques approfondies :

" Sans concentration, pas de salut au royaume de l'acquisition des savoirs. Un défi difficile à relever pour les enseignants dans la société actuelle. "


Pierre Dac vous l'avait bien dit.

C'est bien vrai tout ça ! est-ce un manque de moyens matériels. Faut-il plus de vidéo projecteurs, des ordinateurs, une sono dans tous les amphis et labos, etc. ?

Relire Jacquart. On se répète.

P.S.
Au Katorza passe un film sur un monastère. Sur la concentration...

Discours

" Un discours doit être comme une minijupe, suffisamment long pour couvrir le sujet, mais suffisamment court pour retenir l'attention. "

Jacques Gandouin

Nous reparlerons de J. Gandouin, et de son Livre Correspondance et rédaction administratives, Armand Colin

samedi 20 janvier 2007

Les ignorantins

Le Monde de vendredi 19 janvier nous apprend que le ministre de la recherche, François Goulard a déclaré que le rapport sur la valorisation de la recherche était un "prétendu rapport, dont les assertions [à savoir que] la recherche publique avait assez de moyens et que ce qui péchait c'était l'efficacité, ne peuvent être portés que par des "ignorantins" ". Après la bravitude, voici les ignorantins. Et qui sont les ignorantins, l'ignorez-vous ?

Le Monde nous précise que "Le rapport avait été rédigé par l'Inspection des finances et par celle de l'administration de l'éduction et de la recherche, à la demande du gouvernement."

L'Inspection des finances, ne serait-elle plus ce qu'elle a été ?
Rappelons que parmi les inspecteurs des finances célèbres, on compte notamment (voir Wikipedia) :

Des nèfles !

fait référence à quelque chose de peu de valeur. Or, j'ai ramené d'Algérie, il y a quelques années, des nèfles qui ne ressemblaient pas aux nèfles que nous mangeons (très très rarement, diminution de la biodiversité !) en France après les gelées. Il y avait un néflier sur la route conduisant au cimetière d'Excideuil. A Toussaint, parfois, on pouvait chiper une nèfle dans l'arbre.

En fait, merci wikipedia, la nèfle d'Algérie est de l'espèce nèfle du Japon et n'a rien à voir avec notre nèfle.

On ne doit pas dire "des nèfles ! " en Algérie !

Ne perdons pas le sens, gardons tous nos sens, ne nous suffisons pas de simples chaînes de caractères.

Le réel est ce qui reste quand on a éteint l'ordinateur. Allons vers le réel. La café est prêt.

La forme d’une ville



« Le prestige de l’opéra, que rien n’a pu entamer en moi au long de ma vie, s’est nourri dès le début pour une large part de l’aura dont il nimbait ainsi tout un quartier. (…) Et, dans la lumière inchangée de ces années de Nantes, si j’ai par la suite accordé beaucoup à la littérature, je n’ai jamais pu lui concéder la puissance d’effraction incomparable, le pouvoir de cerner et d’investir totalement une sensibilité, qui sont ceux de l’opéra dans ses moments vraiment magiques. »

« Il est curieux que le passage Pommeraye, qui reste la singularité la plus marquante du quartier, et qui donne si spontanément à rêver (en commençant par André Pieyre de Mandiargues) à ses visiteurs non prévenus, n’ait pas tenu davantage de place dans l’équilibre du paysage imaginaire, à demi-rêvé, à demi-habité, qui naissait pour moi de la prospection décousue de la ville. La séduction liée, dans une cité, aux « passages », a des affinités érotiques qui sont de structure, et évidentes (…) Pourtant.. ! il n’est pas d’image de la ville qui s’imprime dans la mémoire avec une netteté aussi photographique, aussi tranchante. »

« Toute promenade vers le sud de Nantes est doublement une marche vers le soleil. Il n’y a aucune ressemblance entre les froids bocages, la verdure csombre, les toits d’ardoise, les villages sans vie, la ruralité pesante et massive des campagnes qui murent la ville du côté du nord, et les coteaux à vignes du pays Nantais que le beau nom rabelaisien du village de la Haie-Fouassière semble baptiser (…) les beaux ombrages de la Sèvre, l’élégance toscane de Clisson. »

« L’Erdre, avalée aujourd’hui à l’extrêmité nord du cours St-André par la voûte d’un tunnel, et rendue à l’air libre au long de l’usine Lefèvre-Utile par le canal St-Félix – qui fait penser davantage au débouché discret d’un grand collecteur qu’à un cours d’eau – s’est absentée aujourd’hui du centre de Nantes »

« Dès le Port-Communeau, l’encombrement chinois de la rivière par tous les calibres de la menue batellerie fait contraste avec la Loire déserte. »

« Je n’ai visité la cathédrale, pour y voir le tombeau de François II, qu’à vingt-cinq ans, et le château de Nantes, admiré de Henri IV (je ne sais si je dois rougir d’une telle indifférence aux trois étoiles du bâtiment) jamais. »

« En fin de compte, le manque de solidité dans son assise locale a, selon mon jugement, beaucoup servi Nantes. Quand il s’agit de la lier à une mouvance territoriale, la ville semble fuir entre les doigts. Ni réellement bretonne, (…), ni vraiment vendéenne, elle n’est même pas ligérienne, malgré la création artificielle de la région des « Pays de la Loire », parce qu’elle obture, plutôt qu’elle ne le vitalise, un fleuve inanimé. »

Julien Gracq, La forme d’une ville, José Corti, 1985, ISBN : 2-7143-032-1

Ces écrits valent bien des photos. Non ? Relisez Jacquart.
 
Site Meter